Tuesday, July 14, 2020

Le 29 août 1862, Montbrison était en fête. Elle recevait la visite de son Excellence le Comte de Persigny, venu installer la célèbre société historique et archéologique du Forez: la Diana.

Né à  Saint-Germain-Lespinasse en 1808, Jean-Gilbert Victor Fialin, élevé au titre de duc en 1863, était par ailleurs président du Conseil général. " (...) ce qui l'inspirait si heureusement dans la création de la Diana, c'était sa haute intelligence, ses aspirations élevées, et surtout son amour pour notre petite Patrie", déclarait en 1912 M. Chassain de La Plasse, le président de la société. Celle-ci fêtait alors son cinquantenaire et un hommage appuyé était rendu à  l'oeuvre de Persigny.

Le souvenir du fondateur est omniprésent dans les locaux de la Diana. Son grand portrait domine les chercheurs dans la salle de lecture. Dans la salle d'administration, il est à  la "une" d'un numéro du Globe Illustré, sous verre, près d'un drapeau tricolore qui lui avait été offert, marqué de l'aigle impérial et constellé d'abeilles d'or.  Sur le programme des manifestations prévue en cette année des 150 ans, une illustration le montre bras croisés devant le projet de restauration de la façade de la Diana.

Rappelons que la société, qui compta dans ses rangs, pour ne citer que quelques grandes figures locales, Félix Thiollier, Mario Meunier, Antoine Vachez, Joseph Déchelette et Marguerite Gonon, porte le même nom que celui d'un curieux monument. C'est une salle héraldique, qu'elle occupe depuis ses origines, et que le ministre de l'Intérieur de Napoléon III releva.

Au chevet de la collégiale, elle aurait été aménagée vers l'an 1300 par le comte Jean Ier de Forez, peut-être à  l'occasion de son mariage avec Alix de Viennois. Sous sa voûte ogivale en bois, décorée de 48 blasons répétés 36 fois, la noblesse du Forez s'y réunissait. François Ier y fut reçu en 1536 lorsque la couronne prit possession du pays et Loys Papon y fit jouer, cinquante-deux ans plus tard, sa Pastorelle. Vendue comme bien national à  la Révolution, coupée en deux par un plancher, elle servit de grenier à  foin et de dépôt de plâtre.

Elle fut rachetée 6000 francs par la ville de Montbrison grâce à  l'aide de Persigny. Ainsi, elle put être restaurée et inaugurée en 1866. Sa cheminée ayant été reconstruite d'après un dessin du chanoine de La Mure. Quant à  la façade, édifiée exprès, elle ne passe pas inaperçue avec ses blasons, têtes sculptées, rosaces, plaques commémoratives, piliers et sculptures de lévriers. Elle fut dessinée par Viollet-le-Duc et la réalisation confiée à  Henry Lebrun. Lequel apporta quelques modifications mais il décéda avant le début du chantier, qui passa à  Louis Mazerat. Il fut un temps envisagé, sous la présidence de Testenoire-Lafayette, de placer une statue de Jean Ier de Forez sur la colonne centrale du fronton, entre les deux chiens. Le projet resta sans suite comme celui, prévu à  l'origine, d'y installer une statue de Diane. Son emplacement l'attend toujours. Pour voir Diane chasseresse à  Montbrison, il faut aller dans le jardin d'Allard où s'y trouve une statue de la belle, accompagnée d'un cerf (voir notes).

" Contrairement à  ce que croient encore certaines personnes, le nom de la société n'a de toute façon rien à  voir avec la déesse. Il vient de Decania, salle du Doyenné et renvoie au Chapitre de la collégiale", rappelle Pierre Troton. A notre arrivée, le secrétaire général est devant son poste d'ordinateur, réglant quelques affaires courantes. Il nous montre deux courriers. Ici une sollicitation de Vollore. La Diana conserve dans ses impressionnants fonds d'archives une charte datée de l'an 1312 qui intéresse la proche commune du Puy-de-Dôme, aux marches des anciens pays arvernes et ségusiaves. Là , un document administratif relatif à  des travaux menés à  Notre-Dame de Laval, célèbre chapelle des bords de l'Aix dont la société est propriétaire.


