Thursday, September 24, 2020
Le voyage du Maréchal Pétain dans le bassin stéphanois en 1941. Nous utilisons pour cela la plaquette du Voyage officiel du Maréchal Pétain, chef de l'Etat Français dans la Loire et la Haute-Loire les 1er et 2 mars 1941, éditée à  l'époque par Le Nouvelliste de Lyon. Il s'agit d'une sorte de reportage photo d'une douzaine de pages en grand format. Les textes sont ceux de cette publication. D'où le ton caractéristique, mais que les photos ne démentent pas. Les légendes de certaines images sont extraites de cette même publication. Suit l'article de L'Illustration et le texte du discours aux travailleurs qui fut placardé dans toutes les rues de la région.
 
Par un soleil digne de la Provence, le Maréchal Pétain arrive à  Saint-Etienne. La foule crie " Vive Pétain ! " et chante La Marseillaise. Sur le parcours du cortège la cité stéphanoise frémissante clame son admiration et son affection au sauveur de la France. Près de 30 000 enfants font la haie et manifestent leur joie et leur enthousiasme.



Le Maréchal, place Fourneyron, est acclamé par des milliers de combattants et vient déposer une couronne au Monument aux Morts de la Grande Guerre, puis prend place à  la tribune tricolore d'où, d'une voix ferme au milieu de l'émotion générale, avec ses Légionnaires, il prête le serment de la Légion des Combattants.
.
.



Le chef de l'Etat, sous les acclamations de la foule, passe devant les combattants. Les grands mutilés sont au premier rang. A tous il serre la main longuement. Les hommes pleurent. Les enfants massés agitent leurs drapeaux tricolores et s'égosillent à  crier : " Vive Pétain ! vive Pétain ! "

Sur la place de l'Hôtel-de-Ville, une foule très dense, dans un silence recueilli, écoute le discours social que le Maréchal prononce du haut du balcon central de l'édifice municipal. A plusieurs reprises, les applaudissements, les cris d'enthousiasme l'interrompent. Une vibrante Marseillaise est chantée et les acclamations redoubleront encore quand le Chef de l'Etat descendra l'escalier de l' Hôtel-de-Ville. C'est au Puits Couriot que le Chef de l'Etat prend le premier contact avec les ouvriers stéphanois : très simplement il parle aux mineurs, leur pose des questions précises, écoute leurs réponses avec attention. A ces hommes qui savent ce qu'est le travail, il dit les difficultés de son travail à lui, ses soucis, sa confiance. " Nous n'avons qu'un seul moyen de surmonter nos difficultés : travailler sans cesse, travailler encore ; que personne ne recule devant la besogne. "
 
Les élèves de l'Ecole des Mines sont venus avec leur bel uniforme ; la colline qui domine le puits est couverte de spectateurs, les enfants s'accrochent aux pentes ; les mineurs sont rassemblés, les anciens combattants au premier rang. " Les gueules noires " sortant du fond arrivent au jour et s'exclament eux aussi : " Vive Pétain ! Vive la France ! "
.
.
.


.


Chez le passementier artisan Odin comme aux Grandes Usines Giron, la population laborieuse de Saint-Etienne, émue de la bienveillance de la part du Chef de l'Etat lui fait un accueil respectueux et délirant d'enthousiasme. Toute l'industrie rubanière stéphanoise se donne d'un même élan au " Père de la Patrie ".

Dans la vallée du Gier, les acclamations ardentes qui l'avaient accueilli le matin à  Roanne, que lui avaient faites à  Saint-Etienne un cortège indescriptible, le Maréchal va les retrouver à  toutes les étapes de son voyage dans le " Pays noir ". 

Aux Aciéries de la Marine de Saint-Chamond, dans le grand hall de l'usine tout le personnel rassemblé fait une ovation enthousiaste au Maréchal et entonne une vibrante Marseillaise. Au nouvel Hôpital, sur tout le parcours, toute la population est accourue. Les plus humbles maisons sur tout le parcours sont ingénieusement pavoisées et décorées. L'Horme, Grand-Croix, Lorette sont en fête dans cette belle fin de journée.

.


