Monday, September 21, 2020

Le film Simondon du désert a été projeté il y a quelques jours dans l'auditorium de la Cité du Design, dans le cadre d'un cycle de conférences et projections organisé par les écoles d'architecture, d'art et design de Saint-Etienne, et le Musée d'Art Moderne. Il a été réalisé par François Lagarde, avec l'aide du philosophe Pascal Chabot, auteur d'un ouvrage sur Simondon et qui dialogue dans le documentaire avec notamment plusieurs autres philosophes et traducteurs étrangers de Simondon.



" Cette antenne de télévision (du Pilat, ndFI) (...) pour moi elle me paraît être plus qu'un symbole. Elle me paraît représenter une espèce de geste, d' intention, de pouvoir, être presque magique, d'une magie contemporaine. En cela, il y a, entre cette rencontre du haut lieu et du point clé, qui est le point clé de la transmission en hyper-fréquence, il y a une espèce de connaturalité entre le réseau humain et la géographie naturelle de la région. Cela est un aspect de poésie, de signification..." Simondon, 1968

Gilbert Simondon est né en 1924 et décédé en 1989. Le film, mais aussi Vincent Bontems, philosophe et chercheur, dans un entretien accordé à  France Culture, insistent sur le fait qu'il est né et a fait ses études secondaires à  Saint-Etienne. C'est à  Saint-Etienne, ville industrielle, qu'il s'est pris d' intérêt pour les sciences et les techniques. Formé à  l'Ecole Normale Supérieure, philosophe, enseignant, chercheur, il est l'auteur en particulier Du mode d'existence des objets techniques (1958), une étude animée, écrit-il, "par l'intention de susciter une prise de conscience du sens des objets techniques".

Ces deux extraits de cet ouvrage, connu essentiellement des initiés, sont souvent cités :

" La culture s'est constituée en système de défense contre les techniques, or cette défense se présente comme une défense de l'homme supposant que les objets techniques ne contiennent pas de réalité humaine. Nous voudrions montrer que la culture ignore dans la réalité technique une réalité humaine, et que pour jouer son rôle complet la culture doit incorporer les êtres techniques sous forme de connaissance et de sens des valeurs. La prise de conscience de modes d'existence des objets techniques doit être effectuée par la pensée philosophique qui se trouve avoir à  remplir dans cet oeuvre un devoir analogue à  celui qu'elle a jouée pour l'abolition de l'esclavage et l'affirmation de la valeur de la personne humaine."

" La culture se conduit envers l'objet technique comme l'homme envers l'étranger quand il se laisse emporter par la xénophobie primitive. La machine est l'étrangère. C'est l'étrangère dans laquelle reste enfermé de l'humain, méconnu, matérialisé, asservi, mais restant pourtant de l'humain. La plus forte cause d'aliénation dans le monde contemporain réside dans cette méconnaissance de la machine qui n'est pas une aliénation causée par la machine mais par la non-connaissance de sa nature et de son essence, par son absence du monde des significations, et par son omission dans la table des valeurs et des concepts faisant partie de la culture."

Pour faire un peu connaissance avec lui, écouter l'émission radiophonique mentionnée plus haut, diffusée en 2013 et d'une durée d'une petite heure.

> ECOUTER

(taper "Simondon" dans le moteur de recherche)

On met également en ligne l'entretien sur la mécanologie, mentionné dans cette même émission, réalisé en 1968 et publié en trois parties sur youtube. Pour en savoir plus encore, il existe sur Internet un site qui lui est spécialement dédié et de multiples publications y faisant référence.