Sunday, May 09, 2021


Dans un ouvrage consacré aux jacquemarts, Jacques Navrot en recense 32 en France, toujours en place ou gardés dans des musées, et une vingtaine d'autres qui ont disparu. C'est dire si Feurs peut être fière de ses jacquemarts.

 

C'est la seule commune de la Loire à  posséder des jacquemarts. Et si l'on met à  part les petits personnages de l'horloge guignol de Lyon, qui date du XIXe siècle, les plus proches automates marteleurs se trouvent à  Aigueperse et Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme, ou Romans, dans la Drôme.
 

A Feurs, c'est sur le clocher de l'église Notre-Dame que veille le couple. Les personnages frappent une cloche avec leurs marteaux. Il s'agit en fait de reproductions en résine des deux jacquemarts originaux, sur lesquels on sait peu de chose.

 

 


 

Tout le mécanisme de l'horloge et des automates a été remis en état il y a un an environ. Les deux personnages ont été démontés et repeints. " Le mécanisme d'origine animait les jacquemart par un système de tringles, câbles avec contrepoids ou ressort de rappel et roues à  cames à  partir du mouvement d'horlogerie à  poids actionnant les aiguilles. A Feurs, les deux automates tournent autour d'un axe vertical. La totalité du personnage pivote. Actionnés par un mécanisme, les socles tournent et entraînent dans leurs rotations les marteaux, qui sonnent les heures, les demies, et la répétition de celles-ci." (magazine municipal n°236)

On ignore où ils ont été réalisés, et par qui. Ils dateraient de la fin du XVe siècle ou du début du XVIe. Ils sont en bois, un bois très dur, du poirier semble-t-il. Ils auraient été restaurés par Benjamin Terrade au XIXe sècle, à  l'époque où ils ont été déplacés de l'ancien clocher vers le nouveau, c'est à  dire le clocher actuel.

 


Les vrais jacquemarts en situation (carte postale ancienne). Le Jacquemart de Feurs est aussi un des rares à  être classé Monument Historique.

 

Ils mesurent 1,30 mètre. Ce sont des gens d'âge mûr. L'homme a un visage plutôt rond, de bonnes joues, un assez gros nez et de grands yeux. Il porte une moustache. Il est coiffé d'un gros bonnet de fourrure. Il porte des chausses et ce qui semble être un pourpoint. Il porte également à  la taille une belle ceinture. Madame Jacquemart, l'air bon enfant, porte aussi une coiffe, beaucoup plus discrète, et une longue robe avec une petite collerette et des manches très amples. Il se peut qu'à  l'origine, les personnages aient porté quelque chose dans une main.

 

 


 

Ils ont été restaurés au tout début des années 1980 par Bernard Archer, un boisselier un peu artiste de Feurs qui, pour ce faire, a utilisé 250 morceaux de bois et 70 chevilles. Mais aucun clou. Madame Archer se souvient de l'état de délabrement dans lequel feu son mari les avait réceptionnés. Le personnage masculin était amputé des deux bras. La femme avait été affublée d'une main d'homme et il lui manquait un pied. Et s'ils avaient déjà  été restaurés, trente ans en arrière, ils l'avaient fort mal été. Des fentes dans le bois avaient été remplies de ciment.

 

 


 Une note de M. Archer indique: " Après arrachage des clous, pointes, vis et autres ferrailles, le travail consiste à  remplacer les pièces et parties manquantes par un morceau d'abord dégrossi, puis taillé sur place après séchage de la colle. Ceci afin que le raccordement soit impeccable. Les parties neuves sont laissées rugueuses afin que l'enduit du peintre accroche bien. Toutes ces petites pièces sont ensuite chevillées en un ou plusieurs points." Ils ont ensuite été repeints et ils ont pris la direction du musée, abandonnant pour toujours leur perchoir.

 

Nous remercions pour leur aide mesdames Walter, Brandon et Archer.

Les jacquemarts sous toutes les coutures: