Monday, April 06, 2020
Fidèles à  la mission que nous nous sommes donnée, d'oeuvrer, modestement, à  la propagation sur la toile de la mémoire forézienne, nous vous proposons un article consacré à  Mgr Bataillon. Cela ne nous semble pas sans intérêt. Il y a peu, nous avons rencontré un homme de culture, originaire de Saint-Cyr-les-Vignes et qui, pourtant, ignorait jusqu'à  l'existence de Mgr Bataillon, natif de ce même village !

 

La Loire a donné naissance à  plusieurs missionnaires qui, partis sur des mers lointaines, y sont morts de mort violente. C'est le cas de Louis-Joseph Faure, originaire de Verrières en Forez, tué en Birmanie en 1947; Jean-Louis Meyrieux, de Sorbiers, qui trouva aussi la mort près de Rangoon en 1949; Jules-Anatole Martin, décapité par les Japonais, en Birmanie aussi, en 1945. Et plus loin dans le temps Etienne Rival, né à  Lorette, tué le 16 janvier 1884 au Viet-Nam en même temps que François Manissol, originaire de Saint-Romain d'Urfé. Le Stéphanois André Tamet les suivit dans la tombe trois mois plus tard, toujours au même endroit. Jean-François Georjon, né à  Marlhes en 1869, fut décapité en Mandchourie le 19 juillet 1900. Jean-Louis Bonnard, né à  Saint-Christo en Jarez, fut décapité le 1er mai 1852 au Tonkin occidental. Il avait 28 ans. Il fut déclaré "saint" avec plus d'une centaine d'autres martyrs du Viet-Nam en 1988 par Jean-Paul II. Jean-Baptise Epalle, enfin, trouva la mort sur l'Ile Isabelle le 16 décembre 1845. Il était originaire de Marlhes  et fut prêtre de  Valbenoîte à  Saint-Etienne. Il avait été sacré évêque un an avant sa mort.


Si elle se passe aussi en Océanie, l'histoire contée ici n'a pas eu de dénouement aussi tragique. Encore que, nous le verrons, il s'en est fallu de peu. Cet article a été publié dans une revue catholique il y a plus de vingt ans. Nous le devons à  M. René Fillon, décédé, et c'est avec l'aimable autorisation de Mme Fillon, son épouse, que nous le reproduisons presque intégralement.

Pierre Bataillon naît le 6 janvier 1810 à  Saint-Cyr-les-Vignes, petit village près de Montrond et Feurs (carte postale ancienne ci-dessous). Ses parents, cultivateurs, ne sont pas riches mais ils ont une foi solide et sont heureux de voir Pierre entrer au séminaire.

C'est tout d'abord le séminaire de l'Argentière qui le reçoit, puis le grand séminaire de lyon. En 1834, il est ordonné prêtre et envoyé comme vicaire à  Saint-Laurent-de-Chamousset. Le jeune vicaire a une grande dévotion envers la Sainte Vierge. Elle lui inspire d'entrer dans la Société de Marie que le père Colin (originaire de Saint-Bonnet-le-Troncy) vient de fonder. Or, l'Océanie occidentale a été confiée à  cette société par la Congrégation de la Propagande. Qui y sera envoyé ? Le père Colin choisit quatre prêtres: les pères Chanel, Bataillon, Servant et Bret et trois frères: Joseph-Xavier Luzy, Marie-Nizier Delorme et Michel Colombon. Ils partiront avec Mgr Pompallier, évêque de Maronée et vicaire apostolique de l'Océanie occidentale. Nous sommes en 1836.

Au début d'octobre, les missionnaires se retrouvent à  Fourvière autour de Mgr Pompallier. Le père Bataillon, pendant la messe que célèbre l'évêque, tient dans ses mains un coeur de vermeil, où sont écrits les noms des missionnaires qui partent. Après la messe, le père Chanel prend ce coeur et l'attache au cou de la Vierge. Les missionnaires doivent attendre le 24 décembre pour s'embarquer au Havre car les vents sont contraires. Ils arrivent à  Valparaison le 28 juin 1837. Ils n'en repartent que le 10 août à  bord d'un brick américain, 'L'Europa".  Courte escale aux îles Gambier et ils atteignent Tahiti gouvernée par la reine Pomaré sous l'inspiration du prédicant anglais Pritchard. Ils peuvent visiter l'île mais n'ont pas l'autorisation d'y enseigner.
 



