Wednesday, September 22, 2021
La  belle histoire d'amour entre l'ancienne capitale du cycle et la Grande boucle. 

 

En 2005, à  l'occasion de la venue du Tour, plusieurs expositions gratuites furent proposées à  l' Hôtel de Ville de Saint-Etienne et au Musée des Amis du Vieux Saint-Etienne. On leur emprunte en partie. La première, réalisée par un passionné du Mans, invitait à  voyager dans l'histoire du Tour de 1903 à  nos jours, à  travers une multitude d'articles et de photographies publiés dans divers magazines (Miroir du sport, La vie au grand air, But Club, L'Equipe...), d'affiches, de cartes, de fiches biographiques... Des livres étaient également à  disposition pour se rappeler de la légende de la Grande boucle.


Une autre, intitulée " Ambiance de tour ", présentait des photographies superbes, parfois insolites, prêtées par la Société du Tour de France. On retrouvait enfin dans une 3e expo de nombreux documents, déjà  présentés par le Musée des Amis du Vieux Saint-Etienne, mais aussi quelques autres objets rares comme le maillot jaune (1971) de Merckx. Cette expo se voulait plus locale.

Depuis 1904 et les incidents du Grand Bois causés par les fans du coureur local Alfred Faure (déjà  des hooligans !), jusqu'à  la victoire de Dierckssens (passé pro à  29 ans !) sur le cours Fauriel en 99, en passant par les chutes mémorables de Hinault et Fignon en 83 et 85, les arrivées triomphales de Bobet et Kelly à  Geoffroy-Guichard... c'est une histoire d'amour jamais déçue entre la capitale du cycle et la grande boucle que nous contaient les Amis du Vieux Saint-Etienne. L'occasion aussi d'honorer le souvenir des coureurs locaux de naissance ou de coeur : Roger Rivière, Pierre Cogan, Pierre Molineris, le père Paret (quinquagénaire !) et " La Souris " Benoît Faure, natif de Saint-Marcellin en Forez.

Surnommé ainsi en raison de sa petite taille, surnommé aussi « le Roi des Grimpeurs », il fut professionnel entre 1925 et 1951 et participa sept fois au Tour (1926, 1929, 1930, 1931, 1932, 1933 et 1935), terminant 15e de l'édition de 1929 au cours de laquelle il remporta l'étape Cannes-Nice, et 8e au général deux ans plus tard. Il roula notamment sur les cycles « Le Chemineau » de Joanny Panel.

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Benoît Faure déclarait, dans une interview donnée à  la journaliste Ennemonde Diard, avant guerre : " Et Saint-Etienne ! C'était fou. Jamais je n'aurai cru ! Je me souviendrai toujours, toujours. Il y a quand même de beaux moments dans l'existence. "
 
Souvenirs, souvenirs: toutes les étapes stéphanoises

Prologue :

1903-1904 : la seconde édition du Tour ne fait pas " escale " à  Saint-Etienne mais l'étape Lyon-Marseille (374 km) traverse la ville via le Grand Bois du Pilat. A 4 heures du matin ( !) trois Stéphanois sont sur la ligne de départ à  Lyon: le « père Paret » quinquagénaire, Alfred Faure et Vassela. Au col de la République, Alfred Faure démarre brusquement et prend la tête du peloton. Soudain une centaine d'individus armés de gourdins et de pierres forment une haie de chaque coté de la route. Faure s'engage résolument et passe sans encombres, alors que les gourdins se lèvent sur ses poursuivants qui ne sont pas du pays. Maurice Garin, vainqueur de la première édition, reçoit une pierre dans la joue, un coup de bâton au genou et deux au bras. Il finira l'étape en se servant d'un seul bras ! César Garin reçoit deux coups, Daumain est renversé et blessé, il réussit à  se relever et à  s'échapper .

Alfred Faure et "le Père Paret"

Alfred Faure croqué en 1912 dans la revue La Région illustrée
Le 22 septembre 1912, le coureur remporta, Place Carnot, le critérium cycliste de la Loire (200 km).
Faure appartenait alors à  la Pédale de l'Avenir Cyclophile-Automoto.


