Friday, July 30, 2021
L'article qui suit date de 2007. Le Centre d'interprétation du Fleuve Loire a ouvert quant à  lui en 2010.
 
Peut-être connaissez-vous le parc animalier et botanique du château de Bouthéon. Il offre une vue superbe sur la plaine du Forez et invite à  approcher des races anciennes : chèvres du Rove, chevaux de traits Auxois, ânes du Bourbonnais. Ses douze hectares proposent également une balade enchanteresse où l'on peut découvrir un jardin à  la française, une roseraie, un verger, un carré de plantes aromatiques. Très bientôt, nous pourrons aussi arpenter les salles du château. La directrice nous a fait visiter les lieux et notre opinion est que le château, côté cour , sera à  l'image de ses jardins : authentique. Ce qui n'empêche en rien, concernant le Centre d'interprétation du Forez, une interactivité de bon aloi.
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Solange Alcacer aime « son » château de Bouthéon. « Parce qu'il a une architecture compliquée, née des envies des différentes familles qui l'ont habité depuis le XIIe siècle et qui l'ont doté d'espaces disparates. Surtout parce que ce n'est pas « un château dans le formol ». Et la directrice de ce joyau de nous expliquer comment il a été pensé pour devenir un lieu vivant en même temps qu'une vitrine de notre région.


Restauration des toitures, aménagement du parc, d'une boutique, des nombreuses salles, du parking.
Coût total des travaux: sept millions d'euros.





Le Centre d'Interprétation du Forez

Le château, racheté en 1995 par la municipalité d'Andrézieux-Bouthéon, se compose de deux longues bâtisses qui se font face, séparées par une esplanade ornée d'un majestueux portique d'entrée de la Renaissance et d'un puits orné de cariatides, également de la Renaissance. L'aile sud est la partie médiévale, où naquit le château, à  l'origine un simple donjon. C'est ce bâtiment - « où les travaux de restauration furent énormes car il fut laissé à  l'abandon et utilisé à  des fins agricoles » - qui abrite désormais le Centre d'Interprétation du Forez. Il a pour but de promouvoir le territoire forézien à  travers tous ses particularismes : historiques, naturels, géologiques, artistiques, etc.

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L'ancien grenier transformé en amphithéâtre qui accueillera des conférences ou des projections de films.
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Par le biais d'une scénographie originale (une maquette en relief de 5 mètres, diverses animations audiovisuelles dont une galerie de « portraits parlants ») ce Centre d'Interprétation se veut une porte sur le Forez afin d'inciter les visiteurs à  faire plus ample connaissance avec ce territoire étonnant et complexe. Dans les caves, de nombreux objets de la région racontent leur histoire. Pas de vitrines, les visiteurs peuvent les toucher, tourner les manivelles, apprendre et se faire surprendre. Dans la cuisine, un chef virtuel vous invite à  recomposer différentes recettes foréziennes en touchant des ingrédients factices.
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Côté fourneau par ailleurs, l'équipe du château n'exclut pas de mettre en place également des ateliers de (vraie) cuisine médiévale. Puisque le château possède un potager de légumes anciens et une serre de plantes aromatiques.
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L'aile nord

L'autre bâtiment a été édifié à  la fin du XVe siècle par Mathieu de Bourbon. Les Gadagne firent aménager dans la deuxième moitié du XVIe siècle la cour qui sépare les deux bâtisses en même temps qu'elle faisait masquer l'aile sud par une façade d'apparat. L'aile nord, facilement identifiable à  ses deux grosses tours rondes à  chacune de ses extrémités, a subi des apports successifs jusqu'au XXe. Les salles du rez-de-chaussée serviront à  accueillir des séminaires, de même que les salles à  l'étage, chacune décorée d'une belle et imposante fresque représentant des lieux emblématiques du Forez : le prieuré de Pommiers-en-Forez, la Bâtie d'Urfé.

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Cette imposante cheminée se trouvait à  l'origine dans le Château de Monistrol
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Au service du public, au service des entreprises, au service de l'apprentissage des savoirs, « Bouthéon le Beau », qui enthousiasmait déjà  Honoré d'Urfé, s'offre une nouvelle jeunesse et n'attend plus que vous.

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Les principaux propriétaires du château

Le castrum de Boteon est cité au XIIIe siècle. Il appartient aux comtes de Forez. Vers 1420, il appartient à  Louis de Joyeuse. Sa fille Jeanne épouse Gilbert de Lafayette, compagnon de Jeanne d'Arc et lieutenant général des provinces de Forez, Lyonnais et Beaujolais. Le château revient ensuite à  leur fils, Antoine de Lafayette. Il est acheté en 1462 par Jean II, duc de Bourbon et comte du Forez, qui le donne en 1486 au fils naturel qu'il a eu avec Marguerite de Brunant: Mathieu de Bourbon, dit le Grand Bâtard. Mathieu de Bourbon fut le compagnon d'armes du roi Charles VIII.

Aile nord, rez-de-chaussée, alcôve est. Médaillons représentant, sur deux d'entre eux, les initiales PA pour Pierre II de bourbon et son épouse Anne de France (de Beaujeu), oncle et tante de Mathieu, autour d'un chardon et surmontées de la couronne ducale; sur les deux autres le cerf ailé de pierre II dans une nuée ardente avec la ceinture "Espérance" (devise des Bourbon).

Moulage

Il reste au mains des Bourbon jusqu'en 1519. Quand Anne d'Urfé, au début du XVIIe siècle, donne la première description du château, celui-ci appartient aux Gadagne depuis 1561 mais l'auteur précise bien que c'est "le bastard Matieu de Bourbon" qui avait débuté les travaux somptueux.  

Guillaume de Gadagne était le descendant d
'une riche famille de banquiers florentins. A la fin du XVIIIe siècle, le château passe aux mains de Claude Antoine Praire de Neysieux puis, en 1803, dans celles de Grailhe de Monteymard. Claude Coignet, riche rubanier stéphanois, le rachète en 1879. Sa famille en reste propriétaire jusqu'en 1938. Il est alors vendu Hospices civils de Saint Etienne. En 1961, le château est acheté par un industriel, Paul Grousset, et enfin par la Commune d'Andrézieux-Bouthéon en 1995.

> Le Centre d'interprétation du Forez sur le site dédié