L'intention de Mgr Pompallier est d'aller aux îles Sandwich. Mais il change d'idée. Il apprend que les archipels des Amis, de Fidji et de la Nouvelle-Zélande paraissent favorables à  une prédication de l'Evangile. Il loue une goélette au consul français et embarque. Arrivé en face de l'île d'Uvéa ou Wallis, il demande au roi Lavuela la permission d'y laisser deux de ses compagnons:
- "Pour faire quoi ?" demande le roi.
- "Pour apprendre votre langue", répond Mgr Pompallier.
- "Je vous le permets à  titre d'amis", dit le roi.

Le père Bataillon est désigné pour Wallis, ainsi que le frère Luzy. Le père Chanel s'établira à  Futuna avec le frère Delorme; Mr Pompallier  prendra la route de la Nouvelle-Zélande avec le père Servant. Le père Bret est mort pendant le voyage.
 
Ci-dessous: le père Bataillon

Cependant, les malles des deux missionnaires sont pillées. Ils songent à  s'en plaindre au roi mais un rassemblement hostile s'est formé. Haches et casses-têtes sont brandis. Le roi retirera-t-il sa permission ? Le kivalu (le Premier ministre) le pousse à  le faire: ces étrangers ne vont-ils pas détruire le culte des ancêtres ? Un jeune chef, Tunghala, persuade le roi de les garder; il les prend sous sa protection. Ce qui peut pousser le roi à  refuser, ce sont les luttes sanglantes que la présence de missionnaires protestants ont déclenchées dans l'île voisine de Vavao. L'île de Wallis compte en ce temps-là  2000 habitants. La polygamie y est pratiquée.

Le père Bataillon et le frère Luzy s'emploient à  apprendre la langue et s'abstiennent de toute manifestation publique de culte. Ils s'attachent par contre à  gagner l'amitié du roi. Cependant tous les sujets de Lavelua n'éprouvent pas les mêmes sentiments. Un des grands chefs pénètre, un jour, dans la case du roi où se trouvent les deux religieux et menace de les tuer. Le roi les sauve. Un autre jour, le père Bataillon est assommé à  coups de baton. Il demande alors à  se retirer pour un temps sur la petite île de Nukuatéa que gouverne le jeune chef Tungahala. Le père Bataillon y célèbre secrètement la messe à  trois reprises. Au début de l'année 1838, il revient dans la grande île où le roi le retrouve et le loge avec plaisir.

Les deux missionnaires préparent par la prière la conversion de l'île. Ils se gagnent l'amitié des chefs par des cadeaux. L'un de ceux qui font le plus plaisir au roi est celui d'une boîte d'allumettes. Un montre à  répétition excite sa curiosité. Les missionnaires, qui commencent à  comprendre et à  parler la langue du pays, se renseignent sur la religion. L'anthropophagie a été autrefois pratiquée; elle a disparu depuis deux générations. Les dieux sont capables d'affliger l'humanité par des fléaux; on les prie surtout pour les dissuader de le faire. Ce n'est pas parler en vain que de qualifier la Vérité de libératrice. Le père Bataillon introduit quelques principes d'hygiènes qui donnent des résultats et lui confèrent la réputation d'un grand médecin. On lui amène des malades et des mourants. Il peut en istruire et en baptiser quelques-uns; ainsi s'inaugure son ministère.

En avril 1838, il reçoit la visite du père Chanel. Ensemble, ils s'encouragent et rendent visite au chef Tungahala auquel ils remettent quelques cadeaux:
- "Pourquoi, leur demande celui-ci, avez-vous quitté votre pays ?"
- "Parce que, répond le père Bataillon, nous aimons les peuples d'Océanie et nous voulons leur procurer le trésor de la vie éternelle." Et il instruit le jeune chef des grandes vérités de la foi: il n'y a qu'un seul Dieu qui a créé le monde et qui l'a racheté.
- "Votre religion m'attire, dit Tungahala; gagnez le roi et toute l'île est à  vous."

Un jour, le roi entre dans la case du missionnaire alors qu'il y célèbre la messe. Intrigué le roi y assiste; y revient. Un premier enfant et un adulte sont baptisés. C'est l'occasion de parler de Dieu. Tungahala demande d'entendre des chants chrétiens. Les missionnaires chantent des hymnes latines et des cantiques français.