Quant à  Gerbi, il est littéralement assommé. Les coups pleuvent sur lui. D'autres encore sont blessés. Soudain des coups de feu retentissent, ce sont les voitures officielles de la course qui sont assaillies et se défendent comme elles peuvent ! Faure remporta l'étape car le vainqueur Aucouturier fut déclassé pour " irrégularités graves ". Vassela abandonna durant l'étape. Henri Paret finit l'étape 19e et 11e au classement général. Saint-Etienne, " capitale du cycle " fut privée de Tour jusqu'en ... 1951.

Petite consolation cependant, dans les années 20, trois coureurs remportèrent le Tour en portant le maillot de la marque Automoto: Pélissier en 1923, Bottechia en 1924 et 25 et le Belge Lucien Buysse en 1926.

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1942 : la France est occupée. Jean Leuillot, responsable de la rubrique sportive du journal La France socialiste, organise le " Circuit de France " qui réunit 69 coureurs sur près de 1650 km. Le 30 septembre, les coureurs partent de Clermont en direction de Saint-Etienne pour une étape de 213 km. Dans l'ascension du col du Béal, trois coureurs prennent la tête : Neuville, le leader du classement général, Thiétard et Brambilla. Benoît Faure pour sa part a été contraint à  l'abandon. Neuville franchit le premier la ligne d'arrivée, au stade de l'Etivallière. Le 3 octobre, les coureurs partent de Saint-Etienne vers Lyon. Au final à  Dijon, Neuville remportera le Circuit de France.

Notre légende du Tour:

L'année 1951 marque le grand retour du Tour à  Saint-Etienne. L'étape Briançon - Saint-Etienne (291 km) voit la victoire de l'Auvergnat Géminiani sur le cours Fauriel.
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Arrivée dans le chaudron en 1953 (photo AMVS) remportée cette année-là  par Louison Bobet

1953 : le contre-la-montre entre Lyon et Saint-Etienne est remporté par Louison Bobet qui, en juin de la même année, avait couru sur le parcours lors du championnat de France. Son arrivée se fit dans le Chaudron, plein à  craquer puisque les salariés avaient été libérés par leurs entreprises. Bobet , cette année, remporta le Tour.

.1956 : arrivée à  Saint-Etienne de la 19e étape, au départ de Grenoble. Cette étape fut marquée par l'ascension du col de l'Oeillon et l'arrivée au son de l'accordéon d'Yvette Horner. C'est Stan Ockers qui la remporta.
 
1959 : l'étape Clermont - Saint-Etienne passe par Saint-Marcellin en Forez où la mémoire de Benoît Faure est saluée. Natif du village, ce dernier participa à  sept Tours dans l'entre-deux guerre. Il remporta une étape en 1929 et finit 8e au classement général en 1930. Sur ses terres, le Stéphanois Roger Rivière tente sa chance mais c'est Dino Bruni qui franchit la ligne d'arrivée le premier. Nous revenons plus loin sur Roger Rivière.
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En 1961, c'est le Lyonnais Jean Forestier qui remporte l'étape Châlon-sur-Saône -  Saint-Etienne.
 
" Le roi de la montagne " proclame cette plaque d'immatriculation des Cycles B. Faure, 45, rue Paillon à  Saint-Etienne. "La souris" repose à  Marols, dans les Monts du Forez.

"On n'avait pas de télévision et donc tout le monde ou presque suivait à  la radio.C'était toujours absolument passionnant. L'imagination travaillait. Alors, bien sûr, quand le Tour faisait étape à  saint-Etienne, chez moi, on connaissait une incroyable effervescence. Il y avait une sorte de fête gratuite. J'y ai vu chanter les Compagnons de la Chanson et Charles Trénet, des spectacles organisés par une radio périphérique. Ils mettaient un énorme podium et offraient un spectacle. Et je regardais, grimpé sur les épaules de mon père (...). Il ne faut pas oublier Yvette Horner juchée sur son camion. Je l'ai vue. Elle jouait tout au long de l'étape installée là . Ca devait être complètement fou. Son instrument pèse 35 kilos." Bernard Lavilliers, 2008, L'Eaufficiel de la caravane (quotidien offert par Vittel)

En 1963, Guy Ignolin " mange " le premier les 230 et quelques km de l'étape entre Aurillac et Saint-Etienne.

1966 : l'étape Chamonix ' Saint-Etienne est marquée par l'abandon du grand Anquetil. Victoire de Bracke sur le cours Fauriel.

