Thursday, July 02, 2020

Pierre Chapelon est l'auteur de Saint-Etienne pittoresque, publié en 1924, illustré de 800 dessins au fusain. Trois grandes parties composent son livre: Histoire, Vieilles moeurs et coutumes, et La ville et ses industries. Ses deux premiers chapitres, intitulés "Salut au furan gaulois" et " Légendes précédant l'histoire" sont illustrés d'une vingtaine de dessins, inspirés pour nombre d'entre eux par La Légende des Gagats d'Auguste Callet. Ils ont trait aux Métallurges. Les autres dessins, que nous ne reproduisons pas, illustrent des épisodes tout aussi douteux: la foudre détruisant un temple de Jupiter, les Goths envahissant Furania, le roi Dagobert venant se faire forger une épée, l'invasion des sarrasins, etc.

 

" A ton murmure le poète accordera sa lyre, tu lui donneras l'inspiration; à  ta sortie du Gouffre, le forgeur d'épée te norcira comme le Styx, tu tremperas sa lame et la rendras invincible..." Pierre Chapelon

 

Quelques mots sur Auguste Callet

 

Charles Callet dans son ouvrage Un oublié du XIXe siècle, Auguste Callet : histoire littéraire : notes et souvenirs (1909) nous apprend que Pierre-Auguste Callet est né à  Saint-Etienne le 27 octobre 1812.

 " (...) il fut reçu à  douze ans élève boursier du collège communal de la ville, et ses progrès furent si rapides que ses maîtres, après examen, le firent sauter de cinquième en troisième et de troisième en rhétorique. Souvent, pendant les cours, il traduisait en vers un chant de l'Iliade, et son professeur, M. Courrier parla de ses exploits d'écolier à  son illustre ami, M. Et. Vacherot. Il quitta le collège alors qu'il faisait ses humanités et, après avoir fréquenté quelque temps le petit séminaire de Verrières, sur les confins de l'Auvergne, il fut admis à  l'Ecole des mineurs, mais il rêvait de littérature et voulait assurer une vieillesse tranquille à  son père et à  sa mère souffrants et pauvres. Il quitta Saint-Etienne et vint à  Paris, il avait alors dix-huit ans."

 

Il côtoya Victor Hugo puis intégra le journal La Gazette de France. Il côtoya surtout son "pays" Javelin Pagnon, et le sculpteur Montagny (lire aussi). En 1848, il rédigeait L'Avenir Républicain, futur Mémorial de la Loire, quand il fut élu, le 23 avril, représentant de la Loire à  l'Assemblée constituante. Il fut réélu en 1849. Le dictionnaire des parlementaires français de 1789 à  1889 (A.Robert et G.Cougny) indique qu'au coup d'état de Louis-Napoléon Bonaparte, le 2 décembre 1851, M. Callet se trouvait parmi les députés protestataires. " Il s'exila volontairement en Belgique, et n'y resta d'ailleurs que jusqu'en 1853 : à  cette époque il fut poursuivi et condamné pour avoir distribué des brochures dont il était l'auteur, et qui étaient dirigées contre le gouvernement. Ces brochures avaient pour titres : la Veille du sacre (1853), la Magistrature impériale, etc." C'est en février 1855 plus précisément, d'après Charles Callet, qu'il fut arrêté en France, après avoir été expulsé de Belgique et avoir séjourné en Hollande puis en Angleterre. Il fut condamné à  un an d'emprisonnement pour avoir écrit les trois brochures et surtout, ce qu'il réfuta, les avoir fait colporter et distribuer. Des députés de la Loire et du Puy-de-Dôme, Bouchetal-Laroche et de Chazelles, plaidèrent sa cause en vain. Il travailla un temps à  La Revue des deux Mondes et signa divers ouvrages. De retour à  Saint-Etienne, il y fonda, non sans peine, un journal républicain, Le Défenseur, qui s'attira les foudres du préfet Bertholon. Il fut élu député une troisième fois, de 1871 à  1876. Retiré à  Châtenay, près de Sceaux, il s'y éteignit le 3 janvier 1883.

