Saturday, July 04, 2020

Daniel Jaboulay, du Comité de commémoration de la Manufacture d'Armes de Saint-Etienne, invite à  en apprendre plus sur ce monument et la plupart des personnes dont les noms y sont gravés. L'auteur, par ailleurs président de l'IHS CGT "Benoît Frachon", a précédemment signé (toujours en lien avec la MAS) un article consacré à  Simon Chabany. Dans la rubrique "Histoire sociale de la Loire", le lecteur peut également consulter des articles anciens, sur divers sujets, de Michel Olagnier (NDFI).

 Comme chaque année nous nous sommes rassemblés au monument aux morts de la MAS le 7 mai dernier pour commémorer le 8 mai 1945. Une victoire à  laquelle la Résistance a apporté une pierre importante. 2014 marque également le 70ème anniversaire du Conseil National de la Résistance. Son programme mis en oeuvre dès la libération a construit le socle social de notre pays, sans cesse remis en cause.

 

Le contexte avant-guerre

 

Le 23 août 1939, la signature du pacte germano-soviétique donne prétexte au déclenchement en France d'une violente campagne anti-communiste entraînant de nouvelles déchirures de la CGT. Les communistes sont exclus de la CGT. Le gouvernement dissout 620 syndicats et emprisonne leurs dirigeants. Benoît FRACHON entre en clandestinité. Marcel THIBAUD, secrétaire général de l'UD CGT de la Loire et 29 syndicalistes sont déportés dans le sud Algérien. A Saint-Etienne, un commissaire de police appose les scellés sur certains bureaux de la Bourse du Travail. Dix-sept ex-CGTU sont arrêtés le 28 octobre 1939 dont Louis CUSSONNET qui sera le secrétaire du syndicat en 1944. De nombreux militants connaîtront la révocation, les tribunaux militaires, l'emprisonnement, la déportation. Vichy demandera aux directeurs d'établissements la liste des communistes rayés des contrôles avant d'être réintégrés sous le front populaire, licenciés ou non depuis. En 1941 les ouvriers de la MAS doivent signer un engagement sur l'honneur de n'être pas francs-maçons.

 


 

En novembre 1942, la MAS sous autorité allemande

 

A partir de 1938, du fait de la tension internationale annonciatrice de la Seconde guerre mondiale, l'effectif passe rapidement de 3385 salariés en 1938 à  9772 en 1939 pour atteindre 11074 en 1940. En 1942 la MAS est placée sous le contrôle de la DEUTSCHE WAFFEN MUNITIONS. L'effectif en 1943 est de 5123 personnes pour remonter à  9309 en 1944, 9695 en 1945. L'établissement sous l'occupation allemande est dévolu à  la fabrication d'armements pour l'Allemagne nazie, notamment le fusil mitrailleur K3. Nombre de salariés résistent, sabotent les productions, le détachement FTPF 1335 se constitue. Les alertes de nuit étaient un moment privilégiées pour opérer. Le sabotage consistait également au remplissage de limaille dans les graisseurs des machines-outils pour les faire gripper et les rendre inutilisables, au sectionnement des courroies d'entraînement. Ce groupe forma l'ossature du détachement FTP 1335 commandé par FRIZON et NICOLE.

 

L'outillage reçu de la Manufacture de Tulle, brûlé à  la réalisation ne permet pas d'exécuter les opérations d'usinage, entraînant de nombreux rebuts. Ces sabotages efficaces, des rapports de l'époque montrent l'impact important sur la production. Mais ces actions entraînaient des difficultés aux ouvriers employés sur les chaînes. Les salariés présents à  la MAS à  cette époque se souviennent d'allemands passant dans les ateliers et s'adressant aux ouvriers sous ce leitmotiv « sabotage : otage ». Il a fallu passer à  des opérations plus radicales tel le dynamitage de transformateurs, paralysant les ateliers pendant de longues périodes. Par la suite des hommes en armes les gardaient jour et nuit. L'autorité allemande craignant les sabotages faisait faire, après chaque arrêt, un réglage général des machines faisant perdre un temps fou donc de la production. De nombreux salariés sont alors affectés à  des tâches de contrôles, la moitié du personnel dans des ateliers, indiquent certaines informations. Dès l'été 1943, alors que se constituent les premiers maquis, ces résistants participent également au repérage des pièces d‘armes, pour qu'une fois bricolées, elles puissent être remontées pour former une arme et servir à  la résistance. En pièces détachées, elles sortaient de la MAS dans les sacoches de vélos ou dans les musettes de toile pour masques à  gaz dont étaient équipés tous les salariés de l'établissement.

