Thursday, September 24, 2020
Et son martyre à  travers quelques figures remarquables. Nous avons aussi essayé (modestement) de donner ici un aperçu de l'organisation complexe de l'Armée Secrète de la Loire en Forez, des Franc-Tireurs-et-Partisans et de leurs maquis.
 

Vers l'unification des mouvements


Monument à  la mémoire de Jean Moulin à  Saint-Etienne d'André Longeon (1983). Jean Moulin fut le premier Président du Conseil National de la Résistance et l'unificateur des différents mouvements nationaux. Une question se pose à  son propos: est-il venu dans le Forez ? Certaines sources mentionnent sa venue à  Feurs mais nous nous ne pouvons nous prononcer catégoriquement à  ce sujet.

Très vite l'idée d'unité aux échelles nationales et locales est reconnue nécessaire mais en raison des clivages politiques et des velléités d'autonomie sa mise en pratique entre fin 42 et 44 sera longue et fastidieuse. Cette période est aussi la plus tragique pour la Résistance forézienne (comme ailleurs) car la Gestapo va lui porter des coups terribles.

Jean Nocher dans une lettre de juillet 42 écrit à  propos du défilé du 14 juillet: "La préparation du 14 juillet a mis en lumière les inconvénients d'une absence totale de coordination locale entre les mouvements de résistance. Combat a pris la regrettable initiative de fixer le rassemblement place Badouillère, dans un quartier excentrique au lieu resserré permettant une facile interception policière alors que la place Jean Jaurès déjà  expérimentée présentait toute garantie(...)Il est navrant de voir des responsables aussi ignorants des plus élémentaires problèmes d'agitation, être chargés de prendre des initiatives sans contacter des responsables qualifiés de mouvements de résistance beaucoup plus puissants qu'eux." Après ces amabilités il poursuit: "Nous demandons que soit constitué un comité local de coordination pour prendre des décisions, chaque fois qu'une action commune sera envisagée. " Dans un autre rapport: " Il est regrettable que Combat, Franc-Tireur et Libération mènent la lutte en ordre dispersé qui donne souvent l'impression d'une concurrence. Les militants de base veulent qu'on en finisse une bonne fois avec ces luttes intestines qui ont toujours fait le malheur de notre peuple(...) Presque tous les militants arrêtés l'ont été sur des fautes provenant de notre manque de liaison."

Au niveau national, en novembre 1942 Jean Moulin est chargé par Londres et de Gaulle de l'unification des mouvements. Il s'agit d'unir les mouvements Combat , Franc-Tireur et Libération et éventuellement les formations communistes (Front National) au sein des Mouvements Unis de la Résistance dont les maquis de l'Armée Secrète seraient le bras armé, la force de frappe militaire.

La réunion du 3 février 1943

Si au niveau politique la formation des MUR traîne en longueur, les responsables souhaitent étendre rapidement l'Armée Secrète (issue à  l'origine de Combat) aux autres formations. Dans la Loire, c'est Pierre Desgranges qui est chargé par deux officiers de Lyon, le commandant Moreau et le lieutenant Beaugé de former l'AS Loire. Desgranges parvient à  regrouper les chefs des mouvements et tous se mettent d'accord sur la nécessité de l'AS. Fin 1942, le capitaine Gaëtan Vidiani arrive à  Saint-Etienne, il doit être intronisé chef de l'AS Loire par une réunion prévue le 3 février 1943 chez le couple Paret au 31, rue Basse des Rives. L'ordre du jour comprend également le prélèvement d'armes à  la Manufacture d'armes et la formation des embryons de maquis, des chantiers de bucheronnage destinés à  accueillir les réfractaires STO.

Sont présents à  la réunion: Billon alias Moreau, alias Buisson, alias Mercier. Chef régional, Lavergne alias Beaugé, responsable régional des maquis, Gaëtan Vidiani, chef AS-Loire, Paret, responsable départemental de Combat depuis novembre 42 et successeur de Jean Perrin emprisonné, Quitaud, chef (?) de Franc-Tireur depuis l'arrestation de Jean Nocher, Laporte, chef AS-Saint-Etienne et membre du comité directeur de 93 , Rambeaud, membre de Franc-Tireur et 93 , Taffin de Franc-Tireur. Un représentant du Parti Communiste, convoqué ne vient pas. De même Violette Maurice ( 93 ), Jean Pralong de Combat et Pasqualini. En ce qui concerne les communistes, ceux ci soucieux de leur indépendance ne feront pas parti de l'AS et formeront leurs propres maquis FTPF, ( Franc-Tireurs et Partisans Français ) dirigés au niveau national par Charles Tillon.

Tous les membres sont arrêtés par la Gestapo. L'opération a été menée par Gessler, responsable de la Gestapo de Vichy. A cette date en effet la Gestapo n'est pas encore installée à  Saint-Etienne. Cette opération de vaste envergure concerne Saint-Etienne, Lyon et Le Puy et vise les mouvements clandestins. Les services de renseignement de Vichy semble avoir été au courant de l'opération. 70 agents de ces services se sont camouflés dans la région derrière la raison sociale d'une entreprise générale de travaux ruraux. D'autre part, ces mêmes services étaient parvenus à  placer des micros dans le bureau de Gessler. Mais la protection des officiers résistants gaullistes n'entre pas dans leur prérogatives, en tout cas pas dans ce cas particulier.