A Rive de Gier, le Chef de L'Etat préside au serment des Légionnaires. " C'est presqu'une fête de nuit que vous m'offrez " dit le Maréchal. Le crépuscule est en effet venu. Infatigable, le Maréchal ira jusqu'au bout du programme qu'il s'est tracé. Il fait nuit quand il arrive à  Firminy où une dernière réception, une dernière ovation lui sont faites.
 
.

Le salut d'une mère française

 
L'article publié dans L'Illustration du 15 mars 1941 le fut sous la plume de Paul-Emile Cadilhac, envoyé spécial, sous le titre "Le Maréchal au pays noir et en Velay". Celui-ci n'évoque que le passage de Philippe Pétain au puits Couriot. Les quatre photos sont celles publiées dans le magazine, avec leurs légendes.

Le Maréchal continue son tour de France. Récemment, au cours d'une entrevue historique, il s'arrêtait quelques heures à  Montpellier, et ces jours derniers il vient de traverser, parmi un concours ému de populaire, la zone de grande industrie du Lyonnais et une partie du Velay.

Vu de l'extérieur ce dernier voyage rappelle les précédents. Partout les mêmes foules empressés, les mêmes acclamations, les mêmes prestations de serment par les légionnaires et les rituelles réceptions des corps constitués dans les salons moulurés et dorés des hôtels préfectoraux ! Cependant, chacune de ces tournées garde son caractère, sa personnalité, son originalité. Elles ne découlent pas d'une contingence extérieure et occasionnelle comme naguère la plupart des voyages présidentiels, mais elles enferment une valeur symbolique, répondent à  une nécessité de l'esprit et du coeur. Comme les phrases des messages du Maréchal ou de ses articles, elles regorgent de substance et de suc. Elles veulent dire quelque chose et elles le disent bien.

Cette fois, le but du voyage se charge d'une double signification : l'une sociale, l'autre mystique. Et pour concrétiser cela le Maréchal élisait deux capitales: l'une, industrielle, Saint-Etienne; l'autre, religieuse, Le Puy.

Les acclamations des enfants des écoles sur le trajet de la préfecture à  l'hôtel de ville


" LE PAIN - LA PAIX - LA LIBERTE "

La formule fut fameuse au temps du Front populaire. Nul ne niera qu'elle n'ait fait faillite. Encore fallait-il le souligner, et ce, opportunément, dans le lieu qui convenait. C'est ce que le Maréchal vient de faire. En ce samedi 1er mars, Saint-Etienne s'est éveillé sous un  rayon de soleil. Cette ville triste, noire, quotidienne, banale, interminable, semble sourire et fleurir comme un dimanche d'été. J'hésite à  le reconnaître. Drapeaux, cocardes, banderoles, frises d'étoffe, bannières, guirlandes la vêtent des toits aux trottoirs. C'est un éveil, une floraison, un épanouissement joyeux et inattendu. Je songe au mot de Chantecler faisant lever le soleil devant la faisane et dépeignant son vallon natal qui s'émeut, s'allume et s'illumine. Nouant en bouquet les lentes fumées voyageuses qui montent au-dessus des chaumines,

L'homme offre des rubans, moi j'offre des fumées,

dit-il. Saint-Etienne fait mieux: il offre à  la fois des fumées et des rubans. Mais les fumées dorées par le soleil ne s'écrasent plus comme des nuages et s'étirent comme des vapeurs d'encens. On l'a noté: le Maréchal semble avoir fait un pacte avec le beau temps et devant lui le ciel se rassérène. Heureux présage...

Au centre de la cité, deux vastes places rectangulaires s'accolent, séparées par l'hôtel de ville, et le tout dessine sur le sol un H géant dont la maison commune forme la barre transversale. A l'extrémité supérieure, face à  la mairie, se dresse la préfecture, et voilà  le cadre où va retentir la parole du Maréchal.