 

tract clandestin (1942 ?)/archives municipales

 

A l'approche de la libération, ce groupe participe également aux opérations extérieures, sabotages, destructions de voies ferrées entre autres. Le 8 août 1944, par l'infiltration d'un mouchard par la gestapo dans les ateliers de la MAS, la moitié du détachement fût arrêtée. Emprisonnés, ces résistants furent soumis à  la torture. Deux d'entre eux, José GARCIA et Aimé BEAL, pris comme otages, ont été fusillés au lieu dit la Bachasse sur la commune de Grand-Croix. Le 26 août 1944 le bombardement américain de Saint-Etienne fit un millier de morts, 1500 blessés, 22000 sinistrés et toucha plusieurs bâtiments de la MAS.

 

Michel OLAGNIER

 

Acteur de cette résistance, dès le lendemain de la Libération, il participe au Comité de Libération de la MAS pour relancer dans les plus brefs délais la fabrication d'armes, des grenades et notamment le MAS 36, attendus par les régiments se constituant pour finir de vaincre l'ennemi, régiments dans lesquels Michel OLAGNIER s'engage avec son copain Roger THOMAS et tant d'autres. C'est à  cette époque que le commandant FFI PEYRACHE vient à  la MAS, puis Benoît FRACHON pour encourager les salariés à  la production d'armes, pour équiper les combattants livrant bataille en Italie, en Allemagne ou en Autriche. OLAGNIER reçoit la croix de combattant volontaire de la résistance. A son retour en 1946, il entreprend avec le Général GALDEMARD, directeur de la MAS à  l'époque, le recensement minutieux des résistants de l'établissement (19 sont morts au combat, 8 ont été fusillés, 14 sont morts en déportation), pour ériger un monument de la résistance des salariés de la MAS.

 

 

 

 

Au dos de ce monument, autrefois devant le portail de la MAS, aujourd'hui situé dans le jardin Michel OLAGNIER, sont inscrits les idéaux pour lesquels ces hommes, pour beaucoup très jeunes et qui n'avaient rien de personnel à  défendre, sont allés jusqu'au sacrifice suprême.

" Pour la France,

Pour la République,

Pour la Liberté."

 

Heureusement beaucoup d'autres résistants de la MAS échappèrent à  la mort. Pour ceux revenus des camps, le château dans la plaine du forez d'une famille bourgeoise stéphanoise avait été réquisitionné avec l'aide du Préfet Lucien MONJAUVIS. Pour les « retaper » des cuisiniers de l'établissement avaient été détachés sur place, et Rosette du service social assurait le lien entre Feurs et l'établissement.

 

 

 

 

Lucien MONJAUVIS et Jean de VALS, directeur à  la Libération

 

Un monument érigé en mémoire des membres de l'entreprise morts pour la France, la liberté, pour la paix, victimes de la répression nazie, présente plusieurs particularités. Les premiers projets, plus classiques, sont abandonnés et c'est l'oeuvre du sculpteur stéphanois SALQUE, dans sa volonté de représentation des actes de résistance, qui est retenue. La structure d'ensemble représente une arche de pont brisée, des voies ferrées détruites et un maquisard, mitraillette "sten" à  la main tombant sous les balles ennemies.  Il est la propriété des salariés qui, en 1947, suite à  une décision du syndicat CGT, ont effectué une heure supplémentaire pour le financer afin d'honorer le souvenir de 41 camarades de travail, résistants, tombés au combat, fusillés ou morts en déportation. Il est un des premiers mis en place après la libération, il est classé aux monuments historiques et répertorié au Mémorial de la Résistance et de la Déportation.