Le coup porté à  la Résistance forézienne se passe de commentaire: Franc-Tireur perd son responsable départemental et ses meilleurs soutiens, Combat est décapité également. D'autant plus que le même soir, Desgranges est aussi arrêté. Rochette est pris à  son travail, il tente de fuir et reçoit une rafale en pleine rue. Aux passants compatissants, un policier français répond que ce n'est rien, ce n'est qu'un terroriste. Au moment où vont apparaître les MUR deux de ses composantes sont privées de responsables. Cette arrestation suscite encore des interrogations. Il semblerait que le descente de la Gestapo est fait suite à  une dénonciation...

Billon est atrocement torturé, condamné à  mort, il met fin à  ses jours le 19 février 1943. De même, Lavergne décède avant la fin du mois à  la prison de Moulins. Louise Paret, décède chez les "Filles du Calvaire" le 4 octobre 1944. Son époux avait déjà  rendu l'âme le 29 avril 1944 à  Natzweiler-Struthof. Desgranges est interné au château d'Einsenberg en Tchécoslovaquie. Dans cette " prison pour personnalités éminentes " il retrouve le frère de De Gaulle, Michel Clémenceau, le fils du " Tigre ", le colonel de La Rocque des " Croix de feu " Pourquoi Einsenberg pour Desgranges ? Après la Libération, il devient maire d'Andrézieux en 1947 et réunit Andrézieux et Bouthéon, crée la zone industrielle de la Chapelle, reçoit De Gaulle en 1950. Il meurt en 1971, happé par un train en gare de Menton. La fin de Gaëtan Vidiani reste des plus mystérieuses... Rambeaud meurt le 9 novembre 1943 (d'après René Gentgen dans La Résistance civile dans la Loire, il serait mort lors de son rapatriement vers la France après la libération des camps). Quitaud, déporté avec Laporte au camp de Natzweiler-Struthof meurt en mai 45. Quant à  Rochette, il est emprisonné à  Montluc où un officier allemand catholique parviendra à  le faire libérer. Taffin est libéré " faute de preuves " le 10 mai 43. Il sera arrêté à  nouveau le 27 septembre 1943.

A propos du 31, rue Basse des Rives où eut lieu la tragique réunion du 3 février 1943.

" ...je peux enfin commencer, 65 ans après, mon travail de deuil.
Je redécouvre cette époque que j'avais volontairement occultée de ma mémoire, tant elle me rappelait la noirceur d'une ville qui ne m'a apporté que malheur, désastre, épreuves et de surcroît calomnie (dont je ne parlerai pas).
J'ai cependant su conserver en moi la douceur et la joie d'une vie sans nuage, entouré de parents aimants qui n'avaient d'yeux que pour moi, pour mes études au conservatoire national de musique, cours particuliers de dessins, de musique... A l'époque, je préparais mon entrée au Conservatoire National Supérieur de Paris qui devait avoir lieu en juin 43. Mon père voulait faire de moi un virtuose et aussi un ' ambassadeur de France..
J'ai toujours aussi gardé en moi le souvenir précieux de ceux qui m'ont sauvé la vie, en particulier :
' Marcel Gidon, inspecteur des renseignements généraux à  St-Etienne qui n'a pas hésité à  prendre des risques pour me cacher des allemands, chez lui, puis à  prendre des contacts avec la résistance,
Anna Heurtier une résistante admirable, la seule qui m'a tendu la main pour me planquer...
ensuite jusqu'à  la libération, m'aider au travers d'énormes difficultés, s'occuper de maman lorsqu'elle a été libérée de Fresnes et lui permettre de finir ses jours chez les Filles du Calvaire où elle est décédée le 4 octobre 1944, la faire inuhumer au cimetière du Cré de Roch. Toute ma reconnaissante va à  cette femme admirable, dévouée, qui a sauvé des centaines d'israélites.
Antoine Pinay un grand résistant "discret" qui m'a permis de faire mes premiers pas dans la vie, me donner un métier.
Que vous dire d'autre ? Je me suis reconstruit seul peu à  peu. J'ai tenté dans ma vie d'être le digne successeur d'un père héros vite oublié dans le grenouillage de la politique. Comme lui, j'ai voulu rencontrer ' les grands, le Général de Gaulle, son fils l'amiral, Thierry d'Argenlieu, Jean Monnet, Pompidou et Claude, (...)
Mon caractère s'est forgé,durci. [...je suis aujourd'hui] un homme qui retrouve un passé dont il est fier." (extraits d'une lettre de Mr Paret fils, qui nous fut adressée il y a quelques années)
 

Le martyre de la Résistance forézienne

Avertissement: toute étude qui se veut précise sur la déportation est difficile à  mener. Les chiffres avancés ne sont jamais identiques car les études ne donnent pas toujours le même sens à  une catégorie de déportés, par exemple faut-il ou pas inclure les déportés politiques dans la catégorie " résistants " ? Par ailleurs, dans quelle catégorie entre un Juif communiste résistant ? Raciale, politique ou résistante ? Pour finir les chiffres avancés sont ceux du département et non pas seulement du Forez. Disons simplement que le décompte macabre qui suit doit être relativement proche de la réalité étant donné que tous s'accordent à  dire qu'il y eut entre 950 et 1100 déportés pour l'ensemble du département.