 


Auguste Callet compose sa Légende des Gagats. Le dessin rappelle un peu Le rêve de Dickens, célèbre tableau de Robert William Buss

 

La légende des Gagats

 

L'ouvrage qui nous intéresse, La légende des Gagats, essai sur les origines de la ville de Saint-Etienne en Forez, parut en 1866. Il a été réédité en 1988 par les Editions de la Tour. Voici ce qu'en écrivait Charles Callet: " Cette étude est très importante à  raison des faits curieux, imprévus, instructifs qu'elle met en lumière. Avec quelques mots, A. Callet a déterré et fait revivre un bourg gaulois plus enfoui, plus oublié qu'Herculanum et Pompéi. Il a exposé son organisation, ressuscité ses dieux, des dieux gaulois inconnus dont il donne l'histoire liée dans tout le monde ancien à  l'histoire même de l'industrie minérale et métallurgique. Quelques-unes de ses hypothèses, de ses visions, ont été jugées, depuis, singulièrement hardies, téméraires peut-être, le livre cependant conservera toujours des dévots : seul, au XIX' siècle, Paul-Louis Courier sut écrire avec une comparable maîtrise. A. Callet avait étudié le Gallois, l'Irlandais, le Gaélique, le Bas-Breton et il s'occupa longtemps de rechercher ce qu'il peut rester d'éléments celtiques dans la langue française. Cette étude le charmait et nul doute que parmi ses réflexions, remarques ne gisent des trouvailles précieuses. Il prépara, mais ne put achever une « Etude critique des Commentaires de César sur la guerre des Gaules », il avait entassé sur les questions que soulève ce travail plus de cinq mille notes. Hélas ! que de trésors perdus !"

 

L'allusion à  Pompéi emprunte à  l'auteur de La Légende lui-même, qui écrit dans son introduction, qu'il croit "avoir déterré à  saint-Etienne et fait revivre une espèce de petite Pompéi gauloise". "Il se peut, poursuit-il, que je me fasse, sur ce point important, une complète illusion; mais, qui sait ? j'ai peut-être, en mes fouilles, découvert véritablement deux ou trois divinités gauloises jusqu'à  présent inconnues, déterminé la nature du culte qu'on leur rendait, entrevu quelque chose de l'organisation industrielle de la Gaule avant les Romains, démêlé enfin et dégagé, sous la dure et épaisse couche latine, qui, en France, a tout recouvert, quelques linéaments nouveaux de notre antique civilisation indigène." S'il parle, assez habilement, de "fouilles", Auguste Callet n'a pas creusé la terre mais cherché dans l'étymologie des noms de lieux la trace d'une présence celte. " Nous ne manquons pas, autant qu'on le croit, de monuments. N'avons nous pas nos bois, nos ruisseaux, nos montagnes ? Ce sont là , en vérité, des monuments anciens, plus anciens que les pyramides d'Egypte, et peut-être, si on les interroge, aussi éloquents. Ces choses, en effet, on des noms, et qu'est-ce qu'un nom ? C'est une inscription."

 

Ce sont ces "frêles indices", écrit-il, qui l'ont guidé "en ces délicates recherches" : "(...) mais de même qu'on peut, avec des fils de soie, faire une chaîne qui porte sans se rompre de lourds fardeaux; de même, ce me semble, on peut en multipliant, rapprochant et nouant de fugitifs indices, ourdir un tissu de probabilités assez solide pour suppléer parfois avec bonheur aux preuves défaillantes. " Lesquelles recherches tenteraient de reconnaître "si le bourg des Gagats est, en effet, comme le veut la légende, un antique atelier de forgerons gaulois". C'est qu'il existait, à  son époque, "en place d'histoire", "une tradition toujours populaire et toujours vivante" relative à  l'existence de ces Gaulois. "C'est là  un commencement de preuve...", écrit Callet, qui cite brièvement un Georges du Clapier, "l'Hérodote des Gagats" dont le livre "est malheureusement perdu".