 

Sur la plaque de marbre sont gravés les noms des 41 hommes (19 tombés au combat, 8 fusillés, 14 morts en déportation) avec leurs appartenances, unités combattantes régulières (RI, FFL) ou résistantes (FTPF, AS). Chacun a un parcours particulier que nous avons pu reconstituer avec l'aide précieuse du Centre des Archives des Armées et des Personnels de Châtellerault, le MEMORIAL DE LA RESISTANCE LOIRE, le livre de Nathalie FORISSIER recensant les déportés du département, les travaux de Patrick MORTAL, docteur en histoire, des témoignages oraux ou écrits de Michel OLAGNIER, de nos anciens et les archives du Syndicat. Malheureusement à  ce jour nous n'avons pu reconstituer le parcours de tous.

 


 

Morts au combat

 

BENCHEIHK Ahmed - Forces Françaises Libres

Né le 5/12/23. Son père était ouvrier chauffeur de générateur à  la MAS et lui apprenti ajusteur à  l'école admis au concours en 1938. Il n'est pas maintenu à  l'établissement, comme tous ses camarades de promotion. Il repart en Algérie avec son père, ancien engagé combattant de la guerre de 14-18, qui avait demandé sa mutation à  l'arsenal d'Alger. Engagé dans les Forces Françaises Libres, Ahmed Bencheihk se trouvait dans le corps expéditionnaire commandé par le général JUIN qui débarqua en Italie.

 

BONNEVILLE Roger - Armée Secrète

Né le 27/11/23. Embauché manoeuvre à  la MAS le 11/10/43, après le bombardement de Saint-Etienne il s'engage au maquis.

 

COSTET René - Armée secrète

Né le 2/04/23. Bonneville et Costet étaient deux jeunes originaires du quartier du Soleil engagés au maquis et faisaient partie du GMO 18 juin commandé par l'aspirant ORIOL. Ils sont morts au combat à  Gland le 5 juillet 1944. Leurs noms figurent, avec quatre autres maquisards FTPF et AS, sur une plaque du souvenir sur le mur de l'Amicale Laique du quartier du Soleil.

 

BOUTEYRE André - Groupe Ange

Né le 4/11/23. Après les chantiers de jeunesse il s'embauche à  la MAS comme manoeuvre le 20/12/43 et rejoint le maquis de Saint-Anthème le 21/6/44. Il est tué en combattant le 31 août 1944 au cours d'un très dur combat contre un bataillon allemand à  Saint-Michel du Rhône.

 

CHAPUIS Albert - 86ème régiment d'infanterie

Né 11/09/10. Engagé le 28/12/36, il meurt au champ d'honneur le 17 mai 1940.

 

CHAVAGNEUX Jean - Franc-Tireur et Partisan Français

Né le 19/12/18. Orphelin de la première guerre mondiale il est pupille de la nation. Il entre apprenti à  la MAS le 2/10/1933. Après une scolarité agitée, il est ajusteur ordinaire à  partir du 1/04/37. Rappelé sous les drapeaux il est démobilisé le 3 novembre 1942. Engagé dans les FTPF, il meurt au combat le 29/03/44 à  Arrene dans la Creuse.

 

FOURNIER André - 99ème Régiment d'Infanterie

Né le 5/02/26. Embauché manoeuvre le 6 mars 1944. Il s'engage au 99 ème RI le 14 août 1944. Mort pour la France au combat le 25 avril 1945 à  19 ans à  Mongenève dans les Hautes Alpes où il fut inhumé.