Il existe une photo célèbre qui montre la libération du camp de concentration de Dachau en Allemagne.  On y voit Joseph Sanguedolce. Mobilisé en 40, il est fait prisonnier, s'évade, est repris et libéré en sa qualité de chef de famille nombreuse. Il revient dans le Forez, entre chez les F.T.P communistes et organise des sabotages dans le secteur de Roche-la-Molière. A Londres, sur les ondes-radio de la France Libre, on parle de lui et de la manière dont il a bloqué le premier convoi STO vers l'Allemagne. Pris en 43, jugé à  Lyon, il est condamné à  5 ans de prison puis déporté vers l'Allemagne après une tentative de mutinerie qui s'achève dans le sang. A Dachau, il évite de justesse la pendaison. En 77, l'ex-petit mineur devient maire de Saint Etienne et fait tomber le ministre-maire Durafour !

 

Jusqu'en novembre 1942, la lutte contre les activités gaullistes entre dans le cadre de la répression vichyste des menées antinationales. Les communistes et syndicalistes en sont les principales victimes. Ils sont condamnés aux travaux forcés, à  la détention ou assignés à  résidence. Avec l'arrivée des Allemands et l'action de la Milice, la torture et les déportations deviennent courantes. Il est difficile de connaître le nombre exacte des arrestations car d'une part les détenus sont souvent expédiés à  Lyon sans transiter par les prisons locales et d'autre part la préfecture ou même la Croix Rouge ne tentent pas toujours d'obtenir des informations sur les détenus. Quand elles le font, la Gestapo ne répond pas ou peu. En décembre 1943, Mme Luirard qui tentait d'avoir des nouvelles de son mari arrêté fût insultée et menacée par le secrétaire général de la Préfecture. On peut néanmoins estimer à  environ 667 le nombre d'arrestations liées de près ou de loin à  la Résistance (hors motifs raciaux déjà  évoqués).

1943: 277 arrestations par la Gestapo et 6 par la Milice. 1944: environ 335 par la Gestapo et 49 par la Milice.

 

La Milice pratique la torture et fait parvenir les prisonniers à  la Gestapo. Parmi ceux ci et pour les années 43-44 (Milice et Gestapo) on compte notamment 16 communistes arrêtés, neuf prisonniers évadés, 17 réfractaires STO, 47 comme otages à  la suite d'une action de la Résistance, huit grévistes, 10 personnes prises dans des rafles, deux par erreur, 117 pour des raisons inconnues. A ceux ci doivent s' ajouter les droits communs , trafiquants etc. 51 personnes ont été libérées, 15 ont été exécutées, entre 500 et 600 résistants ont été déportés (219 ne revinrent pas), 26 otages déportés (11 non revenus), 32 déportés pour motifs politiques (neuf ne sont pas revenus).

Proportion des femmes parmi les déportés: 62 parmi les déportés résistants, une parmi les politiques.

Après interrogatoire, les prisonniers sont en général transférés dans les prisons lyonnaises à  Saint Paul notamment où certains seront fusillés. Mais aussi et surtout à  Montluc où par exemple le 13 novembre 1943, quatre FTPF (Foréziens, Ligériens ?) sont passés par les armes: Justin Gach dit " Auguste ", Louis Granjon, Henri Ricard, Marcel Houzet. Suivront: Pierre Pascal (un de ses fils sera fusillé à  Neuville-sur-Saône, un autre déporté ne reviendra pas !) Fleury Dessaigne, Joseph Pépin, Antoine Fay. Il y eut aussi des massacres au fort de la Duchère. Dans la Loire, il y eut environ 110 décès causés par la torture ou les exécutions de représailles suite à  une action de la Résistance dont 32 pour la seule ville de Saint-Etienne. Ainsi le 12 août 44, suite à  un accrochage sévère à  Grand- Croix, un habitant est fusillé sur place et cinq résistants détenus à  la prison de Saint-Etienne sont exécutés.

La déportation-Répartition des résistants déportés par chaque camp: 133 à  Buchenwald, 32 à  Auschwitz, 102 à  Dachau, 55 à  Neuengamme, 52 à  Ravensbruck (des femmes), 30 à  Sachsenhausen, 22 à  Mauthausen, 17 à  Dora, 14 à  Bergen-Belsen, 13 à  Theresienstadt, 10 à  Flossenburg, six à  Gross-Rosen, six à  Maidanek, trois à  Natzwiller-S, 3 à  Aurigny, un à  Kaunas, un au Stuthof, 32 dans des camps non identifiés.

Les motifs d'arrestation et de déportation laissent parfois pantois, ainsi ce jeune Stéphanois déporté pour avoir souhaité entendre dans un bar la " Marseillaise " plutôt que " Lily Marlène ".* Au total (juifs, résistants et politiques) ce sont 970 personnes de la Loire qui ont été déportées (chiffre minimal).

* D'après Histoire de Saint-Etienne aux éditions Privat. D'autres sources mentionnent cette histoire mais à  notre grand regret, nous ne nous souvenons plus lesquelles. Les chiffres énoncés ici sont ceux de l'ouvrage de Mme Luirard.