Le père Bataillon entreprend alors de visiter tous les villages de l'île. Le jour de l'Ascension, en 1838, dans sa case transformée en chapelle, il invite le roi et les principaux chefs à  une messe célébrée avec toute la solennité possible. "Je crois que la religion des blancs est la véritable", dit le roi a Tungahala en sortant. Le père Bataillon a entendu et supplie le roi de céder à  la grâce: "Plus tard, je verrai", répond le roi. Il hésite sans doute par peur de ses sujets. Le missionnaire n'en est pas découragé; mais il se rend compte que la conversion de l'île sera difficile.

C'est à  la suite d'une grande tempête, qui a fait de grands ravages, que Tungahala et les habitants de la petite île de Nukuatéa demandent au religieux de leur apprendre à  pratiquer la nouvelle religion. Le missionnaire se rend dans l'île le 3 février 1839. On l'écoute avec enthousiasme. Le jour ne suffit pas; il passe une partie de ses nuits à  instruire ses catéchumènes. mais, à  Wallis, le roi se montre irrité de ce que les missionnaires l'ont quitté. Des chefs le poussent à  les expulser sous prétexte qu'ils apportent le trouble. Un jour, en pleine assemblée des chefs, le roi ordonne aux missionnaires de prendre une pirogue et de s'en aller. Le père Bataillon trouve une embarcation et, le lendemain, se présente devant le roi: "Tu m'as retiré ton amitié; je vais dans une autre île trouver un roi qui me donnera ce que tu me refuses." Le roi cependant le retient; il reste, à  la condition qu'on ne l'empêchera pas de parler de son Dieu.

Mais alors commence une série de menaces et de persécutions. On leur refuse de la nourriture et c'est une enfant, Amélie, petit-fille du roi, qui en cachette leur fait passer des aliments. Pendant une épidémie, le religieux se dévoue; les néophytes se font inscrire en nombre. Les paiens s'irritent. Pendant un voyage à  Futuna, le roi, excité par un vieux chef, se rend à  Nukuatéa, suivi d'une foule armée de pierres et de bâtons; il fappe un jeune chef catéchumène, en menace un autre. Le père Bataillon revient à  Wallis où il apaise momentanément le roi qui persiste à  vouloir empêcher l'exercice de la religion catholique. Alors, le jeune chef Tungahala et ses amis lui font part de leur intention de retirer à  Futuna auprès du père Chanel.



La maison natale de Pierre Bataillon est située  le long de la route de Valeille, assez loin du bourg. Mgr Bataillon appartenait à  une famille de six enfants. Hormis une soeur religieuse, tous ont fait souche. Le nom est d'ailleurs assez répandu dans la Loire et alentours. On a pu lire que Mgr Bataillon, revenu au cours de ses étapes européennes et accueilli par une foule innombrable, avait amené avec lui les trois jeunes indigènes évoqués plus loin, qui se baignèrent dans la Toranche toute proche.
 
Le roi est conscient du tort que lui causerait ce départ: "Reste, dit-il, et suis ta religion dans ton île, je te le permets ". Tungahala, pour prouver au roi sa volonté de ne plus partir, lui donne son jeune fils en otage. La scène se passe le 11 février 1840. La persécution, cependant, allait reprendre à  l'instigation d'un autre chef nommé Toagutu et d'un autre surnommé le Grand Guerrier, en raison de sa force. A Wallis, on frappe les catéchumènes, on brûle leurs cases. Les uns résistent aux mauvais traitements, les autres succombent, d'autres enfin se réfugient à  Nukuatéa auprès de Tungahala. Le roi en personne vient auprès de celui-ci pour l'engager à  renoncer à  la religion nouvelle mais Tungahala se montre inflexible. Sur ces entrefaites, le roi apprend que l'un des membres les plus influents de la famille s'est converti et s'est rendu avec tous les siens auprès de Tungahala. La nouvelle le décide à  laisser à  ses sujets le libre exercice de la religion catholique. Il exige seulement que les missionnaires viennent vivre auprès de lui, à  Falaleu, où il réside. C'est là  que le père Bataillon, le frère Luzy et les catéchumène élèvent la première église de Wallis: une grande cabane en bois et en feuillage, construite en 15 jours, bientôt trop petite pour contenir la foule des insulaires qui demandent à  s'instruire.

