Wednesday, May 19, 2021
Vous pensiez tout connaître de l'héritage minier et des forêts alentours? Puisque le cinéma c'est vingt-quatre fois la vérité par seconde (Godard), demandez à  la Hardway ce qu'il en est vraiment de "l'ancienne mine d'uranium" de La Ric. Le Puits des Combes est un nid de pères noël tueurs !

 

Noms, fonctions et matricules...


Grégory Wozniak, 24 ans, diplomé en architecture. Au sein d'Hardway, j'occupe les fonctions de Président mais on n'a pas de rôles très définis. On essaye de faire jouer tout le monde et chacun doit être polyvalent. Chaque membre a son mot à  dire dans tous les aspects de la production: scénario, réalisation, montage et graphisme, etc. Pour ma part, étant  passionné par tout ce qui touche à  l'image, ma spécialité est plutôt le graphisme.

Florent Mercier, vice-président. J'ai débuté comme acteur dans Son of return San Carlos. J'étais aussi co-scénariste et co-réalisateur. Dans les films qui ont suivi, j'étais tantôt cameraman, tantôt acteur.

Nicolas Seux, 23 ans, secrétaire de l'asso. Je suis plus acteur que caméraman. Je m'occupe aussi pas mal de la conception; j'ai participé aux scénarios des Die Hard et Evil Santa 1 & 2. Ce qui m'intéresse, entre autres, c'est l'aspect global du  projet et aussi la mise en valeur de notre ville, à  notre manière, par le biais de nos films.

Alexandre Seux, 23 ans. Je suis le trésorier d'Hardway. Je m'occupe de la gestion et de l'envoi des films commandés sur internet. J'aide aussi à  l'élaboration des scénarios et je suis acteur. Comme les autres, je n'ai pas un rôle très précis. On essaie tous de s'investir dans chacune des parties du film.

Depuis quand existe l'asso ?


Grégory: Officiellement depuis avril 2006. Avoir un statut associatif nous a permis d'obtenir des facilités, par exemple avoir des salles, via Les Noctambules, pour être diffusés, être un peu plus reconnus et pouvoir solliciter des aides financières. Il nous a permis aussi d'avoir des contacts avec des gens qui ont pu nous prêter du matériel, uniformes, armes factices etc. Il faut ajouter que l'assos regroupe bien sûr d'autres membres, garçons et filles, qui sont appelés à  jouer dans des scènes comme comédiens ou figurants. On essaye de faire en sorte d'éviter de retrouver les mêmes têtes dans chaque production.

Quel est le concept d'Hardway ?

Florent: On réalise des films qui reprennent les grands clichés d'un certain type de productions couramment appelées "nanars". Ce sont des films tellement mauvais qu'ils en deviennent involontairement comiques. En même temps, on ne cherche pas à  faire des pastiches. On ne force pas sur le registre de la parodie en faisant des choses surréalistes. Et on ne néglige pas la forme.

Alexandre: On produit, avec nos petits moyens et une absurdité maîtrisée, des nanars volontaires. Si on cherchait à  faire un film d'action ou d'horreur qui soit un film d'action ou d'horreur sérieux, on ne ferait que des navets.
 
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Une partie de l'équipe lors de l'avant-première de "Son..."


J'imagine que vous êtes des spécialistes de ce type de cinéma...

Florent: Disons que ça fait plus de dix ans qu'on regarde des films de cet acabit. On continue à  chercher des vhs. �?a nous fait rire bien sûr mais nanar ne veut pas dire mauvais film, même si il y a plus souvent du mauvais que du bon. Mais il y a du bon,  et puis ce n'est pas parce que c'est un nanar qu'il faut évacuer tout le travail derrière. On s'en moque mais on peut en tirer des choses intéressantes. Il y a aussi un humour un peu spécial qu'on ne retrouve plus.

Nicolas: C'est vrai qu'on est un peu nostalgiques de ces films et de ces acteurs qu'on ne voit plus beaucoup aujourd'hui: la série des Portés disparus, Delta Force... Les films avec Dolph Lundgren... A l'époque, ce type de production sortait au cinéma. Chuck Norris s'affichait partout. Aujourd'hui, ce sont des "direct DVD". Plus proches de nous, il y a les films avec Steven Seagal par exemple. On recherche aussi les nanars rares, les nanars italiens ou asiatiques. Mais on ne voit pas immédiatement l'esprit ridicule du film en se disant d'entrée de jeu "c'est un nanar". Et ce ne sont pas non plus des films ennuyeux. On se laisse prendre au jeu et on s'en inspire.