Quelques destins

Louis Pingon

Chez Louis Pingon, ancien poilu médaillé, à  Rive-de-Gier transitèrent très tôt une multitude de journaux, Les petites ailes, Liberté... Fin 1941, il crée un groupe local du Coq enchaîné et en 1942 intègre la France Combattante au sein du réseau Buckmaster . Il noue des liens avec d'autres mouvements. Le 10 avril 1943, il est arrêté et incarcéré au Fort Montluc à  Lyon. Il ne dévoile rien. Fin juin, il est transféré sur la région parisienne: Fresne, puis Romainville, Compiègne et Buchenwald. Louis Pingon est affecté au kommando du tunnel de Dora, dont les rares survivants racontent que c'était " l'enfer parmi l'enfer ": le travail de percement du rocher, la poussière, le bruit, les cris et les coups des surveillants SS ou des kapos, le manque de nourriture et d'hygiène... Louis Pingon s'éteint d'épuisement sous les coups le 21 janvier 1944. La croix de Guerre 1939-1945 avec Palmes et Légion d'Honneur lui ont été attribuées à  titre posthume.

Violette Maurice

En 1943, il est demandé à  Violette Maurice d'intégrer 93 à  Franc-Tireur. Violette Maurice n'est pas très enthousiaste car elle craint que son mouvement perde son indépendance. Mais suite aux arrestations de février celui ci a perdu un certain nombre de membres et se fond dans Franc-Tireur sous l'impulsion de Henri Falque. Violette Maurice se replie sur Lyon et participe au réseau Mithridate. En octobre, Paul Dormois est arrêté et incarcéré à  Montluc. Il rachète sa liberté en donnant des renseignements sur l'ex 93. Violette Maurice est arrêtée, incarcérée à  Montluc et déportée à  Ravensbruk. Elle survivra. A son retour à  Saint-Etienne, elle apprend que la nouvelle municipalité (1944) lui a réservé un poste de conseillère. Elle répond: "Pourquoi ? Je n'ai encore rien fait ! "

L'Abbé Ploton

Le 6 octobre 1943, dix membres de Combat sont arrêtés sur dénonciation dont le sénateur Taurines, madame Dora Rivière et l'abbé Ploton. Son calvaire commence quand la Gestapo vient le chercher dans l'église de la Nativité à  Saint-Etienne. Il tente de s'enfuir et reçoit deux balles. Insulté, battu, torturé, il ne dit pas un mot. La Gestapo trouve sur lui 25 fausses cartes d'identité ! Transféré à  Montluc, antichambre de la déportation. Ce sera Buchenwald et l'enfer de Dora où il devient le pasteur du peuple de la nuit. A la Libération, il revient à  Saint-Etienne le 21 mai 1945 accueilli par 6000 stéphanois qui l'accompagnent en procession jusque vers son église. Certains lui reprocheront sa conduite. Il répond: "Je suis prêtre et quelques amis m'accusent d'avoir compromis mon sacerdoce en m'insurgeant contre les directives du pouvoir établi et en favorisant la rébellion ouverte. Si c'est faire de la politique que de dénoncer les équivoques qui risquaient d'asservir les consciences aux ambitions d'un régime paà¯en, si c'est faire de la politique que d'accorder le droit d'asile aux persécutés raciaux et aux réfractaires STO, j'assume d'un coeur léger cette responsabilité que m'imposent les plus saintes exigences de mon sacerdoce."

Léon Nautin

Originaire de la région, Léon Nautin faisait parti du groupe Bornier évoqué dans l'article sur les parachutages de 1942, lequel est repéré et dispersé par la Gestapo (sept arrestations) en juin 43. En octobre, Nautin part à  Londres; le 4 février, il est parachuté sur la région de Bordeaux où il est accueilli par Bornier. Arrêté, il eut le temps d'avaler la capsule de cyanure donnée à  tout combattant de Londres (de l'ombre) parachuté. Quand à  Bornier il a survécu à  la guerre.

Maurice Bonnevialle (photo ci-dessus)

Elevé à  Izieux , ouvrier et membre de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, il rentra ensuite au syndicat chrétien. Mobilisé à  la déclaration de guerre, il fut fait prisonnier en 1940 mais réussit à  s'évader. Rentré dans l'Armée Secrète, il devint l'un des collaborateurs les plus directs du commandant Marey. Menant diverses opérations, toujours sur la brèche pour les coups durs, il finit par se faire repérer. Le 24 novembre 1943, il fut arrrêté près de chez lui par la Gestapo. Emmené à  Saint-Etienne, il y resta quelques jours puis fut dirigé sur le fort Montluc. Inutile de dire ce qui se passa pendant ce laps de temps : interrogatoires sans fin, tortures ignobles et, enfin, la sentence. Maurice Bonnevialle sera fusillé le 16 février 1944 par un peloton allemand. Son corps fut retrouvé dans un charnier de la Doua en 1945. Le 8 octobre de la même année, la commune d'Izieux offrit à  l'enfant du pays des funérailles imposantes afin de lui rendre le témoignage de sa reconnaissance. Parmi l'assistance, évaluée à  5000 personnes, on pouvait compter des membres de tous les mouvements politiques, syndicats, association des Anciens élèves M.P.F., la JOC, sans oublier les déportés politiques et une délégation du M.N.P.G.D., section d'Izieux. Le corps, qui avait été déposé à  la Chapelle Sainte-Thérèse, au Creux, fut levé par l'Abbé Ploton. Un détachement du 1er R.T.M rendit les honneurs. Derrière le corbillard, couvert de nombreuses couronnes et gerbes, suivait la famille : Mme Bonnevialle, veuve du défunt, ses trois petits enfants et ses vieux parents, le docteur Baudy, maire d'Izieux, le lieutenant Brodin, MM. Parra, Jouve, amis de combat, les officiels en tenue et les délégations. Notons la présence de nombreux maires du canton ou de leurs représentants. La messe terminée, le long cortège parvint au cimetière où cinq discours furent prononcés. Prirent successivement la parole : le docteur Baudy, maire d'Izieux ; M. Brayet de la CFTC ; le commandant Hoch, représentant les FTPF ; le lieutenant Brodin, ami de combat et un délégué de l'AS. Tous avec un même coeur rendirent hommage à  celui qui avait tout sacrifié, même son foyer, pour que vive la France. Une rue de Saint-Chamond porte son nom.