Mais voici que la guerre éclate entre Tungahala et le Grand Guerrier soutenu par le frère du roi, Pooi. L'île est coupée en deux. Tungahala , à  la tête de ses troupes, veut attaquer. "Les Chrétiens se défendent, lui dit le père Bataillon, ils n'attaquent pas." Il lui remet une bannière blanche sur laquelle figure une image de la Vierge et lui demande d'avoir confiance. Les soldats se mettent à  réciter le rosaire tandis que le missionnaire s'avance, seul, devant l'ennemi, prononçant la parole à  haute-voix la parole du prophète: "Exsurgat Deus et dissipentur inimici ejus" ("que Dieu se lève et que ses ennemis soient dissipés ! "). Les troupes du Grand Guerrier, qui, alors, se mettaient en mouvement sont frappées de stupeur, elles s'arrêtent immobiles. Il leur est impossible d'attaquer pendant trois jours: "Notre ventre, dirent-elles, tomba par terre." Suivi de la bannière et d'une partie des Chrétiens, le père Bataillon fait le tour de l'île, allant de village en village. L'accueil est empressé.

Mais il ne peut suffire à  instruire les insulaires. Il demande des auxiliaires au père Chanel qui lui envoie le père Chevron et le père Attale. Et voici que deux navires abordent à  Wallis: la corvette française "l'Allier", commandée par le lieutenant du Bourzet et la goélette "Sancta Maria", qui amenait Mgr Pompallier. Les visites du commandant et de l'évêque décident le roi à  suivre les exercices des catéchumènes. Faible roi, qui tourne à  tous les vents ! Le 2 février 1842, 260 Wallisiens sont baptisés; le lendemain, 312 le sont encore. Et jusqu'au mois de mai, il n'est pas de semaine qui voit de semblables cérémonies. Le père Bataillon peut écrire au père Colin: "J'ai la consolation de vous annoncer que l'Eglise possède un nouveau peuple de Chrétiens." Dans sa lettre, le missionnaire révèle son secret: la dévotion à  Marie, la récitation du chapelet.

Le 4 novembre 1842, profitant des dispositions du roi, le père Bataillon lui fait signer un traité qui plaçait les îles Wallis sous la protection de la France, ceci à  l'occasion de la visite du capitaine Mallet, commandant "L'Embuscade". Cette même année, la congrégation de la Propagande divise le vaste vicariat de l'Océanie occidentale. Mgr Pompallier garde le titre de vicaire apostolique. Le père Bataillon, nommé évêque d'Enos, devient vicaire apostolique de l'Océanie centrale. Un jeune missionnaire, Mgr Douarre, sacré par le cardinal de Bonald, lui est accordé comme coadjuteur.

Peu de temps après, "l'Adolphe" (capitaine Morvan) débarque à  Wallis un cheval, cadeau du roi Louis-Philippe au roi Lavelua. Il débarque aussi trois cloches. Mgr Bataillon fonde une imprimerie, des écoles dirigés par les Oblates de Marie et par des laà¯ques. Il entreprend ou favorise la construction du collège et de l'église de Lano, l'église Saint-Pierre et saint-Paul à  Vaitupu, l'église Notre-Dame à  Matautu et l'église Saint-Joseph à  Mua. De grandes missions sont prêchées.

Et voici que le vicaire apostolique entreprend la visite des autres îles. Il se rend à  Futuna qui, après le martyre du père Chanel, n'a pas tardé à  se convertir, dans l'archipel des Tonga où il laisse le père Calinon et le frère Reynaud, aux îles Fidji dont chargés les pères Roulleau et Bréhéret. Cependant, les Protestants se jurent d'extirper le catholicisme de Wallis; ils encouragent le frère du roi, Pooi, réfugié à   Vavao, à  mener la lutte. La guerre éclate. Il y a des morts. L'évêque est désolé. L'arrivée de "l'Arche d'Alliance" en 1846 (c'est un navire, ndlr) met fin aux hostilités. Deux autres prêtres sont envoyés aux îles Samoa. Le père Verne part pour l'île de Rotuma. La santé de Mgr Bataillon, qui est pourtant solidement bâti, ne résiste pas aux fatigues. Il lui arrive des accidents, une chute à  la mer, une blessure au genou, une maladie, le "tona", couvre son corps de tumeurs; l'éléphantasias lui interdit de marcher pendant quelques mois.
 