" Persigny avait sans doute dans l'idée, nous explique-t-il en préambule, en enracinant à  Montbrison, au coeur de l'ancien comté, une société d'histoire, une société savante que les Stéphanois, finalement, ne pouvaient revendiquer, de compenser le déménagement de la Préfecture en 1856."

La visite débute évidemment par la salle héraldique, que l'on rejoint en traversant la salle de lecture. On remarque au passage, dans celle-ci, un buste assez imposant. C'est celui de Vincent Durand (1831-1902), un des illustres devanciers au poste de Pierre Troton. Mais nous voici sous la voûte colorée par les quelque 1700 écus. Ces blasons avaient "enflammé"  Persigny dans son discours d'inauguration: " Et bien Messieurs, comme les Campbell et les Mac-Donald, nous aussi nous formons un clan issu de la même souche, pétri du même sang, héritier des mêmes traditions et qui s'appelle Forez. Je n'ai donc pas besoin de dire qui a le droit de s'enorgueillir des couleurs, des emblèmes, des blasons de la Diana, car ce sont nos couleurs, nos emblèmes à  tous. C'est notre passé, c'est notre histoire, c'est notre gloire; et nous faisons acte de bons citoyens en relevant et honorant ces reliques de nos pères."

Dans le "jacassoir", quelques membres de la Diana. Nous y avons rencontré Claude Latta, de Village de Forez, Joseph Barou, animateur du site Forez Histoire, Jérôme Sagnard, auteur de plusieurs ouvrages ou encore une passionnée qui travaille sur un projet de publication d'art héraldique comparé et qui planchait sur le futur blason de la commune d'Arthun - y figurera un ours, parce que artos chez nos ancêtres...

L'inauguration s'était déroulée surtout dans le Palais de Justice de  l'"ancienne capitale aujourd'hui déshéritée" - allusion de Persigny au transfert de la Préfecture- en présence du maire, M. Majoux, des députés Charpin-Feugerolles et Balay, des conseillers généraux et magistrats. Le ministre, dans son discours, toujours, (2) expliquait ce qu'allait être la Diana : " Mais, Messieurs, comment étudier l'histoire de notre province dans l'état actuel de nos renseignements, sans la connaissance des documents à  consulter, sans la possibilité de se les procurer dans un centre d'études et de recherches. Livré à  ses seules ressources, l'esprit le plus désireux d'apprendre use son temps et ses forces à  chercher les matériaux nécessaires et finit par se décourager devant l'impuissance de ses efforts. Que si, au contraire, vous fondez dans la Diana une sorte de cabinet historiographique où soient réunies toutes les sources d'information, par exemple une bibliothèque de tous les livres ou manuscrits qui peuvent concerner le Forez, une seconde bibliothèque de tous les ouvrages faits par des Foréziens, un recueil des sceaux et des médailles de la province ou fac-similé de ces objets, une collection des cartes géographique et topographiques du Forez, de plans, dessins, vues, portraits, des albums photographiques pour la reproduction de nos monuments archéologiques, un cabinet de titres, chartes, actes authentiques, originaux ou copiés, et surtout un catalogue suffisamment détaillé de tous les documents qui peuvent intéresser notre province, dans les collections publiques ou particulières, dans les archives, bibliothèques, musées et cabinets de Paris, des départements et de l'étranger, (...) je dis Messieurs, que vous aurez élevé à  la gloire de notre province un monument qui fera honneur à  notre Société..."