Grégory: Il y a actuellement au ciné Die Hard 4. Cinq minutes d'histoire et des explosions jusqu'à  la fin. Dans vingt ans ce sera un nanar même si techniquement il est très bien fait. Il faut  laisser vieillir les films pour en faire de bon nanars. La différence avec les années 80, c'est qu'on retrouve dans les films anciens des traits propres à  l'époque. Dans Son of return  San Carlos, qui s'inspire des films avec Chuck Norris, on joue sur cette idée du libérateur américain qui délivre un pays d'Amérique central de la tyrannie des narcotraficants en rasant la moitié d'une ville. A la limite, Son of return San Carlos aurait pu exister il y a 20 ans. Aujourd'hui, ce genre de patriotisme hard tend à  disparaître.
 


Clowny VS Granny - trailer par The-X-Flo Clowny vs Granny, trailer


Evil Santa 2 - trailer par The-X-Flo Evil Santa 2, trailer


Votre premier film ?


Alexandre: Die Hard 4, 25 minutes en enfer, réalisé bien avant l'asso, il y a déjà  quatre ans. Ce n'est pas une grosse production, on l'a tourné et monté en très peu de temps. Disons qu'il a ouvert la voie en inaugurant notre lancement dans l'audiovisuel.  Mais c'est San Carlos qui a été le déclic. C'est vraiment le film qui a fédéré les volontés. A suivi Die Hard 5, un projet monté aussi en peu de temps, pas très élaboré mais justement pour pouvoir nous mettre dans des conditions de travailler rapidement. Clowny vs Granny en revanche a été un projet beaucoup plus lourd à  porter. On y a travaillé pendant plus d'un an. C'est un film plus abouti, à  tous points de vue, et qui a demandé beaucoup d'investissement personnel de la part de tous.

Avec "Clowny us Granny" justement, vous abordez un autre registre...

Nicolas: Die Hard 4 s'inspire plutôt des films d'action policiers proches de L'Arme fatale. San Carlos renvoie aux films de guerre et Clowny est axé sur l'horreur gore. On essaye de toucher à  tous les registres. Dans Clowny, les références et les clichés ne sont pas les mêmes. Par exemple, on s'est inspiré en partie de l'adaptation de Ça de Stephen King ou encore du Projet Blair Witch. On envisage un prochain film animalier avec une créature mutante qui dévore les gens. Un projet post-apocalyptique en 2060 pourrait aussi voir le jour avec des costumes inspirés de Mad Max. On a récupéré tout un lot de veste en sky pour faire du punk post-apocalyptique....
 
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Un aspect relativement impressionnant de votre travail, au-delà  de la réalisation proprement dite, c'est la fabrication des supports et toute la promotion qui suit, la mise en réseau, etc.

Nicolas: Les films sont pensés, réalisés et  montés de A à  Z, avec effets spéciaux, doublage et bande sonore omniprésente. Le menu DVD est complet avec bonus, making of et scènes coupées. Chaque film a sa jaquette, chaque dvd a son rond de cd, chaque production a son site internet. On a des affiches et des flyers. On envisage même de proposer sur internet un téléchargement des films avec sous-titres en anglais...

Grégory: Il s'agit d'une vraie production cinématographique. On ne se contente pas en effet de tourner et monter nos films,  mais nous y apportons un réel suivi à  travers un site internet dédié à  chaque projet et un espace de forum régulièrement mis à  jour. Etant donné que nos films font appel à  des techniques assez pointues, incrustations numériques, effets spéciaux en 3D, etc., et à  des effets cinématographiques spécifiques (cascades, combats...), cet espace nous permet d'être en contact avec des personnes qui ne sont pas de la région mais qui adhèrent à  la cause. Elles proposent leurs services et leurs compétences. Au lieu d'agiter un nunchaku n'importe comment, on trouve ainsi des personnes qui savent s'en servir et qui peuvent nous apprendre ou même venir jouer dans un prochain film. De notre côté, on peut donner des coups de pouce à  toute personne, ou association, qui voudrait se familiariser avec l'utilisation de certains logiciels ou qui voudrait apprendre à  faire des jaquettes...

Vous pensez continuer encore longtemps ?

Tant qu'on aime et qu'il y aura des gens pour nous encourager à  aller de l'avant...