Quelques visages de la Résistance au féminin

Marcelle Fournier, de Franc-Tireur, arrêtée le 2 mars 1944, déportée à  Ravensbruck et Mathausen. Renée Simon de Franc-Tireur déportée à  Ravensbruck et Mathausen. Arlette Dru de Franc-Tireur, déportée avec son père et sa mère. Elle n'est pas revenue. Renée Peillon, de 93 , chargée de mission. Tuée au combat près de Givors à  l'âge de 23 ans. Citée à  l'ordre de l'armée ainsi que sa soeur Denise et Marie-Madeleine Dupras. Marie Cave, morte à  Ravensbruck quelques jours avant la libération du camp. Elle fut arrêtée avec toute sa famille qui diffusait le journal " Défense de la France " à  Saint-Chamond le 10 mai 1944. Hélène Roederer, étudiante, morte à  Ravensbruck à  24 ans. Chez les Roederer de Saint-Chamond, la Résistance fut une affaire de famille. Son père, directeur des Aciéries Navales mit à  la disposition de " Défense de la France " une maison dans la banlieue de Paris. Hélène rejoint Alger et après une formation elle est parachutée en France. Elle est prise avec d'autres maquisards en juin 44. Mme Montcenis, dont le logis rue Bonnacieux à  Saint-Etienne servait de boite aux lettres, puis de lieu d'accueil et enfin de dépôt clandestin. Mme Mougeot qui mit son magasin stéphanois " Tout pour le siège ", rue Michel Rondet à  la disposition des réunions de la Résistance. Dénoncée, elle prit le maquis.

Voici la lettre de dénonciation en question postée de Saint-Etienne en 44 (syntaxe et orthographe d'origine):

" Monsieur le chef de la Gestapo à  Saint-Etienne à  l'hôtel du Forest Loire

Monsieur

Je tiens à  vous dire que j'ai vu Madame Mougeot tout le siège 11 rue Michel Rondet cette semaine elle sortait de chez elle.

Elle est on m'a dit au maquis c'est elle qui doit donné tous les tuyaux car elle est forte et puis elle les connaît tous les chefs le capitaine Marais le Moulin et puis d'autres.

C'est une bonne prise pour vous.

Elle reviendra sûrement alors il faudra rentré chez elle c'est une petite blonde avec une robe à  fleurs et puis elle en a fait tué des nôtres

C'est elle qui dirige la résistance chez elle.

N'hésitez pas vous pouvez tous les avoir

Celui qui venge ses frères

René "

L'enseigne Mougeot existe toujours, rue Michel Rondet à  Saint-Etienne.

Simone Levaillant, née à  Saint-Etienne le 19 novembre 1904, était issue d'une vieille famille juive. Son père, négociant, avait été décoré lors du premier conflit mondial. Elle fut la première femme avocate au barreau de Saint-Etienne. Amie De Marinette Heurtier, elle oeuvra comme elle en faveur de l'enfance. Infirmière volontaire en 1939, elle entra ensuite dans la Résistance sans qu'on ne sache quel fut précisément son rôle. Elle fut arrêtée à  son domicile le 14 mars 1943, le même jour que le docteur Mossé. Son appartement de la rue Balà¤y fut réquisitionné. Malgré les protestations de l'ordre des avocats, elle fut déportée à  Sobibor via Drancy. Son nom fut donné en 1999 à  la salle du Conseil de  l'ordre des avocats de Saint-Etienne. Une rue porte son nom à  la Terrasse.