Dès sa fondation, elle comptait 233 sociétaires. Le président était Persigny lui-même et le comte de Charpin-Feugerolles, député, son vice-président. La Diana s'était donnée une mission de collecte et de recherche couvrant la totalité du département. C'est pourquoi des administrateurs étaient nommés sur les arrondissements de Saint-Etienne et Roanne. Le maire de Montbrison était le secrétaire et le receveur municipal, le trésorier.

L'actuel président, le onzième, est Jean-François David de Sauzéa et la Diana une association loi 1901. Liliane Faure, Maire de Montbrison et conseillère générale, est présidente d'honneur et siège au Conseil d'administration. "La ville de Montbrison est toujours propriétaire de la Diana, précise Pierre Troton. Par contre, les bâtiments voisins appartiennent à  l'association, soit directement, soit sous la forme aujourd'hui d'une société civile immobilière."  Au fil du temps en effet, le travail de recherche et de collecte va très rapidement prendre un essor important (création du musée dès le début années 1880) et va amener la société à  devoir trouver des locaux supplémentaires pour entreposer ses archives, trouvailles, collections diverses et ses livres, donc à  s'étendre sur les bâtiments qui jouxtent la salle héraldique.


Une partie des pièces conservées était présentée, au moment de notre article, dans la salle héraldique. Croix de procession, vêtements liturgiques, épées étaient exposés dont une étonnante épée asiatique entièrement composée de pièces de monnaie. Un des objets les plus remarquables étant une paire de ciseaux du XIVe siècle qui aurait appartenu à  Anne Dauphine, duchesse de Bourbon, comtesse de Forez et dame de Beaujeu. A voir (a vu !) encore un reliquaire-montrance de Bussy-Albieux du XVe siècle. Cette exposition en appelait d' autres, consacrées aux trésors archéologiques; aux pièces rares des archives, aux livres et reliures et, en fin d'année, aux monnaies, médailles et sceaux.


Dans le cadre, toujours, du 150e anniversaire, une messe du souvenir a été célébrée en la chapelle de Notre-Dame de Laval, en mémoire de tous les sociétaires qui ont oeuvré à  la préservation du patrimoine et à  la connaissance du passé. Un récital d'orgue et trompette, et un autre, de piano, ont été proposés. Avec la Compagnie Franche du Forez, une fête a été donnée au château de Couzan. Enfin, une journée d'étude historique s'était tenue à  la salle Guy Poirieux à  Montbrison.

Son fonds d'archives couvre sept ou huit siècles d'histoire et sa bibliothèque compte plus de 50 000 ouvrages comprenant le fonds ancien municipal de la ville.  " Le mouvement de la bibliothèque de la Diana est à  lui seul un répertoire d'histoire locale", écrivait L.-J. Gras dans L'Année forézienne en 1912. "On y trouve pour 1911: la géographie botanique des monts du Forez, de M.d'Alverny et les études sur les monts du Forez de M. Glangeaud; (...) les nombreuses publications archéologiques de M. Déchelette; le guide de MM. Noël Thiollier et Marcellin Boule..." 

Elle comptait alors 13 500 volumes auxquelles s'ajoutait 20 000 pièces d'archives, sans compter les portraits, plans, photographies...

Il suffit d'ouvrir au hasard n'importe quel bulletin de la Diana,  pour comprendre :  don des Facultés Catholiques de Lyon, don d'Edouard Perroy, don de Mme Bonnefoy, don du docteur Morlet, don de Michel Soulié, don de l'abbé Jean Canard (1962, Tome XXXVII - n°7). Et dans ce même numéro, à  la rubrique "nouveaux membres", on relève vingt noms, suivis de la mention "présenté par...". Par exemple "présenté par MM. le comte de Neufbourg et J. de Fraix", ou bien: "présentée par MM. le baron de Rochetaillée et le vicomte de Meaux"...