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Genet remporte l'étape sur le cours Fauriel en 1968 (image Miroir du sport)


1968 : au départ d'Aurillac et en direction de Sainté, les coureurs équipés par la marque stéphanoise Mercier se distinguent. Genet remporta l'étape.

Luis Ocana, perdant magnifique ou quand la vie est irrémédiablement marquée du sceau du destin...
M. Ocana, quelles forces s'acharnèrent sur vous durant toute votre vie ?
photo/dr
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1971, 9e étape d'un Tour de légende entre Clermont et Saint-Etienne : Walter Godefroot remporte l'étape stéphanoise. Cette année, c'est son compatriote " le cannibale " Merckx qui remporta le Tour mais " il y aura toujours un doute ", dira-t-il. Un doute car la 10e étape, entre Saint-Etienne et Grenoble vit le triomphe de l'Espagnol Ocana qui prit 8' 42'' d'avance. Pour la première fois, le Belge fut en danger. Au cours des étapes suivantes, il grignotera son retard jusqu'à  la tragédie du col de Mente, dans les Pyrénées qui vit chuter Luis Ocana, le perdant magnifique.

1977 : l'étape est remportée par Agostinho, cinq fois vainqueur du tour du Portugal. Il est déclassé.

Un an plus tard, c'est un drôle de " blaireau " nommé Bernard Hinault qui remporte l'étape stéphanoise.

Le 17 juillet 1980, c'est l'Irlandais Sean Kelly qui arrive en vainqueur dans le temple du football. Le lendemain, Joop Zoetemelk remporte le contre-la-montre et prend une option sur la victoire finale.

En 1983, Laurent Fignon chute sur le cours Fauriel et passe la ligne le vélo sous le bras.

Merci à  Dominique Charrière pour ces superbes clichés, réalisés par lui en 1985 à  Saint-Etienne. Ci-dessus: dans quelques secondes Hinault va chuter. Ci-dessous: Herrera, qui a une chute d'avance, fonce vers la victoire.

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1985: entre Autrans et Saint-Etienne (14e étape), Lucho Herrera s'échappe dans les monts du Forez. Derrière, le Maillot Jaune réagit et contrôle l'avance du Colombien. Celui-ci est victime d'une chute dans la dernière descente mais franchit malgré tout l'arrivée en solitaire et en vainqueur. Le groupe Maillot Jaune s'apprête à  se disputer les places d'honneur au sprint. Quand soudain, Bernard Hinault fait un écart et se retrouve à  terre, le visage en sang en plein cours Fauriel. Il franchit cependant la ligne d'arrivée, est hospitalisé et repart le lendemain... Un autre fait ses débuts cette année- là  : Indurain.
 
En 1986, l'étape Villard de Lans - Saint-Etienne est remportée par Gorospe au terme de 128 km d'échappée ! Le lendemain, dans le contre la montre, Greg Lemond chute à  Rochetaillée et c'est Bernard Hinault qui gagne, pour la dernière fois dans le Tour. La victoire au classement général revient à  l'Américain.

En 1990, Chozas remporte l'étape Villard de Lans - Saint-Etienne.

En 1992, l'étape est remportée par Franco Chioccioli. A Paris le maillot jaune resta définitivement sur les épaules de Indurain.Mais à  Sainté, c'est Jalabert qui avait raflé le... maillot vert.

1993 : victoire à  Saint-Etienne (11ème étape) de Sciandri.

1997 : contre-la-montre et victoire d'Ullrich

1999 : l'étape est remportée par Ludo Diercksens, passé pro à  29 ans !

tdfxtrs.jpgLa foule sur le Boulevard Thiers en 2008

Dessin de Dubouillon
(années 90, retrouvé sur ITF n° 8, dessin publié à  l'origine dans Le Progrès)

2005 : victoire d'Armstrong dans le contre-la-mort. Sous l'oeil averti d'un grand perdant : le sénateur John Kerry.

Grande nouveauté en 2008: l'arrivée a eu lieu sur le Boulevard Thiers, et non sur le célèbre Cours Fauriel. L'étape, au départ de Bourg-d'Oisans, a couronné pour la 5e fois sur ce Tour de France la Team Columbia. L'Allemand Marcus Burghardt s'est imposé au finish devant son compagnon d'échappée Carlos Barredo (Quick Step) et Romain Feillu (Agritubel). Le lendemain, 25 juillet, la 19e étape a prit le départ de Roanne.

tdfx.jpgCarlos Sastre à  Saint-Etienne
Il a gardé son maillot jaune jusqu'au bout

A noter, à  Saint-Etienne, le contrôle positif, à  l'heptaminol, du kazakh Dmitri Fofonov (Crédit Agricole). Le coureur avait terminé le Tour à  la 19e place au général. Avec lui, trois autres cyclistes auront été exclus dans cette édition.


