Thursday, September 24, 2020
01cmsc.jpg Evoquer le grand âge, ce n’est pas facile. Les premiers mots en tête sont des mots durs : solitude, handicap, dégradation physique, perte d’autonomie, désorientation, défaillance mentale. L'aborder par le biais du regard photographique n'est pas simple non plus. Il y a cette peur de violer l’intimité, de passer à côté, de stigmatiser, même sans le vouloir…

Proposer à des photographes amateurs de passer la porte d’une maison de retraite pour  y réaliser un reportage sur une année tenait donc du challenge. Ce pari, les adhérents du club photo de Roche-la Molière l’ont relevé. Ils sont venus, timidement au départ, puis plus fréquemment à la Résidence Le Chasseur à seule fin de présenter une exposition sur la maison de retraite de Saint-Genest-Lerpt. Soixante-dix clichés sont nés de cette belle rencontre, à découvrir aux cimaises de la Résidence, en juin dernier. Voici une infime partie du travail réalisé, témoignant de l’enrichissement apporté à (nous) tous.

02c.jpg
 Retour en arrière

03c.jpg
Promenade nocturne

06c.jpg
Oublier le poids des années

15c.jpg
Trois chemins pour un même lieu

12c.jpg
Regards non croisés

10c.jpg
Solitude de Noël

08c.jpg
Le temps qui s'en va

13c.jpg
3ème dimension
Les photographes sont une douzaine*, sur les 28 passionnés que compte le Photo Club Rouchon, à s’être investis dans ce projet. Ils ont vingt ans pour les plus jeunes, soixante-dix pour les plus âgés. Plus de mille clichés ont été réalisés lors des diverses manifestations de la résidence mais aussi lors de moment plus intimes, la journée ou en soirée.

Photographes et personnes âgées se sont apprivoisés, des complicités sont nées, chacun s’est pris au jeu, devant et derrière l’objectif. Certains se sont intéressés aux moments de convivialité comme les jeux de cartes, la journée des familles ou les après-midis musicaux, d’autres ont préféré mettre en avant des instants d’intimité entre résidents et personnel ou parents et enfants. D’autres encore ont mis l’accent sur les marques de l’âge, d’autres enfin ont porté leurs regards sur le bâtiment, l’environnement…

Et lorsque l’on chemine le long des cimaises**, d’autres mots prennent le pas sur les premiers : tendresse, accompagnement et sollicitude,
mais aussi gaieté, humour, complicité… et l’on découvre un tout autre monde, où la vie est intensément présente, même si, comme ailleurs, les chemins ont parfois bien du mal à se croiser...

04c.jpg
Non pas la solitude mais une vraie sollicitude

05c.jpg
Tendresse infinie

07c.jpg
Réunion de famille

09c.jpg
L’écoute totale

16c.jpg
 Image volée

14c.jpg
Complicité retrouvée ?

11c.jpg
Trois regards de femmes

17c.jpg
A chacun son monde
Notes:

* Henri Gagnaire, Henry Ducas, Audrey Descourt, Marie Orsega, Eric Sigronde, Mario Dal Zotto, René Breuil,  Jean-Paul Rascle, Fanny Valour, André Cheroutre et Martin Colombet plus Georges Maisse, bien connu dans le milieu de la photo, qui s’est chargé, en sus, de la mise en scène de l’exposition.

** Classée EPAD et gérée par une association loi de 1901, la Résidence Le Chasseur compte 117 lits. Depuis quatre ans, la maison de retraite est devenue en quelque sorte galerie : huit expositions par an viennent prendre place aux cimaises de la Passerelle.  Il s’agissait au départ de vivifier les liens avec la commune, de mettre de l’animation lors des accrochages et décrochages et de servir de sujet de conversation pour les résidents, familles et personnel.  Une anecdote sur l’importance du lien social: lors du premier vernissage, voyant arriver “ du beau monde ”, une résidente est allée changer de robe, entraînant dans son sillage deux de ses amies. Aujourd’hui, lors des vernissages, ces dames se mettent sur leur 31 et les coiffeuses cumulent les rendez-vous. Quant aux cimaises, elles se sont  multipliées au rez-de-chaussée de la Résidence et l’on compte aujourd’hui 60 points d’accrochage.  Des cimaises aujourd’hui prises d’assaut !

01c.jpg
                                Seul en communauté, le besoin est vital : se raccrocher...