Monday, April 06, 2020
Il n' y a en France que quelques musées, une dizaine, consacrés aux Sapeurs-pompiers : à  Paris bien sûr, à  Lyon, à  Gex, Cergy Pontoise, Fontainebleau... Il en existe un dans la Loire, à  Firminy, au 10 rue de l'Abattoir, près de de la gare.


Géré par une association, le Musée des Sapeurs-pompiers de la Loire, à  Firminy, a pour mission de conserver et faire découvrir différents matériels témoins du métier de sapeur-pompier. Il met en évidence l'évolution dans le temps des matériels et des engins utilisés. L'association oeuvre également à  la sauvegarde du patrimoine de cette profession. Au gré de ses déambulations au milieu des engins d'un rouge reluisant et des vannes de cuivre, des képis démodés ou des tenues spéciales, le visiteur est amené à  parcourir deux siècles de progrès techniques mis au service d'une devise légendaire : " Sauver ou Périr ". Celle-ci étant plus précisément celle des pompiers de Paris, celle des pompiers communaux étant "Courage et dévouement".

La visite commence par la salle du commandant Bert, placée sous la garde de sainte Barbe, et ses nombreux objets, ustensiles, outils, affiches ou photographies. Une vitrine présente des journaux anciens, quand la presse foisonnante (et frissonnante) faisait ses « unes » illustrées en couleurs avec les exploits des pompiers sur tous les théâtres d'interventions: catastrophes, guerres ou incendies. Incendie du théâtre municipal de Nice en 1881, sauvetage d'un ballon sur les toits de Paris en 1894... parmi les nombreux journaux, ce sont Le Journal illustré, Le Petit Journal et Le Petit Parisien qui vantèrent le plus l'héroisme des sapeurs-pompiers de France.
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Bien sûr, il y a des uniformes, des tenues d'interventions spéciales, des casques : veste de cuir en mouton de 1930, tenue de feu d'avant 1950, tenue pour intervention sur nids de guêpes, uniforme blanc, cols bleus et bachis à  pompon rouge de marin-pompier, képis divers... Les casques flamboyants sont parfois marqués des blasons des cités : Craponne-sur-Arzon, Srezin, Saint-Etienne, etc. Parmi eux, le célèbre modèle en acier 1950, inspiré par son alter-ego militaire et dépassé, remplacé depuis par le modèle actuel, Gallet F1, en nickel. Une référence, le Gallet F1 est adopté de nos jours par les soldats du feu de 85 nations ! Un autre casque rappelle par sa forme les casques américains ; recouvert de forte toile, il équipait l' Unité incendie-sauvetage de l'aéroport de Nice dans les années 70.
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Parmi le matériel exposé, citons les grenades extinctrices ou extinctives, des sphères en verre ou en terre de 12 cm de diamètre contenant un liquide extincteur (une solution d'alun à  l'origine) destinées à  être projeté sur les surfaces enflammées. La torche « Casimir » à  acétylène, pour sa part, resta longtemps dans les campagnes le seul moyen d'éclairer le lieu d'un sinistre. Les lances à  incendie rappellent qu'à  l'origine le pompier était un soldat du feu, avant que sa profession ne s'élargisse à  d'autres champs d'action. Elles ont aussi évolué avec les années. Les lances anciennes étaient en cuivre, de grande longueur et sans robinet. Aujourd'hui elles sont en forme de pistolets à  jet variable. Les boyaux, ancêtres des tuyaux modernes, apparurent au XVIIIe siècle. Nous apprenons qu'ils étaient en cuir de boeuf (ils devaient être graissés régulièrement), traités de suif, cousus et cloutés. Il y a aussi des appareils respiratoires portatifs, indispensables pour affronter les fumées et les vapeurs toxiques. Une notice nous explique la lente évolution de ce type de matériel, depuis les pompes à  bras et les pompes Paulin jusqu'aux appareils réellement autonomes, en 1912, puis les Fenzy.
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Cette salle présente aussi une remarquable collection de maquettes : bateaux, hélicoptères et véhicules automobiles, en particulier celles construites par Mr Pierre Sardine, de Sainte-Agathe-en-Donzy (Loire), sapeur-pompier volontaire de la ville de Dieppe entre 1947 et 1963, qui a reconstitué sa caserne au 1/24e mais avec des véhicules parfois estampillés « Loire ». Toutes ses maquettes ont été réalisées en papier journal et en carton, peintes à  la main. Le visiteur admirera la jeep tous-terrains de la commune de Bussières (1953), le fourgon pompe mixte 1951 de Lyon, la « Rosalie » de Pélussin, les véhicules Renault, l'échelle Gugumus de 19 mètres de longueur...
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Le hall de 1850 mètres carrés accueille les véhicules. Le musée en possède près de 160, pas tous exposés. Dans le hall, ils sont sagement alignés et brillant de mille feux. Parfois, pour la Sainte-Barbe par exemple, certains reprennent du service - non sans peur - nous dit un des membres de l'association, car la visibilité dans certains est très réduite. Ce sont d'abord les pompes à  bras qui nous accueillent, à  traction humaine ou hippomobile, puis les véhicules actuels et divers (échelles sur porteurs, camions-citerne, premiers secours, incendies, camions Berliet, Renault...) en passant par les motopompes etc. Parmi les nombreuses pièces, citons la pompe à  bras de Pontempeyrat, remarquablement restaurée par M. Beyssac, de Saint-Bonnet-le-Château. Nombreux parmi ces véhicules sont ceux qui ont été utilisés dans les forêts ou les villes du Forez : à  Saint-Just-Saint-Rambert, Saint-Etienne, Roanne, Boen... comme l'indiquent parfois les blasons marquant un capot ou une porte. Sur les pompes à  bras pendent des petits sacs de toile, ce sont les ancêtres des seaux d'eau, quand le plastique n'existait pas. Deux hommes devaient tirer ces machines superbes avant qu'on ne songe à  atteler des chevaux puis que le moteur électrique ou à  explosion ne vienne révolutionner les moyens d'action. En 1900, la traction du matériel du corps des Sapeurs-pompiers de Paris était ainsi assuré par 188 chevaux et seulement six voitures automobiles. En 1904, il y avait 12 voitures automobiles ; en 1905, une voiture électrique entre en service ; en 1912, il ne restait plus que 24 chevaux.