 

GUICHARD Jacques - Armée Secrète

Né le 20/03/1923. Embauché manoeuvre le 28/10/1943, il rejoint le maquis en Ardèche où il est né. Il est tué au combat à  20 ans le 29/07/43 à  Vanosc.

 

ISSARTEL Adolphe - Forces Françaises de l'Intérieur

 

LAFONT André - FTPF

Né le 27/06/23. Après les chantiers de jeunesse, il est embauché manoeuvre le 1/12/1943. Engagé dans les FTPF.

 

MOREL Louis - AL 12ème RA

 

MOURIER Johannes FTPF- AL 151ème Régiment d'Infanterie

Né le 10/02/24. Embauché manoeuvre le 17/06/44, il s'engage au maquis FTPF le 15 août 1944. Affecté au 302e bataillon le 25/08/44, part pour le Valdahon puis en renfort du 151ème RI. Il est tué en Allemagne aux opérations de franchissement du Rhin à  Meschtersheim. Il est inhumé au cimetière de Spire en Allemagne.

 

PICQ Maurice FTPF

Né le 4/04/24. Embauché manoeuvre le 2/11/43. Pseudonyme « LARDENT », membre des jeunesses communistes de la LOIRE, il est membre du détachement FTP de La Talaudière du 3 août 1943 au 4 mars 1944. Pourchassé par la milice, il part au maquis en Ardèche. Lieutenant et Commissaire aux effectifs du maquis SAMPEIX à  Lamastre, il est tué au combat à  un contre cent le 22 mai 1944 lors de l'attaque d'un train de matériel allemand au nord de Tournon. Il allait avoir 20 ans. Inhumé à  Lamastre sous son nom de guerre. A titre posthume, il a été nommé chevalier de la Légion d'Honneur avec attribution de la Croix de Guerre avec Palmes. Une montée d'escaliers porte son nom à  La Talaudière.

 

PRADON Etienne - FTPF

Né le 14/01/18. Affecté à  la MAS par le Commissariat général du Service du Travail Obligatoire comme dessinateur, il est embauché manoeuvre le 20/03/44. Absent de l'établissement à  partir du 7 juin 1944, il est tué au maquis à  Bellevue la Montagne.

 

REY Lucien - FTPF

 

SABOT Antoine - FTPF

Né 14/09/18. Embauché manoeuvre le 2/02/44. Envoyé travailler à  la MAT de Tulle le 17 avril, au cours d'une permission, du 19 au 25 mai pour lui permettre de se rendre à  Saint-Etienne, il s'engage au maquis et ne réapparaît pas. Il est tué au maquis le 7 juin 1944 au lieu-dit BLAYE près de Tulle où il a été enterré.

 

TALLARON Pierre - 1er Régiment de Tirailleurs Marocains

Né le 13/04/23. Embauché manoeuvre spécialisé le 17/0/43 il est rayé des contrôles le 7/02/44, affecté par le STO à  la SNCF, puis réembauché le 27/07/44. Parti aux FFI le 24/08/44, il est blessé grièvement le 22/04/45 et meurt le 3/05/45 à  l'hôpital militaire de Strasbourg où il fut inhumé.

 

VACHER Louis - 97ème RIA

 

BENTO Antoine - 151ème Régiment d'Infanterie

Son nom figure sur le monument aux morts de Côte Chaude à  Saint-Étienne sur la plaque FTP FFI avec sa date de décès, le 14/4/1945.

 

Les fusillés

 

BEAL Aimé - FTPF

Né le 3/04/25. Embauché manoeuvre le 13 septembre 1943. Il travaillait à  la boulangerie familiale rue Pointe Cadet et affecté à  la MAS par le STO.