Les M.U.R

La mise en place des MUR est l'oeuvre d'abord de Robert Kahn puis après son arrestation de Gabriel Calamand originaire de Franc-Tireur du Jura. Ce dernier, chef des MUR de la Loire va dominer le paysage de la résistance civile non communiste du Forez d'Octobre 1943 jusqu'à  la Libération. Il est aidé dans sa tache par des résistants foréziens et des éléments venus de l'extérieur dont Pierre Perroy. Les MUR vont se fédérés au niveau national en 1944 et créer le " Mouvement de la Libération Nationale ". En attendant les MUR mettent en place les N.A.P, " Noyautage des administrations publiques " dont le rôle est de sonder l'opinion des personnels des différentes administrations et de donner suite en conséquence. En mairie c'est Ernest Bonnave qui informe la Résistance, à  la police le commissaire Fleuret et aux postes Marcel Boutte. Il y a également un informateur au sein de la Milice et un à  la SNCF (Résistance Fer)

Nom de code " Framboise " : l'Armée Secrète de la Loire

L'Armée Secrète, branche militaire des MUR est destinée à  harceler l'armée allemande après le débarquement allié en France. Elle est l'oeuvre du général Delestrain, arrêté en mai 1943 et mort en déportation. Au niveau de l'AS-Loire c'est le commandant Marey alias " Hervé " qui devient chef départemental en octobre 43. Il est secondé par René Gentgen.

- Marey né à  Merle au fin fond des Monts du Forez (canton de Saint-Bonnet) est entré dans l'armée en 1929 et après avoir réussi brillamment le concours de l'Ecole des Officiers d'Active de Saint-Maixent devient capitaine en 1939. Après la défaite il est affecté à  l'Ecole d'Aix puis au 5e R.I. de Saint-Etienne jusqu'à  la dissolution de l'Armée d'Armistice. Dans ces deux postes, il a rapidement des contacts étroits avec les différentes organisations de résistance. On apprécie son sens de l'organisation et du commandement. Dès 1943, il est chargé de remettre sur pied le secteur Loire de l'Armée Secrète décapitée par une vague d'arrestations. Il l'organise en GMO (" Groupes Mobiles d'Opération ") encadrés militairement et formés progressivement aux opérations dans la région. Il s'active à  rendre opérationnelles ses troupes qui lui sont totalement dévouées. Marey trouvera la mort en Algérie où il combattait dans une autre guerre, en 1959.

- René Gentgen est sorti également de l'école de Saint-Maixent. Entre 1936 et 1940 il sert dans les troupes alpines puis devient instructeur à  Saint-Maixent. En 1942, il entre dans la clandestinité.

Organisation de l'AS en Forez

L'Organisation au niveau départemental est divisée en 5 secteurs avec chacun à  leur tête un responsable dont 4 au niveau du Forez (dans le sens géographique où nous l'entendons): Secteur Rive-de-Gier, secteur Firminy, secteur Montbrison, secteur Chazelles-sur-Lyon. Le 5ème est celui de Roanne. Ces secteurs sont parfois nommés par une formule à  consonance territoriale, par ex. " secteur plaine du Forez " pour Montbrison ou " secteur de l'Ondaine " pour celui de Firminy, etc. Il existe aussi un secteur spécifique Saint-Etienne qui sera mis en sommeil jusqu'à  la Libération à  l'arrestation de son chef en juin 44. Dans ces différents secteurs existent des équipes subordonnées (corps francs) issues des mouvements (en particulier de Combat) à  l'origine des maquis puis GMO ( Groupes mobiles d'opération ) de 1944.

Les Maquis et les GMO

Les premiers maquis issus du Forez ont été établis en Haute-Loire. Il s'agit du maquis FTPF du camp Wodly dont nous reparlerons dans l'article consacré aux FTPF et celui de Boussoulet entre Yssingeaux, St-Julien- Chapteuil et le Chambon-sur-Lignon. Celui ci est issu de Combat et fut fondé par César Garnier. Quelques réfractaires, une dizaine d'hommes originaires du département de la Loire, y furent dirigés par les responsables du mouvement puis de l'AS vers le massif montagneux du Meygal, en Haute-Loire. Une implantation discrète, hors des grands axes routiers, aux abords du village de Boussoulet en un lieu de repli dans la forêt avoisinante permettait une existence moins exposée que dans leurForez. Le choix était d'ailleurs judicieux car les maquisards avec la complicité des habitants purent échapper à  une descente de la milice venue encercler la localité puis à  un vaste ratissage effectué par les unités allemandes du Puy.

Depuis septembre 1943, le groupe vivait dans la clandestinité et en vue de la préparation des combats de la Libération le commandant Marey désigna comme responsable un jeune instituteur, Albert Oriol dit Maloire, aspirant de réserve, précédemment animateur d'un réseau de Résistance de jeunes à  Roanne qui venait d'éclater à  la suite de plusieurs arrestations. Une photo célébrissime reste attachée à  ce maquis qui devint en juillet 44 le GMO "18 juin ". D'autres maquis suivront: à  Roche-en-Forez notamment (commandé par Rolle) et à  Pavezin dans le Pilat. Signalons quand même au passage que le maquis AS-Roanne des Monts de la Madeleine compte déjà  150 hommes dès fin 43. Ce maquis allait par la suite se fractionner en différentes unités.


