Monday, April 06, 2020

Dans un précédent article, nous avons évoqué la carrière de Louis Hostin. L'haltérophile, à  son retour des jeux de Berlin, avait été reçu à  la mairie par divers élus parmi lesquels Jean Gachet. Il faut noter au passage que quelques mois plus tôt ces mêmes élus avaient voté un voeu proposé par leur collègue Haon dans lequel ils protestaient contre la participation de la France à  ces jeux qui, à  leurs yeux, "n' auront d'autre but final que d'être un instrument de propagande au service du régime d'oppression tenant sous son joug la nation prétendue organisatrice". Le conseil municipal demandait en outre "la suppression de tous crédits prélevés sur le budget national à  cette intention ". Ce voeu fut transmis au ministère. Mais revenons à  Jean Gachet.

 

 

Notre homme avait lui même rapporté des Jeux Olympiques une médaille, seize ans plus tôt. Pas d'or mais d'argent. Et en boxe, qu'il découvrit vers l'âge de 15 ans. Nous sommes dans les années qui précèdent la Grande Guerre. Gachet et les autres vedettes locales de l'époque, nommées Massardier, Decitre, etc., disputent alors leurs combats au "Géant forézien", un cinéma de plein air, au "Great Skating Ring", à  l'emplacement de l'actuel cinéma Le Royal, ou encore au Grand Théâtre.

 

Après la boucherie, "le dur cogneur auvergnat" retrouva le ring et participa à  une tournée dans le midi en compagnie d'une dizaine d'autres champions militaires et autres, et notamment un boxeur noir appelé Jim Djelaba. En 1919, il arrive en finale du championnat de France, s'inclinant devant un certain Grégoire. Gachet, c'est un peu le "Poulidor du noble art". Si nous sommes bien renseignés, il termine toujours second en dépit d'une droite très sèche. En 1920, il s'incline à  nouveau en finale du championnat de France des poids légers, contre son ami Paul Fritsch qui allait, aux J.O. d' Anvers, lui ravir la médaille d'or. De peu. Gachet avait battu successivement le Norvégien Olsen (aux points), le Belge Bovy, mis KO après 20 secondes de combat, et l'Américain Zivic. Il devait retrouver Fritsch une 3e fois. Et une fois de plus, c'est le Belfortain qui l'emporta, aux points.

 

La carrière de Gachet dura peu. Il se produisit ensuite en vedette à  Saint-Etienne, sur le ring de l'Eden Théâtre lors de soirées organisées par le Boxing-Club stéphanois, qui fit venir aussi le grand Georges Carpentier. Il se fit entraîneur, puis juge. Il fut aussi, on l'a dit, élu municipal, et entrepreneur. Il est décédé en 1968. Un gymnase stéphanois porte son nom.