 

GARCIA José - FTPF

Béal et Garcia faisaient partie du détachement 1335 de la MAS dont le rôle fut d'organiser le sabotage de la production, participer à  la reconstruction d'armes pour les combattants des maquis, participer à  des opérations extérieures tels le sabotage de voies ferrées. Avec eux, un jeune employé qui collabore avec les allemands les dénonce. Ils furent arrêtés avec la moitié des résistants du détachement commandés par FRIZON et NICOL. Détenus à  la prison de Dénouette ils furent tous torturés. BEAL et GARCIA sont pris en otage pour être fusillés à  la Bachasse sur la commune de Grand-Croix le 17 août 1944, quelques jours avant la Libération de Saint-Étienne. BEAL, jeune catholique, avait 19 ans, GARCIA, jeune communiste, 21. Le 2 octobre 1944 eurent lieu à  Saint-Étienne des funérailles grandioses. Une foule immense y participa. Aux deux cercueils de BEAL et GARCIA, était joint celui d'Elise GERVAIS, résistante assassinée par la Gestapo la veille de la libération de Saint-Étienne. Le dénonciateur des résistants de la MAS fut arrêté à  la libération, jugé par un tribunal militaire et exécuté.

 

 

 

BLANCHARD Victor - FTPF

Né le 24/04/07. Affecté spécial ajusteur ordinaire à  la MAS le 13/05/40, il est rappelé le 18/10/43, puis fait partie d'un détachement d'ouvriers de l'établissement envoyés à  la MAT de Tulle le 22 novembre 43.

La division DAS REICH qui remonte de Montauban pour rejoindre le front de l'atlantique, essuie sur son parcours de nombreux accrochages avec la résistance qui avait repris Tulle. Au petit matin du 9 juin 1944, cette division pénètre dans la ville et rafle 300 personnes qui sont conduites à  la MANU. Pris en otages, 100 sont triés pour être exécutés, pendus aux balcons des maisons voisines de l‘établissement. Victor BLANCHARD en fait partie, les autres seront déportés. Au lendemain de cette barbarie, le 10 juin c'est à  Oradour-sur-Glanr que sévit la même division avec la monstruosité connue de tous.

 

DOSJOUB Louis - FTPF

Né 15/02/13. Embauché manoeuvre le 8/02/44. 10 mois de front, 18 mois de captivité, il s'évade. De retour à  Saint-Etienne il est requis à  la mine puis affecté par le STO à  la MAS. Son refus de travailler pour les allemands lui vaut une sanction le 9 mai 1944 pour « perte de temps dans son travail ». Dénoncé, voyant arriver la gestapo, une course poursuite s'engage. Rattrapé il est exécuté dans un garage par la sinistre Freddy, qui opérait comme mouchard, homme de main, tueur pour la gestapo.

 

RAMIER Barthélemy - FTPF

Né en 1899. Embauché charretier le 6/07/17. Part à  la guerre le 12 avril 1918. Réembauché le 8/04/21 il est rappelé sous les drapeaux le 4/05/21. Demande sa réembauche en septembre 1931 et obtiendra sa titularisation le 15/11/37 alors qu'il est élu à  la municipalité de Saint-Etienne. Il ne savait ni lire ni écrire. Marié à  une institutrice, il s'éduque. Militant communiste, ses qualités exceptionnelles d'homme et de militant le conduisent à  devenir le secrétaire du syndicat CGT. Il joua un rôle essentiel dans la mise en oeuvre dans la Loire de l'unité antifasciste qui aboutit en 1935, à  l'élection de la municipalité de front populaire où il est élu premier adjoint au Maire Louis SOULIE. Mobilisé en 1939 il passe l'hiver sur les cols des Alpes, puis il se bat en Haute Marne lors de l'offensive allemande au printemps 1940, il est blessé. Fait prisonnier il s'évade d'Allemagne en décembre de la même année. Exclu de la MAS, déchu de ses mandats, comme tous les élus communistes, il est placé en résidence forcée en Haute-Loire. Il entre dans la résistance. Commandant des FTPF dans la région Languedoc. Il est arrêté le 5 juillet 1944 à  Alès par des miliciens et des Waffen SS. Emprisonné au fort Vauban, les allemands, après l'avoir torturé et tué le 12 juillet 1944 le jettent au fond d'un puits de mine à  Celas dans le Gard, avec d'autres martyrs de la résistance. Ses obsèques le 30 octobre 1944 réunirent une foule immense à  Saint-Etienne. Son nom figure sur une plaque du souvenir à  la Mairie et une Rue de la ville porte son nom. Elle relie la Grand Rue et la rue Désiré Claude entre la Place Anatole France et la FAC Tréfilerie.

