9 mars 2006, une journée pluvieuse qui fera date dans l'histoire de Noirétable, au même titre que celle qui, en 1930, vit la petite ville acquérir son statut de station climatique. En effet, le vieux bourg campagnard, niché dans les Monts du Forez, inaugure officiellement son Casino.

C'était un pari fou : ouvrir à  Noirétable le troisième établissement de jeux du département ! En somme la Côte d'Azur chez les Paysans... "Pari tenu, pari gagné !" dit le député Jean-François Chossy. Quant à  ajouter avec lui "pari heureux", il est sans doute trop tôt pour présager catégoriquement sur le long terme du succès de l'établissement et des retombées économiques pour la commune et le canton.

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"Un établissement moderne, spacieux et fonctionnel s'intégrant parfaitement dans le paysage nétrablais" a dit de lui M. Bourdelle; "pour que vive le Forez et ses forêts noires !" (M. Chossy)
 
Le casino de Saint-Galmier, lui, peut tabler sur la proximité de Saint-Etienne et sur les proches voisins lyonnais ; celui de Montrond est au coeur de la plaine, donc du département, en outre le restaurant La Poularde à  deux pas est un atout supplémentaire. A première vue, le choix de Noirétable est certes moins évident et M. Tamain, le maire, a redit en effet le caractère atypique de ce projet : "parce qu'à  Noirétable, c'est vrai, nous sommes des péquenauds."
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Henri Caradet, directeur de l'établissement forézien; Alain Cadi, actionnaire du casino; M. Tamain, maire de Noirétable; M. Olivier Raineau, PDG du casino
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Le bourg, à  la frontière du Forez et de l'Auvergne, est enclavé dans ses forêts noires et n'a pas en lui-même l'attrait touristique des deux villes d'eaux. Cependant, comme l'a rappelé Mr Bied Charenton, président de la communauté de communes, le site a aussi des atouts : les pistes de ski de Chalmazel sont toutes proches, le col de la Loge s'est dévelloppé ces dernières années et la région possède un patrimoine et un environnement naturel remarquables. Noirétable, en sa qualité de station climatique, pouvait donc prétendre à  juste titre à  posséder sur son sol un établissement de jeux.
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Alain Cadi, créateur du casino de Cavalaire (Var, 1994) déclare par ailleurs à  propos du petit frère forézien qu'il ne vise pas une clientèle en particulier mais toutes les clientèles (les « gens de la nuit » comme les retraités) et qu'il entend attirer vers Noirétable les populations de la Loire, du Puy-de-Dôme, jusqu'à  celles du Rhône. Noirétable est proche de Roanne et de Montbrison, Saint-Etienne, Clermont-Ferrand et Thiers. Ce sont des villes qui peuvent représenter en effet un potentiel intéressant de clientèle. Enfin, c'est à  voir ; en tout cas,  le maire, lucide encore, reconnaît qu' il faudra travailler à  offrir une meilleure offre hôtelière.
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Inauguration par le PDG Olivier Raineau, Mme Martinez-Pommier (sous-préfet de Montbrison) et M. Chossy, député, ex-maire de Saint-Just-St-Rambert. Représentant Pascal Clément, M. Bourdelle s'est déclaré sensible à  la lutte contre l'addiction au jeu et confiant dans le sens des responsabilités et le professionnalisme du personnel du casino. Il s'est prononcé aussi avec force pour la sensibilisation du public. Monsieur Bied Charenton (pdt de la Communauté de communes) : "La responsabilité du casino est de développer l'image de Noirétable et de notre région". Le maire, particulièrement ému, a remercié chaleureusement tous les habitants pour leur engagement envers le projet. Cette réussite n'est pas seulement celle d'hommes efficaces, c'est aussi celle de tout un territoire.
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« L'équipe Raineau » (Olivier Raineau est le PDG des Casinos de Noirétable et de Cavalaire) mise aussi sur la cuisine pour faire le succès de l'établissement. Pour cela, il s'est offert les services de Christian Têtedoie. L'élève lyonnais de Bocuse et de Ducloux, Meilleur Ouvrier de France depuis 1997 entend démarrer avec une cuisine très performante axée sur les produits régionaux. L'objectif est d'être référencé au Guide Michelin. Il est secondé par Frédéric Seine, un « sudiste » déjà  bien acclimaté aux rudes saisons montagnardes qui sait pouvoir compter à  son tour sur "une brigade de cuisine étoffée et un magnifique instrument de travail."
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Christian Têtedoie et Frédéric Seine
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Mais revenons un instant sur l'historique de la création du casino. Suite à  l'appel d'offre de la municipalité, c'est le casino de Cavalaire qui obtint le cahier des charges en novembre 2000, au détriment de concurrents prestigieux, Partouche, Accor etc. Pourquoi Raineau ? "Une question de feeling" répond le maire, tout simplement. A trois reprises, entre 2001 et 2003, la commission des jeux refusa le dossier nétrablais. Mais c'est bien connu le péquenaud est têtu et la quatrième tentative fut la bonne. Le dossier, soutenu par Pascal Clément et le député Jean-François Chossy, fut finalement accepté le 6 février 2004 avec la bénédiction du ministre de l'intérieur. Les travaux débutèrent en septembre 2004. Ils furent confiés à  l'architecte stéphanois Julien Rivat qui avait édifié les bâtiments SNF Floerger, dans la zone industrielle de la plaine. 25 entreprises et 70 ouvriers du bâtiment participèrent à  la construction. Quatorze mois plus tard, les travaux s'achevaient et Noirétable possède désormais un luxueux édifice de 5 500 mètres-carrés soit 7000 mètres cubes de béton.