Parmi les véhicules modernes, le premier secours Laffly se distingue avec son volant à  droite. De type torpédo, avec un six cylindres Hotchkiss ( 100 km/h), il fut le dernier de la génération des engins découverts. Six hommes pouvaient prendre place à  son bord et il disposait du matériel nécessaire à  la plupart des interventions courantes. Certains vieux Stéphanois lui doivent sans doute d'être encore en vie de nos jours car il a parcouru nos rues entre 1950 et 1980. D'autres véhicules ont eu une carrière encore plus longue, ainsi ce véhicule du Centre de secours de Saint-Didier-en-Velay, mis en service en 1948, il fut retiré du service en 1986.
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Pompmoto.jpg

Motopompe remorquable de 1930
 
Les véhicules de secours à  personnes sont nés avec le premier service mobile d'urgence, créé en 1924 à  Paris par le commandant Cot. Des voitures furent donc spécialement aménagées pour répondre aux besoins médicaux ou chirurgicaux des personnes en détresse. C'est en 1953, que les pompiers reçurent aussi pour mission le dégagement des victimes et leur transport vers les hôpitaux. C'est en 1958 enfin que des voitures spécifiques apparaissent pour porter secours aux asphyxiés. Le musée présente donc aussi, logiquement, des appareils et des instruments de réanimation, ceux de Palis, etc.

En conclusion, le musée de Firminy est un lieu de conservation bien sympathique, riche de ses collections, lesquelles au demeurant sont assez bien expliquées. Un espace dédié au métier le plus respecté des Français, qui ravira petits et grands, et peut-être suscitera des vocations, ou des regrets...

L
e musée est ouvert de mars à  novembre, les samedis,dimanches et jours fériés de 14 h à  18 h et le mercredi en période scolaire même horaire. Pour les groupes qui souhaitent une visite un autre jour, contacter par mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.