Mais surtout, il faut rappeler la belle performance du Ripagérien Cyril Dessel (AG2R, en photo ci-dessus) qui a offert à  la France sa deuxième victoire d'étape, quelques jours plus tôt  à  Jausiers, au terme d'une descente finale vertigineuse. Dessel avait porté le mythique maillot jaune en 2006.

En 2014, la 12e étape reliait Bourg-en-Bresse à Saint-Etienne et la 13e Saint-Etienne à  Chamrousse.  C'est le Norvégien Alexander Kristoff qui franchit le premier la ligne d'arrivée à  Saint-Etienne. Cette édition fut remportée au final par l'Italien Vincenzo Nibali, de l'équipe Astana.

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Quelques coureurs cyclistes stéphanois, foréziens et roannais (avec année et lieu de naissance mais tous n'ont pas participé au Tour).
 
- Alfred Faure, 1883, Saint-Etienne

- Benoit Faure, 1899, Saint-Marcellin-en-Forez , décédé en 1980 à  Montbrison
Son palmarès ici : Mémoire du cyclisme

- Jean-Baptiste Fauraison, 1910, Saint-Etienne

- René Poncet, 1931, Saint-Etienne

- Henri Epalle, 1939, La Ricamarie

- Guy Seyve, 1942, Saint-Etienne

- Joel Bernard, 1946, Bourg-Argental

- Roland Smet, 1952, Saint-Etienne

- Christian Calzatti, 1954, ?

- Michel Delolme, 1958, Firminy

- Eric Pichon, 1966, Saint-Chamond

- Gilles Delion, 1966, Saint-Etienne

- Vincent Cali, 1970, Saint-Etienne

- Cyril Dessel, 1974, Rive de Gier

- Kivilev, décédé sur la terre forézienne en 2003 lors du Paris-Nice, et Vinikourov ont été formés à  l'Espoir Cycliste Saint-Etienne-Loire.

Les Roannais

Victor Dupré, le Pionnier du Tour

En 1903, à  seulement 19 ans, Victor Dupré fait partie des cyclistes qui se lancent dans l'aventure du premier « Tour de France ». Mais victime de plusieurs crevaisons, il doit malheureusement abandonner lors de la première étape et n'arrivera pas à  Roanne où de nombreux spectateurs l'attendent pour l'encourager. 1909 est l'année de l'apogée de sa gloire : il devient champion du Monde de vitesse professionnel sur 1 km et champion de France de vitesse professionnel sur 1 333 mètres.

Victor Dupré

Joseph Normand, une participation à  cinq « Tour de France »

Grand admirateur de Victor Dupré, Joseph Normand, alors âgé de 15 ans, s'offre en 1909 son premier vélo. Il commence à  remporter rapidement des courses régionales et s'engage dans son premier Tour de France en 1920 où victime d'une chute il est contraint à  l'abandon. L'année d'après, il retente l'aventure et se classe cette fois 23e au général. Mais c'est en 1923 qu'il réalise un Tour étincelant en s'illustrant dans les Pyrénées confirmant ainsi son renom de grimpeur. Il termine alors 15e du Tour. Il participe à  deux autres Tour en 1924 et 1928 mais la malchance ne lui permet pas d'arriver au bout.

Jo Dessertine en 1947 l'année du Tour et du Championnat de France

Décédé il a seulement deux ans, Jo Dessertine est une légende dans le Roannais. Vainqueur de plusieurs courses régionales, il s'est également illustré au niveau national. 1947 fut une année importante dans la vie de ce grand coureur. Il remporte le grand prix cycliste de « L'Equipe » lui valant les gros titres du fameux journal sportif. C'est aussi cette année qu'il est sacré Vice-champion de France et qu'enfin il participe au Tour de France abandonnant à  la 9e étape.