Huit millions d'euros HT furent investis dans cette aventure. Sur trois ans, le casino prévoie un chiffre d'affaire de 14 millions d'euros. Et ce sont les fameuses machines à  sou qui doivent assurer le gros du rendement. A Saint-Galmier par exemple, 98% du chiffre d'affaire du casino provient des machines à  sou. Le casino nétrablais a demandé au Ministère de l'intérieur l'autorisation d'en exploiter 125. Reste à  savoir combien lui seront accordées, fin 2006, conformément à  la législation qui prévoit un an d'activité sans machines avant exploitation.
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Sur la cinquantaine d'emplois créés, 30 personnes engagées sont originaires de la Loire. D'autres créations d'emplois sont prévues à  l'arrivée des machines à  sous.
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Petite visite en images:
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La coupole de verre qui coiffe le bâtiment fait douze mètres de diamètre. 200 mètres-carrés de surface vitrée environ et un poids de 3,7 tonnes pour la structure de l'ensemble. " La coupole ", c'est aussi une salle de restauration gastronomique au rez-de-chaussé, dans un cadre confiné et raffiné. Ouverture prévue à  la mi-mars.
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La future salle des machines à  sous, au rez-de-chaussée toujours, accueille actuellement La boule et les jeux traditionnels, soit: deux tables de boule 2000 (notre photo), deux tables de roulettes anglaises, une table de stud Poker et une table de black jack.
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Jeu de boule et roulettes anglaises
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Le rez-de-chaussée comporte aussi un piano bar destiné à  accueillir deux fois/mois une animation avec chanteur, une salle de gala d'une capacité 400 personnes, destinée à  des soirées à  thème, spectacle ou thé dansant... Egalement un bar-brasserie. Le casino souhaite dépasser sa vocation initiale en organisant en son sein des manifestations diverses: expos, séminaires, défilés de mode...
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A l'étage, une salle des cocktails et une salle de séminaire.
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PS: C
ourant 2006, au terme de l'année probatoire prévue par la législation, l'établissement forézien s'est vu attribuer 60 machines qui permettront à  l'établissement d'assurer l'essentiel de ses gains. L'installation des machines, au rez-de-chaussée et non à  l'étage, est prévue pour le 1er septembre 2006.