 


" Ces gens robustes, nerveux, forgeaient l'épée, la lance et l'éperon, et devaient fournir une postérité livrée, pour toujours, à  la fabrication des armes de guerre." Chapelon

 

Dix ans avant l'édition de l'ouvrage de Callet, Théodore Ogier s'en faisait l'écho dans le chapitre stéphanois de La France par cantons et par communes - département de la Loire: " Nous avons déjà  dit que plusieurs opinions ont été émises sur l'origine de cette ville ; les uns, et ce sont surtout les anciens auteurs, veulent la faire remonter au moins à  l'époque de la conquête romaine; d'autres, au contraire, prétendent que Saint-Étienne n'a commencé à  être habité que vers le Xe siècle. Le seul écrivain qui se soit spécialement occupé de l'histoire primitive de Saint-Étienne, est l'abbé Soleysel, qui fit, en 1691, un mémoire sur cette ville; il en avait puisé les matériaux dans Georges-du-Clapier. Celui-ci avait écrit dès 1420, sur Furania, une notice brève et chronologique qu'il avait lui-même traduite en grande partie d'un manuscrit latin qui, malheureusement, n'est pas parvenu, jusqu'à  nous. Tous ceux qui, depuis cette époque, ont voulu faire remonter aux temps anciens l'origine de Saint-Etienne, se sont appuyés sur Soleysel."

 

Et Ogier de résumer l'origine de la cité, telle qu'elle fut racontée par certains : " Longtemps avant l'arrivée des Romains dans les Gaules, il existait, sur les bords du Furan, une peuplade gauloise qui ne vivait que du produit de ses terres et de ses troupeaux, mais qui était exposée aux continuelles attaques de brigands qui avaient leur retraite dans les montagnes couvertes de forêts, appelées depuis le Bois-Noir et le Grand-Bois. Les Gaulois étaient simples , laborieux , hospitaliers et scrupuleux observateurs du culte druidique. A l'entrée de César dans les Gaules, 66 ans avant l'ère chrétienne , les Romains s'établirent sur l'emplacement où Saint-Etienne est assis aujourd'hui. Ils firent construire un château sur la colline , appelée depuis le Mont d'Or, et donnèrent à  ce lieu te nom de Forum, d'où est dérivé Furan. Labienus y fit cantonner une légion de vétérans pour protéger les habitants ; il fit aussi construire une forteresse à  Rochetaillée."

 

Des Romains, on passe aux Goths et aux Sarrasins: " (...) on trouve le séjour des Gots, successeurs des Romains, qui établirent des moulins à  vent sur la colline de Sainte-Barbe, et laissèrent leur nom attaché à  un quartier de la ville ; l'édification de l'église , sous le vocable de saint Laurent, par les rois Childebert et Clotaire, sa construction par des architectes gots, son parachèvement sous le roi Dagobert ; l'invasion des Sarrazins , qui démolirent le bourg de Furan , ruinèrent le vieux château romain, et firent une caserne de l'église et d'un couvent de Bénédictins." Et l'auteur de souligner qu'il "serait à  désirer qu'on pût trouver quelques monuments pour constater l'exactitude de ces faits" avant de proposer à  la lecture une petite dissertation communiquée par un "homme des plus consciencieux" dont il ne livre pas le nom. Ne s'agit-il pas justement d'Auguste Callet, à  l'époque emprisonné ? Cet anonyme écrit: " On ne s'attend pas, sans doute, à  trouver des vestiges de monuments imposants ou les débris d'une civilisation de luxe, sur le sol qui porta les chétives demeures d'une centaine dé forgerons ; mais quand on voit le charbon de terre se présenter de lui-même en nombreux affleurements à  la surface du sol, et inviter l'homme à  se baisser pour le recueillir, il faut nécessairement reconnaître qu'un pareil avantage a dû promptement attirer et fixer des forges et des ouvriers en fer..."