Le matin, près du monument aux Morts, énorme cénotaphe de granit à  peine dégrossi où s'accotent, engagées dans la pierre, des figures symboliques, les légionnaires ont prêté serment. Ce soir, un peuple immense, composé en majorité d'ouvriers, et au delà  de cette enceinte tous les ouvriers du bassin, tous les ouvriers de France, vont entendre enfin des paroles de vérité, des paroles sincères. Au ras des trottoirs, massés sur des terre-pleins, étagés sur les escaliers, des enfants, en rangs pressés, en formations denses, en carrés énormes. Saint-Etienne a pris tous de ses écoles et les a jetés à  brassées à  travers ses rues: il y en a vingt-sept mille. On retrouve ici l'habituelle fécondité des centres miniers: un exemple à  suivre et à  multiplier...

Sur la passerelle, avant la remontée des mineurs


Sur le grand perron, aux vingt marches, de l'hôtel de ville, deuis buissons vivants frémissent autour de deux statues qui représentent le Travail et l'Industrie (la Rubanerie et l'Industrie en fait, ndFI) : à  gauche, des garçons ; à  droite des filles. Et tous pareillement sont coiffés du grand chapeau des scouts, qu'ils dressent parmi leurs enseignes, au bout de leurs longues cannes, tandis que le Maréchal apparaît au balcon central, qu'un drap de velours rouge à  crépines d'or transforme en tribune. Avec lenteur, dans le grand silence soudainement abattu, le chef de l'Etat français parle de cette voix un peu sourde qui martèle et découpe les mots volontairement. Il s'adresse aux ouvriers, aux techniciens, aux patrons, et tous il les appelle ses amis. C'est la question sociale qui se pose et qu'il pose en formules nettes et saisissantes.

On a lu ici même la semaine dernière le texte intégral de ce discours magistral. Je n'y reviendrai pas. Ce qu'il faut en retenir, c'est la franchise émue, persuasive, convaincante. Il a des formules frappées en médaille pour dénoncer tour à  tour l'erreur démagogique, le cynisme des meneurs et aussi, il faut bien le dire, l'égoisme si coupable de certains grands patrons. Mais ce qui sans doute frappe le plus l'assistance et, au delà , les foules innombrables que la presse et la radio ont alertées, demeure cette affirmation vigoureuse qui mérite bien d'être répétée pour être pleine soulignée :
" N'écoutez plus les démagogues, il vous ont fait trop de mal... Souvenez-vous de leur formule: Le pain, la paix, la liberté. Vous avez eu la misère, la guerre et la défaite."

Comme pour vérifier l'effet de ces paroles, le Maréchal va à  présent se rendre parmi ces prolétaires auxquels il vient de s'adresser avec tant d'humanité et de raison.

Successivement on le verra au puits Couriot, à  Terre-Noire, aux Aciéries de la Marine à  Saint-Chamond, à  Rive-de-Gier, dans tout ce bassin houiller qui s'étire sur 32 km de long et 8 de profondeur et dans lequel le Furens, la petite rivière qui traverse saint-Etienne, alimente plus de trois cent usines. Celles-ci d'ailleurs unissent paradoxalement le travail du fer et celui des étoffes les plus riches, tissant à  la ville un corselet d'acier et de soie.

De toutes ces visions je n'en veux retenir qu'une seule: la première prise de contact avec les mineurs du puits Couriot. Dans le ciel, dont les fumées ardoisent le bleu, le haut chevalement de la mine où tournent deux énormes roues se dresse comme un géant de Wells. Au pied, les toits écrasés et bruns des bâtiments, dans un chantier qui se creuse et s'arrondit comme une carrière. Wagons, heurts, bruits de plaques métalliques et de chaînes. Par là -dessus, la rumeur alternativement basse et haute de la foule qui se masse et s'écrase sur un crassier noir taillé en falaise, qui forme le fond du décor. De la grille au puits, des délégations de mineurs - cotte bleue et chapeau de cuir bouilli - et des lampes Davy pendues en festons comme des guirlandes. Et des drapeaux partout.

Une acclamation s'élève, scandée par des voix mâles, rudes et franches. Puis, après un arrêt de quelques secondes devant le monument aux Morts, le Maréchal se rend au débouché du puits. Un tintamarre inouï couvre les voix et, régulièrement, sur un rythme saisissant qui réalise 3.000 tonnes par jour, d'énormes bennes, allongées comme des obus, surgissent des cages de remontée, éjectées comme des feuilles géantes sur les rails, où elles filent dans un halo de poussière noire et de clameurs métalliques.