Cette photographie est certainement (avec celle du résistant souriant face au peloton d'exécution) la plus célèbre de la Résistance. Pas un livre sur le sujet digne de ce nom sans elle. Souvent, elle porte en légende quelque chose comme Un maquisard apprend aux nouvelles recrues le démontage et le remontage des armes parachutées (la mitraillette anglaise Sten, arme par excellence de la Résistance). Parfois la légende localise aussi le lieu " maquis de l'Ain ", ce qui est erroné ou " maquis de Haute Loire ", ce qui est juste. En effet, il s'agit du maquis de Boussoulet en Haute-Loire, à  quelques km de la commune du Chambon-sur-Lignon, en plein coeur du pays protestant où de nombreux fugitifs, en particulier des enfants juifs, furent cachés. La commune a reçu la " médaille des Justes " du gouvernement israélien, ce qui n'est pas peut dire. Par contre ce que ne précisent jamais les légendes de cette photo c'est que neuf de ces hommes sont des Foréziens et deux autres des Roannais: Paul Montroy, " Paulo ", originaire de Sury-le-Comtal. Jean Gagnaire, "Carrière", Saint-Etienne. L'aspirant Albert Oriol, " Albert Maloire " (son pseudo n'a pas été choisi au hasard), instituteur, Saint-Etienne, chef du Maquis. Eugène Sahuc, " Cable ", métallurgiste, Saint-Etienne. Louis Dulac*, " Lacroix ", boulanger, Feurs. Philippe Mazard, " Tony ", mineur de fond, Le Chambon-Feugerolles. Louis Guillot, " Tino ", Feurs. Alsacien évadé de l'armée allemande**. Eugène Perrichon, " Le Pépé ", ajusteur tissage, engagé volontaire de la Grande Guerre, Roanne. Maurice Rey, " Moussy ", Saint-Etienne. Jean Brunel, " Cartier ", mineur de fond, Saint-Etienne. Maurice Patin, " Maurice ", technicien en bonneterie, Roanne, actuel rédacteur du Résistant de la Loire.

Ce dernier nous en apprend plus sur le photographe. Traditionnellement la photo est dite de Keystone, non moins célébrissime agence de presse: "Je doute que Keystone ait envoyé des reporters pour des photos clandestines, en pleine occupation.(...) Il est fort probable qu'elle a atterri chez Keystone vendue ou pas. Je me souviens que le photographe était de Saint-Etienne, il était professionnel et venu clandestinement amené par l'un de nos responsables..." (photo extraite de L'encyclopédie des armes, numéro ?, "Les pistolets-mitrailleurs de la seconde guerre ")

* Deux de ses frères seront tués à  la défense de Strasbourg (24ème Bataillon de Marche) lui même est mort dans les années cinquante de maladie.

** Les Lorrains et Alsaciens incorporés de force dans l'armée allemande se surnommaient " les malgré-nous ".

Les GMO sont nés en 1944 d'un double constat. D'une part la constitution des " corps francs " des mouvements (organisés en petits groupes de 6 hommes réunis en formation de 30) n'est plus adaptée aux formes d'actions offensives qu'entend mener l'AS et d'autre part les effectifs augmentent fortement depuis le débarquement du 6 juin. Marrey crée donc les GMO, Groupes mobiles d'opération qui correspondent chacun (militairement) à  une compagnie d'infanterie. Chaque GMO compte au moins un motocycliste servant d'éclaireur ou d'agents de liaison. Le sigle GMO produisit très vite un effet magique sur l'esprit des combattants de l'AS qui s'en réclamèrent avec fierté et qui cristallisait un esprit de corps autours du chef. Les GMO furent en première ligne dans les combats de la Libération. Voici les GMO du Forez:

- GMO " 18 juin " issu du maquis de Boussoulet en Haute-Loire. Chef: albert Oriol. Devise: " Qui s'y frotte s'y pique "

- GMO " Bir Hakeim ", issu du secteur de Firminy, chef: Jamet. Ce GMO tire son nom d'un combat héroà¯que des troupes FFL face à  l'Afrika Korps de Rommel en Afrique du Nord en 1942.

- GMO " 15 août ". Chef: Jean Thomas, issu du secteur de Firminy.

- GMO " Pourquoi pas ? " Chef: Régis Perrin issu du secteur de Montbrison.

- GMO " Cassino ". Chef: Joannes Cellard, issu du secteur de Montbrison. Son nom vient de la bataille du même nom en Italie où les troupes FFL du maréchal Juin furent engagées et subirent de lourdes pertes.

- GMO " Rhin et Moselle ", chef: Henri Thomas. Issu du secteur de Montbrison.

- GMO " Liberté " issu du secteur de Chazelles-sur-Lyon. Chef: Adrien Monier qui a troqué ses pinceaux contre une mitraillette.

Des détachements de reconnaissance motorisée très rapides et très mobiles sont créés au sein de certains GMO, comme la " Patrouille Ferreol " , confiée au téméraire lieutenant Collonges. Elle est composée de six tractions-avant décapotables Citroën pourvues d'une mitrailleuse montée sur pivot, de deux side-cars pourvus également d'un fusil-mitrailleur et de huit motocyclettes transportant toutes un passager armé. 20 hommes au total.

Effectifs de l'AS et de deux GMO entre le 1er juillet 44 et le 15 août: AS, 130 hommes le 1er juillet, 950 le 15 août. GMO 18 juin, 45 hommes le 1er juillet, 160 le 15 août. GMO Cassino, 10 hommes le 1er juillet, 104 le 15 août.

Vassieu en Vercors fut un haut-lieu de la Résistance et de la barbarie nazie. L'occasion pour nous d'évoquer la figure de Suzanne Siveton. Cette Stéphanoise, institutrice à  Saint-Etienne fut capturée par les Allemands dans la célèbre et tragique grotte de La Luire où les blessés patriotes furent exterminés par les SS. Elle fut déportée à  Ravensbruck et parvint à  survivre.