 

Et plus loin, l'allusion au mot "Gagates" qui devait inaugurer sa Légende et son goût pour l'étymologie qui devait appuyer toute sa démonstration: " Ce qui tranche d'ailleurs la question , c'est le nom même des Stéphanois. Il faut bien reconnaître une personne à  son nom; et si les habitants de Saint-Etienne sont encore, dans le langage populaire, appelés Gagas, dans les environs, c'est parce que les habitants de Furania étaient, sous les Romains, appelés Gagates (1) ; c'est-à -dire habitants d'un pays de houille , ou charbon de terre. De pareilles étymologies sont, nous le croyons du moins, des preuves irrécusables de l'origine des cités, comme des races, et il n'existe peut-êtrepas en France une seule localité qui ait conservé aussi pur et aussi intact son nom primitif.

 

(1) Gagates, en grec, en latin et en allemand, signifie jais, agathe, pierre précieuse ou bitume, fossile très noir et solide."

 

Ogier, dubitatif, notait: " Les preuves sur lesquelles s'appuie cet auteur, ne nous paraissent pas , nous devons l'avouer , suffisantes pour que nous partagions son opinion. En histoire il faut autre chose que des présomptions, et te témoignage d'un seul historien, postérieur encore de beaucoup aux événements, ne peut suffire; il faut pour la confirmation des chroniques, que des témoins muets viennent les attester; et, jusqu'à  ce jour, rien n'a été découvert qui puisse faire admettre comme vraie et fondée l'opinion que nous avons fait connaître." Comme Jacqueline Bayon, 140 ans plus tard, en introduction de l'ouvrage Genèse d'une ville, lequel néanmoins reproduit la couverture de La Légende et montre le buste de son auteur, réalisé par Etienne Montagny en 1874 : " Saint-Etienne se présente aux portes de l'histoire au XIIIe siècle et n'y entre vraiment qu'au XVIe, en écrivant alors les préludes de son aventure. Auparavant, des fantasmes tenant lieu de mythologie fondatrice entraînent l'historien sur les traces hypothétiques des "Gaulois, simples, laborieux et hospitaliers" de Furania, sur celle de la légion d'un lieutenant de César qui serait passé par le Forez..., sans oublier l'envahisseur burgonde en 420 (un siècle avant sa domination sur la région !). Au passage, n'oublions ni les sarrasins du VIIIe siècle ni une bien aléatoire fondation d'église au VIe siècle. Si des trouvailles archéologiques semblent indiquer une installation antérieure à  l'époque gallo-romaine, elles sont suffisamment ténues pour inciter à  la prudence."

 


 


" Sant-Tiève alors se nommait Furan; son peuple, les Gagats"

 

 

Que nous raconte Callet ? Brièvement, que "Gagat" est moins le surnom des habitants de Saint-Etienne que "le nom héréditaire d'une peuplade" gauloise qui a pris, à  la longue, dans le patois de Saint-Etienne, un second sens, un sens moral. " (...) moralement, le Gagat, c'est l'homme même, écrit-il. Rien d'injurieux ne se mêle à  cette expression, rien de bas. Elle peint en quelque sorte l'idéal humain, tel qu'on a pu, lentement et successivement, le concevoir au sein de cette petite société, longtemps isolée et comme séparée du reste du monde." L'hypothèse laissait froid Galley qui, en 1903, écrivait: " Je n'ai pas l'intention de démolir l'hypothèse du mot « gaga » employé comme un vieux nom ethnique : je ne vois pas sur quoi elle porte. Auguste Callet, qui la présente comme certitude, attribue à  ce mot un sens fort approprié dans les idiomes celtiques..." D'après Callet, nos ancêtres gagats étaient des forgerons, de ces métallurges formant "une espèce d'association religieuse et fraternelle, étroitement liée au druidisme, gouvernée par lui, mystérieuse comme lui, et honorant, sous des noms celtiques, outre les dieux indigènes, une partie des anciennes divinités des sanctuaires de Phrygie et de Samothrace". Callet parle de chefs d'atelier qui étaient prêtres et d'ouvriers, frères, initiés du premier degré, capables de s'élever, d'épreuve en épreuve, à  des degrés supérieurs... L'auteur puise abondamment dans la nomenclature topographique de la région stéphanoise de nombreux noms qu'il prétend "rebelles à  toute interprétation latine". Plus d'une centaine écrit-il, au rang desquels: Marlhes, Dargoire, Ozon, Gier, Pilat, Cotatey, Guizey, Furan, Langonan, Janon, Firminy, Jonzieu, etc.