Un premier Tour en 1952 et un second dix ans après pour Robert Ducard

A 20 ans en 1952, Robert Ducard devient professionnel et participe à  son premier Tour de France, sur l'invitation du directeur du Tour de l'époque. Il se rappelle sa fierté d'avoir été sélectionné pour « la plus grande course du monde ». Malheureusement au bout d'une semaine, le benjamin du Tour est contraint à  l'abandon pour des problèmes d'ongles incarnés. Dix ans après en 1962, sous la sollicitation de Bahamontès (vainqueur du Tour en 1959), il se relance dans l'aventure Tour de France et sera le « gregarios » (« domestique ») de Bahamontès. Cette fois il ira jusqu'à  la 17ème étape.
 
Maurice Bénet est né à Saint-Etienne en 1941. Il participa au Tour 1966, finissant 59e au classement général, et 3e de l'étape de 144 km reliant Montpellier à Aubenas.

Pierre Rivory est né en 1945 à Pélussin. Il participa au Tour de 1971. Cette même année, il fonda avec Raymond Guillot le club cycliste de Pélussin, sacré meilleur club amateur en 1981 et 1982. Il fonda également l'Espoir cycliste Saint-Etienne Valbenoite en 1991 (futur ECSEL).


Quatre Tour de France pour Antoine Guttierez

De 1975 à  1978, Antoine Guttierez a enchaîné quatre Tour de France. C'est en 1975, à  23 ans qu'il devient professionnel et participe à  son premier Tour. C'est cette année-là  que la fameuse course arrive pour la première fois, sur les Champs-Elysées et Antoine Guttierez sera présent puisque c'est lors de cette dernière étape qu'il abandonne. En 1976, à  l'occasion de sa seconde participation, le coureur est contraint à  l'abandon dans les Pyrénées à  une semaine de l'arrivée. En 1977, Antoine Guttierez intègre une nouvelle équipe et part avec le vainqueur potentiel du Tour, Van Impe avec un objectif précis : l'emmener jusqu'à  l'Alpe d'Huez. Ca sera chose faite mais Guttierez sera éliminé avec le grupetto hors délai. C'est également à  l'Alpe d'Huez qu'il abandonnera en 1978.

Roger Rivière

Et comment clôturer cet article sans évoquer Roger Rivière ? Nous renvoyons le lecteur à  cette page de l'excellent site Mémoire du cyclisme, pour connaître le palmarès de ce grand champion stéphanois. Une plaque honore sa mémoire sur le site de l'ancien vélodrome d'hiver, rue Denis Papin, aujourd'hui occupé par l'Université.

Mais concernant le Tour de France :

Edition 1959 :
- 4ème au final
- 2 étapes remportées

Edition 1960 :
- Trois étapes remportées, abandon dans la 14ème étape

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Monument à  la mémoire de Roger Rivière, col du Perjuret (/dr)

1960: le drame du Perjuret raconté sur Radio France

" Au lendemain de la journée de repos du Tour 1960, Roger Rivière peut rêver en jaune à  Millau. Deuxième au classement, à  1 min 38 sec de Gastone Nencini, il n'a plus qu'à  surveiller le coureur italien. Le contre-la-montre de 83 kilomètres, à  deux jours de l'arrivée, lui est favorable. Pour son malheur, Rivière, le détenteur du record de l'heure, ne gagnera jamais le Tour. Dans le col du Perjuret, l'une des routes accidentées qui sillonnent le vert massif de l'Aigoual, il suit Nencini dans la descente. L'Italien passe pour être un des plus grands descendeurs de l'histoire. Dans son sillage, Rivière va à  la faute et bascule par-dessus le muret, dans le ravin.

Quand son coéquipier Louis Rostollan se précipite, il voit le Stéphanois gisant, inconscient, sur un lit de branchages et de feuilles mortes, vingt mètres en contrebas. Rivière est difficilement évacué sur un brancard, transporté par hélicoptère jusqu'à  l'hôpital de Montpellier. Touché à  la moelle épinière, la colonne vertébrale brisée, le grand espoir du cyclisme français (24 ans à  l'époque) est paralysé des jambes. Il parviendra à  marcher de nouveau au prix d'une longue et douloureuse rééducation. Mais, physiquement, moralement, Rivière ne guérira jamais de l'accident à  propos duquel sera évoqué l'hypothèse d'un analgésique (le palfium) qui aurait joué sur ses capacités de réaction. (10 juillet 1960: 14ème étape Millau-Avignon, 217 km, victoire de Martin Van Geneugden.) "


/dr

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