" Ange " et le réseau Buckmaster

Parmi les groupes maquisards, il faut mettre à  part le groupe " Ange " qui avait élu domicile dans les monts entre Forez et Livradois. Car celui ci n'appartenait ni à  l'AS ni aux FTP. Il fut créer par le SOE anglais, branche très discrète de l'Intelligence Service. A son origine il y a le réseau Buckmaster. Dès septembre 41, des agents anglais dont Buckmaster et Alan Jickell avaient été parachutés pour organiser la réception des parachutages et la mise en place de réseaux de renseignement et de sabotage. Attardons nous un instant sur l'épopée du major SOE Robert Scheppard. Il est parachuté le 2 juin 42 à  Ance, non loin de Lyon et tombe sur le toit de la gendarmerie ! Il est incarcéré à  la prison St-Paul de Lyon et réussit son évasion organisée par le chef du réseau Alan Jickell. Scheppard va se mettre au vert chez M.Laroche, un forain de Saint-Just-Saint-Rambert et tente de passer en Espagne. Trahi par son passeur, il est à  nouveau arrêté et déporté à  Dachau où il attendra la libération du camp le 29 avril 1945.

Sur une tombe, quelque part dans la plaine du Forez

La première équipe Buckmaster fut " Spruce " qui se scinda en deux groupes, " Acolyte " sur Roanne et Lyon et " Neuwsagents " commandé par le capitaine Marchand. Ce groupe pensait d'abord créer un maquis dans le Rhône mais suite au sabotage d'une usine et à  la répression qui suivit, Ange se replia sur le col de Baracuchet. Il est commandé par Antoine Boirayon, secondé par Ado Raymond. Un autre groupe, " Jocker " sur Chazelles s'intégra dans le GMO Liberté.

Les FTPF

Organisation

Emanation du Front National communiste, du parti communiste et de la CGT, l'organisation militaire FTPF est la suivante: Au niveau national: Comité Militaire National (CMN). Au niveau régional: Comité Militaire Régional (CMR) qui dirige un ou deux départements. Au niveau local: Comité Militaire du Secteur (CMS) qui a sous ses ordres plusieurs détachements composés chacun de trois groupes. A la tête de chaque détachement il y a trois commissaires: le commissaire aux opérations (CO), le commissaire aux effectifs (CE), le commissaire technique (CT).

Au sein des FTP, on compte de nombreux communistes mais pas exclusivement.

Avant le débarquement, les FTPF du Forez ont un seul camp, celui de Wodly formé le 25 mars 1943 en Haute-Loire et dont le responsable le plus célèbre fut Vial-Massat, officier issu de la Résistance dans la tradition des soldats de l'an2. Par la suite, 2 autres camps seront créés, un dans le Pilat (camp Champommier dirigé par Leclercq) et un dans les Monts du Forez, le camp Lucien Sampaix mené par Paul Romeyer. Celui ci mobilisé en 1939, prisonnier en 1940, évadé le lendemain puis désigné pour le STO refuse son départ pour l'Allemagne et part en mission pour la Résistance. Arrêté à  Aix le 30 avril 1943, s'évade à  nouveau le 26 avril 44 avec 27 compagnons et organise un maquis dans les Bouches-du-Rhône. Il revient dans le Forez et crée le maquis de Lérigneux. Il s'est éteint le 23 juillet 1999.

Le camp Wodly

Le lieutenant Hutinet, officier du 5ème RI de Saint-Etienne fut à  l'origine du camp Wodly près de Monistrol-d'Allier après son attaque à  la grenade (février 43) contre la Gestapo de l'hôtel du nord. Hutinet qui trouva la mort dans un combat dans les Alpes en août 44 fut à  la tête de nombreuses actions spectaculaires menées contre l'occupant en 1943. A l'origine, il faisait partie de 93. Dans les bois de la Margerie, le camp Wodly fut le lieu d'une intense préparation militaire et fin octobre 43, ses effectifs atteignent les 200 combattants.

Le camp de La Versanne

L'éphémère maquis de La Versanne issu du détachement FTP " Tadeusz Kosuszko " était composé d'une majorité de mineurs. Le commandement était assuré par deux vieux militants polonais: Téodor Lopuszanski et Francizek. A une seule exception, le maquis fut décimé le 20 juillet 1944 aux loges de Montheux, commune de La Versanne. L'agent de liaison était une jeune fille d'à  peine 20 ans, Térésa Ziolkowska. Elle fut tuée.

Ndlr: le souvenir de l'Abbé Ploton est présent dans tout livre consacré à  la Résistance civile forézienne. Il est cité aussi par C. Bernardac dans son bel ouvrage consacré aux 5000 prêtres et religieux déportés dans les camps. En ce qui concerne l'organisation de l'AS nous vous conseillons le très intéressant (et militaire) L'AS Loire de René Gentgen. Pour la fameuse réunion rue Basse-de-Rives et les quelques visages évoqués ici, nous vous conseillons le livre de Gentgen: la Résistance civile dans la Loire. Les éléments biographiques concernant Maurice Bonnevialle sont empruntés à  l'Hebdomadaire de la Vallée du Gier du 14 octobre 1945.

Sommaire