L'Appelou Albert Boissier, dans ses Carnets d'un folkloriste, a évoqué des "chasseurs de nuées" du Pilat, capables de déclencher des orages ou de repousser la grêle. Plus modestement, Dimitri Rosel, 31 ans, est un "chasseur d'orages". L'expression, un peu galvaudée aujourd'hui, estime-t-il, désigne des mordus de phénomènes atmosphériques, qui immortalisent sur la pellicule les caprices du ciel. " Depuis l'enfance, j'ai toujours éprouvé un grand intérêt pour ce qui se passe dans le ciel, l'évolution des nuages, les éclairs... C'est une passion que j'ai longtemps refoulée. " Dimitri Rosel a franchi le pas en 2000 après avoir vu une émission télévisée consacrée à  ses semblables. Son singulier coup de foudre n'était donc pas un cas unique. Il a pris conseil auprès d'Alex Hermant notamment, un des premiers "chasseur d'orages", auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet. "Le vrai chasseur d'orages recherche le phénomène violent et tente de se positionner au coeur de l'évènement", nous dit le Roannais. Et c'est sur la toile que la traque débute, avec la lecture des cartes météo et modèles numériques qu'il faut interpréter. Il part ensuite sur le terrain, vers les zones géographiques où auront lieu les phénomènes potentiellement à  risques, connecté via son portable et gardant le ciel à  l'oeil. Son instinct ne le mène pas toujours très loin, à  quelques dizaines de km parfois, comme en mai et juin 2009 quand des grêlons de la taille d'une balle de tennis et une tornade frappèrent le nord roannais.

" On privilégie les orages les plus électriques. Ce sont les plus "esthétiques" d'un point de vue photographique. Mais les orages ne donnent pas toujours beaucoup de foudre. Dans la Loire par exemple, les orages sont souvent grêligènes ce qui a pour effet de diminuer la quantité de foudroiement au sol. A l'arrivée, seulement 3 ou 4 orages sur 10 sont photogéniques. C'est pourquoi je me déplace beaucoup, en France, en Suisse, en Italie... Je fais beaucoup de sorties chaque année, pour pas grand chose souvent. C'est très difficile d'être au bon endroit au meilleur moment. C'est l'orage qui me guide et je m'adapte. Mais la foudre décide seule de son chemin."

La photo magique, depuis son break - cage de Faraday, ce serait, dit-il, de "shooter" le point d'impact de la foudre. Ce qui suppose d'être très proche. " En 2004, j'ai photographié un impact sur un chêne, j'étais à  un km. Un autre grand souvenir, c'était en 2008, pendant un orage très violent. Un coup de foudre au dessus d'un pylone à  la rencontre entre traceurs descendants et ascendants." Le photographe - il collabore avec l'agence biosphoto - prépare aussi actuellement un dvd de ses plus beaux orages. Et espère retourner aux Etats-Unis au printemps, dans la célèbre Tornado Alley...

Multiple foudroiement en soirée sur les Monts de la Madeleine le 03 juillet 2001.
Utilisation d'un trépied, pose longue (environ 2 minutes) ouverture F 8.



Multiple foudroiement sur les Monts du Lyonnais le 28 juillet 2008.
Utilisation d'un trépied, pose longue (environ 1 minute) ouverture F 5.



Embrasement du ciel en fin d'orage près de Sancerre (18) le 25 Mai 2009.
Au cours de cet orage des grêlons gros comme des boules de pétanque ont occasionné de nombreux dégâts.
Utilisation d'un trépied, temps de pose 15 secondes, ouverture F 5,6.



Eclairs internuageux dans un orage localisé sur le Val d'Allier le 22 juillet 2009.
Utilisation d'un trépied, pose de 15 secondes, ouverture F 5,6.



Orage mémorable du 24 Août 2009 en soirée sur les Monts du Forez. Cet orage a causé de nombreux dégâts lié aux fortes précipitations stationnaires sur la commune de Chalmazel qui a été classé il y a peu en état de catastrophe naturelle. Météo France a parlé “d'orage du siècle“.
Utilisation d'un trépied, pose de 6 secondes, ouverture F 5,6.

Feu d'artifice Roannais sur fond de coups de foudre extranuageux le 14 juillet 2009.
Les fortes précipitations orageuses de la journée ont engendré une forte humidité générant de nombreux nuages bas masquant les points d'impacts de foudre ainsi qu'une partie du feu d'artifice.
Utilisation d'un trépied, pose de 30 secondes, ouverture F 8.


Dernier coup de foudre d'un orage modéré le soir du 10 juin 2007 sur les Monts de la Madeleine.
Utilisation d'un trépied, pose de 13 secondes, ouverture F 6,3.



Double coup de foudre frappant des arbres le 21 août 2009 près de Vichy (03).
Utilisation d'un trépied, pose de 20 secondes, ouverture F 5,6.



Coup de foudre bifide avec impact sur un transformateur électrique générant deux court-circuit sur une ligne électrique (un au point d'impact et l'autre plus à  gauche) la nuit du 05 juillet 2006 près de Vendranges (42).
Utilisation d'un trépied, temps de pose d'environ 2 minutes, ouverture F 8.




Multiple foudroiement près de St Polgues (42) dans un orage très électrique la nuit du 27 juillet 2006 marquant la fin d'une période caniculaire.
Utilisation d'un trépied, pose longue (environ 7 minutes), ouverture F 11.


Cumulonimbus se déstructurant sur les Monts du Forez au couché du soleil le 6 septembre 2006.
Utilisation d'un trépied, pose de 0,3 seconde, ouverture F 4.



Coups de foudre de fin d'orage sur le Bassin Roannais la nuit du 27 juillet 2006.
Utilisation d'un trépied, pose d'environ 4 minutes, ouverture F 5,6.

Photos sous copyright
Contact/Dimitri Rosel
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