Un ouvrage de 1873

La Diana revendique aujourd'hui près de 1100 adhérents, amateurs éclairés, universitaires,... et la cooptation a toujours cours. " Elle continue à  être distinguée comme une belle société historique. Certes, on a peut-être moins d'ambition qu'à  une certaine époque mais nos publications restent importantes et elles sont diffusées par nos sociétés correspondantes." Et Pierre Troton d'ajouter: " Depuis ses origines, les grandes familles foréziennes, aristocratiques, ont servi la Diana, de génération en génération. Des familles d'industriels, qui en avaient les moyens, ont aussi apporté leur contribution. Certes, elle reste encore pour beaucoup une société élitiste, dite savante et fermée. Mais elle s'est ouverte à  d'autres courants de pensée et de recherche, à  des notables, je dirais d'une sensibilité plus républicaine, qui travaillent sur le XIXe siècle, les mouvements sociaux, etc. Elle a aussi renforcé son ouverture envers les scolaires et leur propose des ateliers."

Si par le passé, elle eut ses heures de gloire, elle connut aussi des déboires. La société fut reconnue d'utilité publique par un décret de l'Empereur promulgué en 1869 mais faillit sombrer avec lui aussitôt. En 1872, l'année où s'éteint Persigny, Claude-Philippe Testenoire-Lafayette convoque les sociétaires. 18 seulement répondent à  l'appel.  De l'auteur, notamment, d'une Histoire de Saint-Etienne,  un de ses successeurs, le vicomte de Meaux, devait dire qu'il avait été "l'homme qui avait fait plus que de donner naissance [à  la Diana]; car il l'avait ressuscitée".

En 1873, il rassemble autour de lui une petite soixantaine de personnes, dont le sculpteur Bonnassieux, qui, dix ans plus tôt, avait refusé de réaliser une sculpture de Diane pour la façade, proposant à  la place une allégorie de la science entourée de dauphins. Le photographe stéphanois Chéri-Rousseau, Paul Courbon-Lafaye, de Marlhes, le baron Vital de Rochetaillée, Frédéric Noelas, auteur des Légendes et Traditions foréziennes et le préfet de la Loire en sont aussi. C'est sous sa direction que commencèrent à  être rédigés les bulletins proposant à  la lecture les communications des sociétaires - c'est aujourd'hui encore son organe de diffusion le plus connu - et que débutèrent les excursions archéologiques. En 1873, la Diana demande au gouvernement de classer la salle héraldique.

Missel du cardinal de Bourbon (XVe siècle) riche de 140 feuillets enluminés

Après la saignée de 14-18, elle regagna, peu à  peu, en nombre d'adhérents pour atteindre les 452 membres en 1937, d'après un numéro de La Région Illustrée. Le magazine propose à  la lecture un article savoureux. L'auteur est Mario Meunier, humaniste et helléniste originaire de Saint-Jean-Soleymieux; celui-là  même qui invita Charles Maurras à  Montbrison pendant l'Occupation. Il aurait voulu que les cloches du Forez sonnent à  toutes volées lorsqu'on exhuma du sol de L'Etrat "la plus belle de toutes les divines déesses". Ce n'est pas Diane mais Vénus, "une oeuvre de l'époque de Marc Aurèle", découverte quelques mois plus tôt par un paysan qui cultivait son champ. " (...) entre toutes les Vénus, (...), il en est assez peu - croyez-moi - qui soient d'une facture aussi fine, d'une délicatesse aussi pure, d'une plastique aussi ferme...", déclama Mario Meunier. " Les fouilles prévues ne tarderont sans doute pas à  nous renseigner sur l'existence possible d'une villa romaine", poursuivait-il. Et encore: " Avec elle, la Diana, participera constamment de l'éternelle jeunesse de la divine déesse: l'amitié fleurira comme fleurissent les fleurs sous les pas de Vénus ramenant le printemps, et tous vos travaux, même les plus austères, sauront se parer d'élégance racée, de grâce avenante et de persuasion". La Vénus aux navets, dite de Brizet, était une farce de Crémonèse, un sculpteur stéphanois...

