Monday, July 22, 2024

Ce n'est pas la moins kitsch des créations à  voir à  l'exposition Design et Foot (jusqu'au 18 septembre à  la Cité du design), qui en compte pourtant quelques-unes !

Aymeric Jaffray, étudiant de 3e année à  l'ESADSE, avait dans l'idée de s'intéresser au football sous l'angle du fanatisme. Il a puisé son inspiration dans l'Eglise maradonienne. Elle a été fondée en 1998, année sainte du football français, qui vit aussi dans un certain Chaudron la victoire aux tirs au but, en huitième de finale, des Argentins sur les Anglais au terme d'un match intense (2-2). Rencontre qui fuit suivie, on s'en souviendra aussi, en centre-ville d'une troisième mi-temps mêlant dans une grande communion collective les supporters anglais, les ultras de tous horizons, les jeunes des quartiers. "L'Eglise" compte de nombreux adeptes, en Amérique du sud, à  Espagne, au pays de la Camorra.

Son autel dédié à  San Diego Armando, saint patron de l'Albiceleste, s'élève à  1 mètre 66. C'est la taille du petit génie. Il faudrait avoir l'esprit tordu pour y voir le signe du Malin. La photo en gros plan de la main du gamin contre l'Angleterre en 86 est là  pour nous rappeler l'acte d'antijeu le plus célèbre de l'histoire du football, baptisé par lui-même "la main de Dieu". Mais gardons à  l'esprit, en plus des Malouines, son 2e but, d'anthologie. Qui l'a racheté ?

Aymeric Jaffray a peaufiné deux à  trois mois son projet et travaillé six semaines en atelier. 91 bougies à  l'effigie de Maradona, pour autant de sélections nationales, sont disposées sur l'autel, que domine l'angelot doré. 34 sont bleues pour symboliser ses réalisations sous le maillot argentin. Les 345 traits bleus peints symbolisent ses 345 buts. L'étudiant s'est vraiment amusé. Placée sur une des deux mains tendues, une canette de soda, découpée. Suggérons qu'il s'agit d'une canette de coca. Un rail de coke aurait sans doute fait mauvais genre...

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