Le Maréchal serra la main d'un mineur du puits Couriot


Brusquement le trafic s'est interrompu. Une sonnerie s'égrène et l'ont voit s'élever et stopper dans l'entrelacs des poutres d'acier des cages piquées de points lumineux: c'est une "cordée", soixante mineurs qu'on ramène de 750 mètres. Les portes glissent, des hommes déboulent, vifs, pressés - faces noires, lèvres écarlates, yeux brillants - qui tous se tournent instinctivement se tournent vers le chef comme un soldat au moment d'un défilé, en criant à  pleins poumons un " vive Pétain ! " qui domine le hourvari sauvage de l'usine. L'un d'eux même s'arrête pour affirmer son loyalisme, poser une question, crier sa joie - et le Maréchal le regarde longuement et lui répond, la main posée cordialement sur son bras. Je me tourne vers l'un des directeurs de la mine à  côté duquel le hasard m'a placé.

- Ici les ouvriers, en immense majorité, on compris qu'on les avait bernés et trompés, me confie-t-il. Les évènements et le Maréchal ont fait ce miracle.

Je songe aux écussons tout neufs - E F, Etat Français - que nous avons vus ce matin pour la première fois officiellement aux murs de l'hôtel de ville et sur les mâts décoratifs des rues. Et j'ai l'impression que tout ce peuple tendu vers le chef, prêt à  le suivre et lui obéir, a interprété à  sa manière les deux lettres de notre nouveau blason et que, les appliquant au Maréchal, il les a traduites par cette formule: "Espoir Français !"

Les nouvelles armes de l'Etat français à  Saint-Etienne

Suit la seconde partie de l'article, consacré à  la visite du Puy, sous le titre "Au pèlerinage des Rois de France". Pétain reviendra à  Saint-Etienne en juin 1944 après le bombardement allié. Il y apprendra la nouvelle du débarquement en Normandie (NdFI).

____


"Appel aux Travailleurs

OUVRIERS TECHNICIENS PATRONS

Dans mon message du 10 octobre dernier, je vous ai dit que l'on ne peut faire disparaître la lutte des classes, fatale à  la Nation, qu'en faisant disparaître les causes qui ont dressé ces classes les unes contre les autres. Ces causes, c'est la menace du chômage, c'est l'angoisse de la misère qu'elle fait peser sur vos foyers. C'est le travail sans joie de l'ouvrier sans métier. C'est le taudis dans la cité laide, où il passe les hivers sans lumière et sans feu. C'est la vie de nomade, sans terre, sans toit. Telle est la condition prolétarienne. Il n'y aura pas de paix sociale tant que durera cette injustice.

En ce qui concerne l'organisation professionnelle, un texte de loi, si parfait qu'il soit, est impuissant à  accomplir une réforme de cette ampleur. La loi ne saurait créer l'ordre social ; elle ne peut que le sanctionner, dans une institution après que les hommes l'ont établi. Le rôle de l'Etat doit se borner ici à  donner à  l'action sociale son impulsion, à  indiquer les principes et le sens de cette action, à  stimuler et orienter les initiatives. En réalité, les causes de la lutte des classes ne pourront être supprimées que si le prolétaire qui vit aujourd'hui, accablé par son isolement, retrouve, dans une communauté de travail, les conditions d'une vie digne et libre, en même temps que des raisons de vivre et d'espérer.

Cette communauté, c'est l'entreprise. Sa transformation peut, seule, fournir la base de la profession organisée, qui est elle même une communauté de communautés. Cela exige qu'une élite d'hommes se donnent à  cette mission. Ces hommes existent parmi les patrons, les ingénieurs, les ouvriers. C'est à  eux d'abord que je fais appel, je leur demande:

1°- De se pénétrer de la doctrine du bien commun au dessus des intérêts particuliers, de s'instruire des méthodes d'organisation du travail capables de permettre à  la fois un meilleur rendement et plus de justice, en donnant à  chacun sa chance dans l'entreprise et dans la profession.