Souvenir de la visite du duc de Persigny et vierge de la chapelle Saint-Saturnin (Sail-sous-Couzan)

Mais la Diana est surtout célèbre pour avoir sauvé au début du XXe siècle la Bastie d'Urfé dont elle conserve la nue-propriété et dont l'entretien et l'exploitation ont été confiés au Département. Elle est aussi propriétaire de la commanderie hospitalière de Saint-Jean des Prés à  Montbrison et, depuis les années 1930, du nid d'aigle de Couzan. De même que la grotte des fées, toujours à  Sail. C'est en 1895 que les dames Grizard et du Verne lui firent don de la chapelle de Notre-Dame de Laval (Saint-Germain-Laval), autrement nommée chapelle de Baffie, du nom du seigneur d'antan, Guillaume de Baffie, qui aurait reçu de Saint-Louis lui-même la Vierge noire à  l'Enfant qui attirait autrefois les fidèles. Ce qui est moins connu, c'est que la Diana a aussi dans son giron l'étonnant pavillon Renaissance de Pravieux à  Pouilly-lès-Feurs, habité, et, c'est une acquisition assez récente, une loge vigneronne à  L'Hôpital-sous-Rochefort. Celle-ci n'étant pas ouverte au public.

L'espace muséographique

Un patrimoine important et coûteux à  gérer, en particulier la forteresse de Couzan. " Nous devons chaque année imaginer une campagne de travaux, de consolidation et de restauration, en parallèle du chantier archéologique international que nous y animons en été", nous explique le secrétaire. Derrière l'optimisme de façade, l'inquiétude sourd aussi. La question du remplacement des bénévoles actifs se posera inévitablement. Ils sont une petite quarantaine actuellement. " Si on était une dizaine d'actifs de plus et si on pouvait attirer de nouveaux sociétaires, plus jeunes...", lâche le secrétaire. Comme toutes les sociétés de ce type, elle peine à  rajeunir ses troupes et le président regrette une perte d'intérêt pour l'histoire.

" La Diana (300 000 euros de budget, six ou sept salariés en comptant les guides saisonniers, ndlr) est devenue une petite entreprise dont le fonctionnement exige beaucoup de temps, de plus en plus de technicité vis à  vis de nos partenaires. Les moyens ne sont plus les mêmes, les subventions sont plus réduites et si on a des bienfaiteurs, on ne peut pas leur imposer un mécénat obligatoire et permanent ", ajoute-t-il. Et concernant Couzan: " La vocation de la Diana n'était peut-être pas de le garder si longtemps..." Vendre Couzan ? "A qui ? c'est loin de tout et ce n'est pas Versailles", répond M. David de Sauzéa. " Il faudrait trois ou quatre millions d'euros pour le remettre en état. On mettra 30 ans pour le sauver ", précise Pierre Troton.

Sachant qu'il y a aussi d'autres besoins: la commanderie de Saint-Jean-des-Prés, la salle du musée, les reliures des documents et des statues à  restaurer... " Je refuse d'être pessimiste", déclare celui-ci, répétant que la Diana est toujours "une grande maison".

Le mot de la fin reviendra à  Jean-François David de Sauzéa: " On garde la foi."

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NdlR: La partie relative à  la restauration emprunte à  Marie-Hélène Chazelle, La  restauration de la salle de la Diana à  Montbrison au XIXe siècle (1862-1866), 2002. Les renseignements concernant l'installation proviennent de Charles Robin: Souvenirs du voyage de S. Exc. M. le comte de Persigny dans le département de la Loire, et de la session du conseil général en 1862 ; Extraits du Courrier de Saint-Etienne, 1862. Nous avons consulté également divers bulletins de la Diana, années 1902 et 1912 notamment. Les autres sources sont citées dans le texte.

A lire en lien, sur Forez Info

> La Vénus de Brizet

> Balade à  Pouilly-lès-Feurs

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