Wednesday, September 23, 2020
Avant d'aller enflammer le Foreztival de Trélins, Tiken Jah Fakoly est venu à  Saint-Etienne pour présenter Toloni, une association qui souhaite poursuivre, en dépassant les frontières géographiques, l'action engagée en faveur du développement de l'éducation et de l'alphabétisation des enfants africains.

Tiken, comment est né le projet Touroni ?

En 1997, je suis allé tourner un clip vidéo à  Touroni. C'est un petit village dans la région d'Odienné, dans le nord de la Côte d'Ivoire. Il y avait pleins de gamins. Je leur ai demandé pourquoi ils n'étaient pas à  l'école. Ils m'ont répondu que la plus proche se trouvait à  15 km. J'ai donc décidé d'entreprendre la construction d'une école. Synapse nous a apporté son aide et aujourd'hui les fondations sont terminées.

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D'où le concert de ce soir...

Au profit de l'école oui. Il reste à  achever la construction et équiper les salles de classe. Les villageois sont très impatients d'avoir leur première école. En Afrique, les besoins en écoles sont immenses, partout.

L'école sera mixte ?

Absolument. Il y a une grande négligence des parents de ce point de vue et je vais mettre l'accent sur la scolarisation des filles.

Et TOLONI ?

Toloni est une association qui souhaite étendre cette initiative à  d'autres lieux. Le premier projet, en partenariat avec la Région Rhône-Alpes, concerne la construction d'un collège à  Dianké, près de Tombouctou. Dans l'idéal, il faudrait qu'il ouvre ses porte pour la rentrée 2009. Nous avons encore besoin de 30 000 euros. C'est pourquoi nous organisons un concert au Transbordeur, à  Lyon en octobre.
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On parle un peu musique avec ton prochain album ?

L'Africain sort dans les bacs le 24 septembre. Il nous a prit plus de temps que les autres. Après Françafrique et Coup de gueule, la famille Tiken Jah s'est agrandie et on a bien bossé pour ne pas décevoir. En tout cas, on espère...

Quels thèmes sont abordés dans "L'Africain" ?

L'accent est mis sur l'idée de l'unité africaine. C'est un vieux rêve mais moi j'y crois. Nous n'avons pas le choix aujourd'hui si nous voulons nous en sortir. Nous devons être ensemble pour représenter une seule force. J'aborde aussi le sujet de l'immigration qui est pour moi un processus normal. Après la colonisation, l'esclavage et tout ce que les pays occidentaux ont pris à  ce continent, demander à  des descendants d'esclaves de ne pas mettre les pieds à  Nantes ou Bordeaux est une injure. Dans cet album, je tente d'expliquer aux jeunes Africains qu'ils ont le droit de bouger, qu'ils ont droit d'aller partout dans le monde puisque les gens viennent chez nous quand ils veulent. Demande un visa demain pour le Mali ou la Côte d'Ivoire, tu l'auras le jour même. Si mon cousin le demande pour venir en France, il y a 95% de chances qu'il lui soit refusé. Je trouve que ce n'est pas normal.

Mais je tente aussi de leur expliquer que c'est mieux de rester en Afrique pour la construire. Je crois beaucoup à  ce continent, il a tout à  construire. Il y a encore le thème de la réconciliation ivoirienne, en duo avec Dioumani Tabaté, et "Soldier" une chanson qui évoque la guerre en Irak. Je l'ai faite avec  le rappeur américain d'origine sénégalaise Akon. On s'est mis dans la peau d'un soldat américain qui est en Irak malgré lui...
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Avec Jean-Philippe Bayon, vice-président de la Région, délégué à  la solidarité internationale et à  la coopération décentralisée et Damien Chavalard de l'association Synapse.