Sunday, November 19, 2017
En juin 1915, une association appelée L'appui Alsacien-Lorrain est fondée à  Saint-Etienne pour venir en aide aux Alsaciens et Lorrains. Pendant la guerre, notre région a en effet accueilli un grand nombre d'Alsaciens et Lorrains, qu'il s'agisse de prisonniers ou de réfugiés. Le Forez fut une "terre d'élection pour les nôtres", écrivait dans la presse, longtemps après la fin des hostilités, un des ses fondateurs, M. Schuehmacher.


A Saint-Rambert-sur-Loire se trouvait un camp de prisonniers, ouvert dès 1914 par un officier strasbourgeois: le capitaine Schnéegans. Une annexe fut établie à  Monistrol sous le commandement du lieutenant Fonlupt. Certains de ces prisonniers reprirent du service cette fois sous l'uniforme français. Ainsi en juin 1915, un détachement de 70 prisonniers quitte le dépôt de Saint-Rambert après avoir contracté un engagement volontaire dans l'armée française pour la durée de la guerre.

L'Appui Alsacien-Lorrain s'occupe tout particulièrement de ceux qui "se sont engagés dans l'armée française et combattent (...) pour la libération intégrale du territoire".

A. Haubtmann, président en 1918: " Les Alsaciens et Lorrains engagés dans l'armée française sont très nombreux. Certains ont pu s'enrôler dès le début de la guerre. D'autres, pris de force pour le service allemand, se sont rendus à  la première occasion, souvent en exposant leur vie et, non contents de ne pas combattre la France, ont tenu à  reprendre du service sous le drapeau tricolore. Beaucoup sont sans appui, sans nouvelles de la famille qu'ils ont laissée au pays et qui, lorsque leur engagement au service de la France vient à  être connu ou simplement soupçonné, est exposée à  subir de la part des autorités allemandes les pires traitements. Tous risquent s'ils sont fait prisonniers et reconnus d'être fusillés comme déserteurs."

A plusieurs reprises, des appels seront lancés dans la presse pour inviter la population à  ne pas traiter les prisonniers alsaciens et polonais de "boches".


Annonce de la grande fête de la délivrance, à  Saint-Etienne le 17 novembre 1918. L'Appui Alsacien-Lorrain ferma ses portes en 1919.

L'Appui fut fondé par M. Friedel, directeur de l'Ecole des Mines, originaire de Mulhouse (président), M. Lallemand, préfet de la Loire originaire de Strasbourg (président d'honneur), MM. Wolff, Weiss, Duloisy et Schuehmacher (vice-présidents) et quelques autres. Depuis les années 1870, de nombreux Alsaciens vivaient en terre stéphanoise. Parmi les plus célèbres citons les Weiss (la chocolaterie) et les Mosser (brasserie). La brasserie emploiera d'ailleurs de la main d'oeuvre  alsacienne. Dans une lettre conservée aux A.D., l'administrateur délégué de l'entreprise demande au préfet de faire en sorte que son équipe alsacienne, composée de 17 ouvriers, ne lui soit pas enlevée en partie comme une année précédente pour aller travailler aux champs. D'autres travaillèrent dans des usines de l'Ondaine, chez Verdié et Holtzer.

Au n°11 de la place Boivin, l'association ouvre un refuge appelé "Hôtel de la Cigogne", mis à  disposition par la municipalité et comportant 30 lits destinés à  l'hébergement des réfugiés ou des soldats en permission. Multipliant les appels aux dons, elle apporte aussi un soutien financier, alimentaire, scolaire (fournitures) et vestimentaire aux colonies d'enfants de Montbrison, Bouthéon, Montverdun, Saint-Didier-sous-Rochefort et du collège Saint-Michel. Plusieurs centaines d'enfants de la région de Thann furent hébergés dans le Forez pendant le conflit. Elle organise entre autres, chaque année, une Fête patriotique de l'Arbre de Noël à  la Bourse du Travail.