Thursday, September 21, 2023

Installées depuis toujours au 28 rue Denis Epitalon, elles sont neuf aujourd'hui. La maison de retraite (un Ehpad) dont elles s'occupent et où elles vivent 24h/24, accueille 61 personnes âgées, hommes et femmes aux revenus modestes.

 

La congrégation a été fondée par Jeanne Jugan (1792 - 1879) en religion Soeur Marie de la Croix, canonisée par le pape Benoît XVI à Rome il y a deux ans. Cette Bretonne, fille de marin, à l'âge de 25 ans se mit au service des pauvres et des malades de la ville de Saint-Servan, aujourd'hui rattachée à Saint-Malo. En 1839, elle invita dans sa maison, qu'elle partageait déjà avec deux autres femmes, une vieille femme infirme et sans ressources, puis une autre. Elles forma une association de charité dès 1840 qui déménagea dans un ancien couvent. En 1842, vingt-six femmes âgées y étaient hébergées. En 1844, l'association prit le nom de Soeurs des Pauvres. Elles étaient six seulement. Rapidement, des maisons ouvrirent leurs portes à Rennes, Paris, Besançon, Nantes, Angers... En 1853, les Soeurs étaient au nombre de cinq cents. En 1879, à la mort de Jeanne Jugan, il existait déjà 170 maisons. La Congrégation est aujourd'hui présente dans une trentaine de pays.

Soeur Isabelle est la responsable depuis deux ans de la communauté stéphanoise. Elle compte dans ses rangs des femmes originaires d'Inde, de Colombie ou bien encore de Nouvelle-Calédonie, qui ont prononcé leurs voeux de chasteté, pauvreté, obéissance et hospitalité. Soeur Marie-Françoise vient de moins loin. C'est à Dijon où elle aidait les Soeurs comme laïque, nous dit-elle, qu'elle a vu comment elles s'impliquaient auprès des personnes âgées et qu'elle a reçu l'appel. " L'idée de Ma Maison (cette appellation en France est celle de toutes les maisons de la Congrégation, ndlr), est vraiment de garder un esprit de famille, pour qu'elles se sentent chez elles."

 

Soeur Gabrielle, une Ecossaise, dans le Forez depuis 2005, est en charge de la quête par correspondance. Avec l'aide d'un bénévole, elle envoie par la poste en période de Noël notamment, des formulaires qui appellent à la générosité. Des Soeurs participent aussi toute l'année, plusieurs fois par semaine, à la "quête extérieure", comme aux premiers temps de la Congrégation, en allant solliciter les bienfaiteurs. " C'est Sainte Jeanne Jugan qui a posé ce geste de la quête pour faire vivre ses maisons d'accueil, en faisant elle-même la tournée des donateurs ", nous explique Soeur Isabelle." Tout un courant de bienfaisance s'est ainsi créé et se poursuit depuis autour de chacune des Maisons, partout dans le monde." C'est pourquoi la rue où est située "Ma Maison" est dédiée à Denis Epitalon. Auparavant rue des Noyers, elle fut rebaptisée en 1874, l'année même de la mort de ce fabricant de rubans fortuné qui participa largement à sa fondation.

L'argent collecté grâce aux dons (et legs) sert à compléter la participation des résidents au coût d'hébergement, offrir un cadeau à tous à Noël...

Par ailleurs, trois à quatre ans de travaux sont prévus dans le cadre d'une restructuration globale de la Maison où travaillent 35 salariés. " On gardera la même capacité d'accueil", précise la Mère Supérieure.

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Il manque sur notre photo l'horloge et la cloche qui sont en cours de restauration. Elles ont été offertes par la famille Guitton, la famille du célèbre philosophe stéphanois qui participa au Concile Vatican II, apparentée aux Epitalon. Il existe aussi une Maison à Roanne, fondée en 1859. Il y en avait une autre à Rive de Gier dont les cloches sont conservées dans le parc de la maison stéphanoise. Celle-ci compta jusqu'à 238 lits d'après le Manuel des Oeuvres catholiques pour la ville de Saint-Etienne (1880). A deux pas, une rue est dédiée aux Petites Soeurs des Pauvres, au nombre de trois à l'origine, et une autre à Jeanne Jugan, près de l'église Saint-Ennemond.

 

La vie d'une Petite Soeur des Pauvres est partagée entre la communauté, la prière et le service aux personnes âgées. En bref, la journée débute par un temps de prière à la chapelle suivi de l' office divin. 7h30: relève des équipes nuit/jour et petit déjeuner. Vers 8h, chaque soeur pend son service auprès des résidents. 10h 45: messe avec l'aumônier. Aide au service du repas à midi. Vers 13h, repas et temps communautaire. Ensuite, retour aux activités. Temps de prière le soir. Souper des résidents. Repas et temps communautaire jusqu'à 21 heures et enfin Complies. Elles étaient quatorze il y a six ans. La mère supérieure est nommée généralement pour trois à six ans à la tête d'un établissement.