 

"Où trouver la clef de cette nomenclature si ancienne, si vivace, et depuis tant de siècle si inintelligible ?" demande-t-il. Réponse: en Irlande, en Ecosse, en Bretagne, dans tous les dialectes celtiques encore vivants. Les Gagats, explique Callet, avaient établi leur village entre la rue Saint-Jacques et le Pré de la Foire (place du Peuple), au coeur d'une forêt immense, un bois noir, sacré, qui couvrait tout l'ancien Pagus Jarensis et dont le bois d'Avaize constitue un vestige. Ce Seauva neiri, "bois noir", a donné son nom au hameau de la Sauvanière. Son souvenir serait conservé dans les noms d'Aveizieux, Bizillon, Pavezin, Devais, et près de Lyon Vaise. En breton, gwez signifie "arbre". Les Gaulois à  Furania adoraient notamment le Soleil sous divers noms. Callet localise un sanctuaire au sommet de la montagne de " Fougéer Héoll", autrement dit du "Glorieux Soleil", en clair Fougerolles (Feugerolles); là  où se trouve le château, dominant le hameau de la Sauvanière. Il voit également dans le nom du mont Grenis, à  Saint-Etienne, une allusion à  Grannos, un dieu solaire, autre nom de Bélénos peut-être. Callet cite aussi, bien sûr, le quartier du Soleil et La Tour en Jarez, mais aussi Chante-Grillet où s'installa l'école des Mineurs. Concernant La Tour-en-Jarez, il cite le chanoine de La Mure qui, dans son Histoire du Forez, évoque un monument bizarre, une pyramide quadrangulaire en pierre noire sur laquelle brûlait une torche.

 




 

" (...) nos forgerons du Furan ont, comme ceux de Samothrace et de Lemnos, adoré la lune", affirme Auguste Callet. Il en veut pour preuve une bribe de chanson populaire stéphanoise:

" Luna ! luna ! luna !

Prêta-me ta lanci,

Par allâ en Franci;

Ou prêta-me toun chaouè gris,

Par allâ en paradis.

Lou paradis é tant bè !

O ley a de gente fillette

Que dansount sus le violette... "

 

Callet la date du XIe siècle. D'une inspiration toute bardique, elle nous transporte en un temps où les Gagats parlaient de la France comme d'un pays étranger, même ennemi. La lune, écrit-il, c'est la "Ian Korid", la Parque gauloise. Les noms du quartier Tarentaize, et du village de Tarentaise, dans le Pilat, conserveraient le souvenir du dieu Taran, identifié à  Jupiter après la conquête romaine. Et Fur ! Un dieu inconnu qui, d'après Callet, a donné son nom au Furan, nom originel de Saint-Etienne (ou Furania). "Fur" en breton signifie "sage".

 


 

"Furan ou Furanos (en latin Furanus) était en ce sens le dieu Feu, identique à  Héphaistos", écrit Callet. Le feu captif au service de l'homme, qui tient du dieu de la forge, le Vulcain des Romains, et de Vesta, déesse du foyer. Callet y voit son souvenir dans les noms de Fourmies (Nord), Fourcès (Gers), Four et Fourchambault (Nièvre), le mont Furon à  Chazelles-sur-Lyon... tous lieux où l'on exploita des mines, de plomb argentifère à  Saint-Genis-l'Argentière notamment. Et qui, déchu par le dieu de Nazareth, fut diabolisé jusqu'à  devenir "furet" et "farfadet", "lutin familier, remuant, espiègle, goguenard, qui s'amuse à  cacher le marteau du forgeron, à  embrouiller l'écheveau de sa femme, attise le feu qu'on veut éteindre, éteint le crisiô qu'on vient d'allumer".

 


Un chef gaulois traite d'affaires avec des maîtres métallurges