{mosimage}Le Sugoroku est un jeu traditionnel japonais. Une sorte de jeu de l'oie sur plateau.  Catherine Beaugrand a créé une variante de type "urban gaming" qui se déroule du 15 au 30 novembre sur plusieurs parcours stéphanois allant de Carnot à Montreynaud. Le jeu permet d’associer la promenade, la découverte d’un lieu, les médias numériques et des pratiques artistiques.

Christine et NNagyi, deux étudiantes de l'ESADSE, sont médiatrices au Hall A, un des lieux d'accueil du Sugoroku. Près de deux bras mécaniques mis en scène par l'artiste Michaël Sellam, elles nous expliquent le principe de ce jeu immersif qui invite à redécouvrir l’espace urbain et qui fait la part belle aux nouvelles technologies.

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Sugoroku est un jeu de piste. C'est donc équipé d'une carte, et de préférence d'un téléphone portable, que le participant débute son parcours dans le quartier de Montreynaud. Pourquoi Montreynaud ? " Parce que c'est un quartier qui possède un urbanisme et une histoire particulière. Un lieu  d'espoir qui n'a pas marché ", répond Christine. Le but du jeu est de collecter des objets virtuels, créés par Pekka Harni, un artiste qui travaille sur des objets contemporains "mais d'une manière un peu archéologique". En l'occurence des objets du catalogue Manufrance classifiés dans sept catégories (vêtements, outils...) de 5 ustensiles Sur le parcours, balisé par des symboles discrets et ésotériques inscrits sur le sol ou le mobilier urbain, pour indiquer qu'on est sur la bonne voie, une centaine de stickers sont disséminés. Ils indiquent les codes permettant de collecter les objets. Une fois qu'un sticker a été trouvé (la carte n'indique pas précisément la localisation des étiquettes), le participant doit scanner le code barre (sémacode rebaptisé pour l'occasion SugoCode) à l'aide de son téléphone mobile s'il est équipé et l'envoyer par SMS directement sur son compte internet.

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Ce qui suppose de s'être inscrit préalablement sur le site internet sugoroku.eu. On peut aussi simplement envoyer le code de l'objet par SMS ou bien, pour celles et ceux qui n'ont pas de portable, le noter sur un papier. Seule la connexion internet est finalement nécessaire pour pouvoir participer. Le but est donc d'avoir, comme autrefois avec les images Panini ou les albums WWF,  la plus grande collection d'objets, matérialisés sur son compte par une image. Et qu'est-ce qu'on gagne si on trouve les 35 objets. Rien. Pensé à la manière d'un site communautaire, le joueur peut aussi échanger ses objets en double avec d'autres joueurs.

L'aspect ludique du sugoroku va de paire avec une approche sensible du territoire. "Jouer au sugoroku, c’est faire l’expérience de l’environnement sous une forme renouvelée ", explique Caherine Beaugrand dans le catalogue de la Biennale. "On a pris beaucoup de photos et on a fait des interviews des gens qui ont vécu dans le quartier jusqu'à aujourd'hui" , souligne Christine. Le matériel collecté lors de ce travail en amont en forme de "design relationnel" est consultable sur le site sugoroku.info.  Des habitants racontent le quartier, par exemple Mr Minon qui évoque les logements sociaux « Les Castors », Mr Chapelon ("les Gaulois sont partis") ou encore les responsables de la bibliothèque, depuis les permanences dans les pré-fabriqués. A écouter aussi, les responsables du projet de la Grand'Ourse...

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"Montage pour The Intergalactic Afrofuturist Space Door" (Hall A). Les bras mécaniques jouent six partitions sur des claviers de synthétiseur. "Entre chaque cycle, les robots font une révérence qui permet de distinguer les compositions aléatoires" , nous fait remarquer NNagyi. Le jeu s'appuyant sur les ressources associatives, des expositions-relais sont également mises en place à l'AGEF, au collège Seguin...

Pour en savoir + rendez-vous à l'Espace Sugoroku de la Biennale ou dans les sites relais.