2°- De s'informer des réalisations sociales qui existent déjà  et que des hommes clairvoyants et généreux ont su accomplir, en dépit des difficultés de tous ordres qui, dans le passé, entravaient leurs efforts.

Ainsi, peu à  peu, et par l'action de tous, une oeuvre définitive s'accomplira sous l'autorité et avec l'encouragement de l'Etat. Pour entreprendre cette oeuvre fondamentale qui sera la vôtre, une large enquête sera faite, à  laquelle prendront part tous ceux qui veulent se dévouer à  la grande cause de la paix sociale dans la justice. Tous les travailleurs, qu'ils soient patrons, techniciens, ouvriers, sont aux prises chaque jour avec des difficultés nouvelles, conséquences de la situation présente de notre pays. .

Il est donc urgent qu'ils aient la possibilité de défendre leurs intérêts légitimes, d'exprimer leurs besoins et leurs aspirations. Il est indispensable de créer des organismes qui puissent résoudre vite les questions posées ou s'ils ne peuvent les résoudre eux-mêmes, donner à  l'Etat des moyens de le faire, sans que ses décisions soient paralysées par une connaissance insuffisante des problèmes ou par une organisation administrative trop lente à  se mouvoir.

Tel devra être l'objet d'une première loi sur l'organisation professionnelle. Cette loi créera des organismes simples qui ne seront pas des organisations de classe, mais des comités sociaux où, patrons, techniciens et ouvriers rechercheront ensemble les solutions des problèmes actuels dans une commune volonté de justice, dans le souci constant d'apaiser par l'entraide les misères et les angoisses de l'heure.
 
TRAVAILLEURS , JE VOUS DEMANDE D'ENTENDRE MON APPEL. SANS VOTRE ADHESION ENTHOUSIASTE A L'OEUVRE DE RECONSTRUCTION SOCIALE, RIEN DE GRAND NE PEUT ETRE FAIT. SACHEZ VOUS Y DONNER AVEC UN DESINTERESSEMENT TOTAL.
 
OUVRIERS, mes amis, n'écoutez plus les démagogues. Ils vous ont fait trop de mal. Ils vous ont nourris d'illusion. Ils vous ont tout promis. Souvenez-vous de leur formule : " le pain, la paix, la liberté ". Vous avez eu la misère, la guerre et la défaite. Pendant des années, ils ont injurié et affaibli la patrie, exaspéré les haines, mais ils n'ont rien fait d'efficace pour améliorer la condition des travailleurs, parce que, vivant de leur révolte, ils avaient intérêt à encourager ses causes.
 
INGENIEURS, vous avez pensé trop souvent qu'il vous suffisait de remplir avec conscience votre fonction technique. Vous avez plus à faire, car vous n'êtes pas seulement des techniciens, vous êtes des chefs. Comprenez bien le sens et la grandeur du nom chef. Le chef, c'est celui qui sait à la fois se faire obéir et se faire aimer. Ce n'est pas celui qu'on impose, mais celui qui s'impose. N'oubliez pas que pour commander aux hommes, il faut savoir se donner.
 
PATRONS, parmi vous, beaucoup ont une part de responsabilité dans la lutte des classes. Votre égoïsme et votre incompréhension de la condition prolétarienne ont été trop souvent les meilleurs auxiliaires du communisme. Je ne vous demande pas de renoncer à tirer de vos entreprises le bénéfice légitime de vos activités, mais je vous demande d'être les premiers à comprendre vos devoirs d'hommes et de Français.
 
Ouvriers, techniciens, patrons, si nous sommes aujourd'hui confondus dans le malheur, c'est qu'hier vous avez été assez fous pour vous montrer le poing. Cherchez, au contraire, à vous mieux connaître. Vous vous en estimerez davantage, vous aurez confiance les uns dans les autres, vous résoudrez ensemble le grand problème du travail et de l'ordre social. Renoncez à la haine, car elle ne crée rien ; on ne construit que dans l'amour et dans la joie. En faisant de la France une société humaine, stable, pacifiée, vous serez les meilleurs artisans du redressement de la Patrie."
 
.