 

ROCHEDIX Jean - FTPF

Né le 14/01/24. Embauché manoeuvre le 27/10. Fait partie d'un détachement d'ouvriers envoyés travailler à  la manufacture de Tulle. Il trouve la mort dans les mêmes conditions que Victor BLANCHARD le 9 juin 1944.

 

RODET Alfred - A.S.

Né le 26/09/1916. Embauché en début 44. Prisonnier de guerre en 39/40. Engagé dans l'AS, il est fusillé le 30 juillet 44 à  Dargoire dans la Loire.

 

VIAL Hyppolite - FTPF

Il était au maquis Wodli. Arrêté en 1943 il s'évade de la prison du Puy le 2 octobre de la même année et reprend sa place au combat. Au cours d'une mission à  Firminy, le 3 avril 1944 il tombe sous les balles de la milice. Son frère résistant sédentaire, arrêté par la milice, est abattu au lieu-dit la taillée près de Saint-Genest Lerp. Une place de Terrenoire porte le nom des frères VIAL. Le père mineur, embauché à  la Mas à  la libération élève les deux orphelines. Il fera partie des 31 emprisonnés de la MAS lors des grèves de 1948.

 

Morts en déportation

 

ABT Pierre - FTPF

Né le 13 mai 1904 Ajusteur embauché le 10/01/38. Licencié le 26/02/40 pour motifs politiques. Il est arrêté le 18/06/42 et détenu à Saint-Etienne, Lyon puis Compiègne. Départ en déportation le 21 mai 1944 pour Weimar, puis les camps de Bergsen Belsen et Neuengamme. Disparaît le 8 avril 1945 à  Celle en Allemagne.

 

BACOU Joseph - FTPF

Né le 24 janvier 1906 Liquoriste. Il est arrêté le 7 mai 1944 à  Firminy. Détention à Saint-Paul et Saint-Sulpice. Départ en déportation le 29 juin 1944 pour le camp de Dachau. Rapatrié en juin 1945, il signe une embauche d'ajusteur à  la MAS à  partir du premier octobre 1945 mais décède le 16 avril 1946.

 

BAROU Rémy - FTPF

Né le 23 décembre 1900. Polisseur embauché le 17/11/19. Il revient à  la MAS après son service militaire le 15/03/22, la quitte le 7/06/24 et se réembauche le 15/04/27. Licencié le 26/02/40 pour motifs politiques. Il avait été sanctionné à  deux reprises pour son implication « musclée » en janvier 1939 dans la grève des bras croisés et avait également été sanctionné pour sa participation à  la grève du 30 novembre 1938. Il est arrêté le 26 août 1940. Détention à Saint-Etienne Mons, Nexon, Saint-Paul, Saint-Sulpice. Départ en déportation le 30 juillet 1944 pour les camps de Buchenwald, Pià¶mitz. Il disparaît le 13 mai 1945.

 

GAUD Marcel - FTPF né le 4/01/08

Embauché manoeuvre pour le travail obligatoire pour être envoyé travailler à  la MAT de Tulle. Il fait partie des victimes du 9 juin 1944 mais fait partie des 200 qui ne seront pas pendus. Déporté le 2 juillet 1944 au départ de Compiègne pour Dachau. Il meurt pendant le voyage entre le 2 et le 5 juillet 1944.

 

LAGNIE Paul - AS

Né le 6 avril 1896. Il est arrêté le 14 octobre 1943. Détention à Saint-Etienne, Montluc. Départ en déportation le 21 22 mars 1944 pour le camp de Mathausen. Il disparaît le 29 janvier 1945 à  Ebensee en Autriche.