Cartographie: wikimedia


En 1856, des difficultés administratives l'obligent à  rentrer en Europe. Avec lui, il emmène trois jeunes indigènes: Motesito, Soakimi et Rafaele. Leur présence en France et à  Rome produisent une grande impression. A Rome, Pie IX accueille le missionnaire: "Voilà  donc, dit-il, Mgr Bataillon qui a tant bataillé ! Et bien, mon cher fils, il faudra mourir sur le champ de bataille." Il reprend la route de Wallis où il arrive au milieu de l'année1858. Le roi est mort. C'est sa soeur, dévouée au Christianisme, qui lui succède. La générosité de la comtesse de la Granville permet à  l'évêque d'acheter un bateau auquel il donne le nom de "Caroline" en souvenir de sa bienfaitrice. En 1869, Amélie, la petite fille du roi qui avait secouru le prêtre en lui apportant de la nourriture, monte sur le trône. En 1870, quand le Pape est dépouillé de ses états, elle lui écrira pour l'inviter à  se fixer... à  Wallis ! Un dernier désordre est fomenté par les Protestants et un fils de Pooi. Un combat a lieu. Le chef des révolté est atteint d'une balle au front. La paix règne ensuite dans l'île. En 1872, Mgr Bataillon se rend une dernière fois en France et à  Rome. On veut le retenir, il refuse et reprend la mer.

Au début de l'année 1877, il entreprend la construction d'une nouvelle église pour le collège de Lano. Le 18 mars, il se sent indisposé. Le 27, il reçoit les derniers sacrements. Pour ne pas troubler son repos, le travail a cessé: "Est-ce qu'on ne travaille plus à  l'église ?" demande Mgr Bataillon. On lui dit pourquoi le travail s'est arrêté: "Non, non, je veux mourir en entendant le bruit du marteau, il me fait du bien. Travaillez, mes enfants ! C'est pour le Bon Dieu."

Il meurt le 11 avril 1877. Il a 67 ans. Il est missionnaire depuis 41 ans, évêque depuis 34 ans. Selon son désir, il est enseveli dans l'église Saint-Joseph de Mua. La reine Amélie a orné son cercueil de nattes fines. Un grand Forézien s'est éteint.

Notes de la rédaction:

Le père Chanel, assassiné le 28 avril 1841, a été canonisé en 1954 et est devenu le saint patron de l'Océanie catholique. Ses restes, rapportés de métropole en 1977, reposent à  Futuna.

On trouve indiqué sur le site internet du vice-rectorat de Wallis et Futuna que le traité de protectorat fut en fait ratifié par le décret du 5 avril 1887, dix ans après la mort du Forézien. On y lit ceci à  propos de Mgr Bataillon : "Son influence et son autorité sont telles qu’il transforme Wallis en théocratie. En témoigne le code de la reine Amélia, fidèle parmi ses fidèles, prévoyant des amendes pour ceux qui manquent la messe. Mais ce code imposait aussi le respect d'une morale humaniste (amendes contre le vol, la corruption, la prostitution, les mauvais traitements aux animaux et aux épouses...)."

L'ouvrage de Yannick Essertel "L'Aventure missionnaire lyonnaise" nous rappelle qu'un autre Ligérien fut vicaire apostolique de Wallis et Futuna. Il s'agit d'Alexandre Poncet, né à  Saint-Chamond le 12 décembre 1884. Il fit notamment ses études à  l'Institut Sainte-Marie de Saint-Chamond. Après un séjour en Angleterre, il arriva à  Wallis en 1925 en qualité de prêtre de Matautu. Il fut nommé évêque de Batinopolis et vicaire apostolique de Wallis et Futuna dix ans plus tard. Il installa le siège épiscopale à  Lano. Il a démissionné de sa charge... en 1962.

Le frère Marie-Nizier (Delorme), évoqué en début d'article, a fait son noviciat à  Notre-Dame de l'Hermitage au temps du Père Champagnat. Jean-Claude Colin est passé par les séminaires de Saint-Jodard et Verrières.

Yannick Essertel évoque aussi d'autres Ligériens, dont il fait des Lyonnais au sens diocésain de l'époque, qui ont joué un rôle dans l'histoire de l'Océanie. Ainsi Frère Henry Verny, originaire de Bussy Albieux, débarqué en 1906 à  Moso Island (Nouvelles-Hébrides) et surtout Suzanne Aubert, de Saint-Symphorien de Laye (née en 1835) Soeur Marie-Joseph en religion qui oeuvra en faveur des Maoris de Nouvelle-Zélande.