Thursday, September 24, 2020

Des trésors, des énigmes et des anecdotes comme s'il en pleuvait. Voici un coup de coeur qui vaut de l' or !


Nous faisons d'une pierre (précieuse) deux coups. C'est en effet un coup de coeur en forme de « le saviez-vous ? » que nous vous proposons ici. Présentation du livre Histoires mystérieuses des trésors enfouis suivi ensuite d'un prolongement local consacré aux trésors foréziens pour notre rubrique « Le Saviez-vous ? »

Savez-vous qu'il y a en France, sous vos pieds, dans nos murs, au fond des eaux des centaines de trésors enfouis qui n'attendent que leur découvreur, ou plutôt, pour reprendre la terminologie exacte, qui n'attendent que leur inventeur ? Didier Audinot, lui, le sait depuis belle lurette et son expérience dans le domaine fait autorité. Il a écrit à  ce sujet plusieurs ouvrages. Celui que nous mettons à  l'honneur sur nos pages est le dernier en date : Histoires mystérieuses des trésors enfouis. Un ouvrage passionnant pour tous les amateurs d'histoire, d'énigmes et d'anecdotes. On y apprend par exemple qu'il ne reste de la main de Molière qu'une seule signature, gardée comme une relique à  la Comédie Française. Et c'est tout ! Pas une seule pièce originale connue, ne serait-ce que l'ébauche d'un brouillon de la main du grand Molière ! Pas encore, peut-être. Et l'anneau royal de Jean le Bon, perdu lors de la bataille de Poitiers en 1356 ? Repose-t-il encore dans la terre, attendant le détecteur de métal qui le ramènera au grand jour ? Le prix de l' aigle napoléonienne* qui prend la poussière dans votre grenier ? 100 000 euros.

L'auteur a classé dans treize chapitres les différents types d'histoires de trésors. Le lecteur les égrène comme autant d'invitations au rêve : bonnes et mauvaises fortunes de chevaliers et seigneurs brigands, les caisses de bijoux de l'impératrice Eugénie, trésors et complots, trésors perdus du Ier empire etc. Hommage à  la plus connue des histoires de trésors, le premier chapitre est consacré à  la fortune perdue des moines-chevaliers du Temple. L'auteur ici distingue les deux types de trésors attendant sagement leur heure. Le grand trésor de l'Ordre, archives secrètes, Baphomet et autres artefacts bibliques qui excitent l'imagination des hommes depuis des siècles ; mais aussi et surtout les « petits » trésors en numéraire des multiples commanderies, plus modestes certainement, plus réels sans doute mais ô combien plus accessibles surtout !
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Le mot « trésor » renvoie en premier lieu aux espèces sonnantes et trébuchantes, aux bijoux et aux pierres précieuses. Mais le terme recouvre en vérité des valeurs bien plus diverses. Ainsi, apprenez que 4 000 bouteilles de Riesling millésimé 1735 vous attendent quelque part du côté de Chantonnay en Vendée. Quand on sait qu'une bouteille de Riesling d'un millésime moins ancien s'est vendue 27 000 euros il y a quelques années ! A Paris, à  Montmartre c'est la tête de La Molle, l'amant de Marguerite de Valois qui reste à  trouver. La chaude Margot qui l'avait rachetée au bourreau, l'avait fait momifier et sertir de pierre précieuses. A Rives (Isère) un trésor du K.G.B, à  La Chaise-Dieu une statue de Moà¯se, à  Saint-Auvent (Haute-Vienne) les cloches de l'église... L'auteur consacre aussi un chapitre fort intéressant à  la France des gisements naturels d'or natif et des pierres précieuses, montrant que « trésor » ne rime pas seulement avec « louis d'or ». Il nous rappelle que les prodigieuses ressources minières et aurifères de notre pays ont de tout temps suscité la convoitise de nos voisins et que ces ressources sont aujourd'hui oubliées. Oubliées, vraiment ? Pas pour tout le monde et certains émules des époux Beausoleil, qui ont inspiré les personnages d'Angélique et de Geoffrey de Peyrac, son sorcier de mari,  arpentent encore les ruisseaux de Haute-Loire et les vallées du Puy-de-Dôme, à  la recherche de la pierre rare et du métal jaune.

Au passage, ce couple aurait localisé certains gisements miniers dans la région de Saint-Etienne. C'est ce qu'on lit dans Histoires magiques de l'histoire de France de Pauwels et Breton (tome II).

Didier Audinot ne se contente pas d'évoquer évasivement tous ces trésors qui restent à  déterrer ou à  dégotter au fond du puits ou de la cave sous la septième marche de l'escalier. Il les localise (plus ou moins) en utilisant les témoignages des archives et des traditions orales. Il indique aussi les découvertes passées qui sont autant de cailloux semés vers d'autres « gisements ». Il donne des conseils pour apprendre à  lire des indices, pour interpréter des signes. Il explore les différents types de caches et toutes les deux lignes, le lecteur est convaincu, par des exemples précis et vérifiables, que la fortune (au sens de chance) peut sourire à  chacun. Souvent d'ailleurs quand on ne la cherche pas. En fin d'ouvrage 260 fiches pratiques recensent les trésors à  découvrir dans tous les départements.

Le livre enfin, et ce n'est pas inutile, indique la législation en vigueur à  propos des découvertes de trésors et quelques adresses utiles. Pour tous ceux qui veulent tenter leur chance...

"Dans le monde des chercheurs de trésors, nous sommes un peu comme cela entre nous et nous communiquons beaucoup, du moins pour ceux qui ne sont pas motivés par le seul appât du gain, mais restent uniquement animés par l'amour de l'histoire et l'attrait de l'énigme."

Histoires mystérieuses des trésors enfouis par Didier Audinot, 311 pages, aux éditions Grancher. Avril 2005.

* On dit UNE aigle. Il s'agit du rapace qui coiffait la hampe des drapeaux des régiments de la grande armée et pour la sauvegarde desquelles les grognards combattaient jusqu'à  la mort. Il n'en reste plus qu'une poignée. Après la première abdication, de nombreuses aigles furent enterrées ou noyées pour qu'elles ne tombent pas aux mains des Anglais.