 

LAURENT Pierre - FTPF

Né 23 avril 1918. Embauché manoeuvre affecté par le STO le 2 mars 1944, il est arrêté au Chambon Feugerolles le 21 mars 1944 pour détention d'arme et falsification de certificat de travail pour des situations irrégulières. Détention, Saint-Etienne, Saint-Paul. Départ en déportation le 29 juin 1944 pour les camps de Dachau, Flà¶ssenberg. Il disparaît le 21 avril 1945 à  Leitmeritz en Tchécoslovaquie.

 

MOTTAZ Isidore - FTPF

Né le 18 janvier 1900. Embauché manoeuvre par affectation du STO le 28 janvier 1944. Arrêté le 24 mai 1944 par les autorités allemandes il est détenu à  Compiègne puis déporté au camp de Neuengamme où il décède le 15 juillet 1944.

 

POURRAT Henri - FTPF

Né le 7 mai 1925 1924 Ajusteur. Arrêté le 13 janvier 1944. Détention à Saint-Etienne, Saint Paul. Départ en déportation 29 mai 1944 pour les camps de Dachau et Neuengamme. Il disparaît le 16 mai 1945.

 

RIVOLLIER Philibert - FTPF

Né le 22 septembre 1886, embauché manoeuvre le 6/10/39, il est licencié pour motifs politiques le 11/04/40. Arrêté le 14 mai 1944. Détention à Saint-Etienne, Compiègne. Déportation le 15 juillet 1944 au camp de Neuengamme. Il disparaît le 11 mars 1945.

 

ROCHE Louis - FTPF

Né le 11 avril 1902 Rectifieur. Embauché à  la MAS le 1er septembre 1943. Arrêté par les allemands à  la MAS le 10 mai 1944. Détention à Saint-Etienne, Compiègne. Déportation le 4 juin1944 pour les camps de Neuengamme Falkense, Spaldingstrasse. Il disparaît le 8 décembre 1944 à  Hambourg.

 

SULPICE Pierre - FTPF

Né le 29 mai 1892 Métallurgiste. Arrêté le 9 juin 1944. Détention à Lyon et Compiègne. Déportation pour Dachau le 2 juillet 1944, Il décède pendant le voyage entre le 2 et 5 juillet 1944.

 

TAVERNIER Henri - FFC

Né le 19 juin 1914. Embauché expéditionnaire en décembre 1937. Arrêté avec son épouse par la gestapo le 6 juin 1943. Détention Saint-Etienne, Lyon et Fresnes. Déportation le 13 décembre 1943 pour Neue Bremm. Il décède à  Dachau le 12 février 1945.

 

TEYSSIER Jacques FTPF

Né le 17 mars 1896. Métallurgiste. Arrêté le 11 juin 1944. Détention Saint-Etienne, Lyon et Compiègne. Déportation 15 juillet 1944 pour le camp de Neuengamme.

 

VINSON Anthelme FTPF

Né le 4 février 1921. Embauché manoeuvre affecté par les STO le 6 avril 1944. Détention à  Compiègne. Déportation le 15 juillet 1944 pour Neuengamme. Il décède à  Bremen Farge le 16 avril 1945. Le comité de Commémoration constitué des syndicats CGT, CFDT, du PCF, et des associations d'anciens combattants a à  coeur d'organiser chaque année les commémorations du 8 mai 1945 et du 11 novembre au Monument aux morts de la MAS. Les commémorations se sont succédées avec les autorités militaires jusqu'à  la décision de Giscard d'Estaing de supprimer les commémorations du 8 mai. Celles-ci se poursuivirent à  l'appel du Comité. Un second accro eu lieu une année, la direction invoquant une indisponibilité changea la date de commémoration traditionnellement tenue le dernier jour ouvré avant le 8 mai. Cette année-là , il y en eu deux: celle de la direction et celle du Comité.