Wednesday, September 22, 2021

C'est une bien étrange petite sculpture. Elle a visiblement quelques années. On ignore qui l'a réalisée. Elle est située au bord d'une route dans le petit village de Soleymieux dans les monts du Forez. Elle représente une femme allongée allaitant un nourrisson.

Il s'agit d'un ex-voto comme l'indique le texte gravé en plusieurs langues sur une plaque en métal surmontant le bas-relief. Nous lisons: « Ex Voto O. Correa 1841 Vallecito R.A. » puis «En remerciement de tes bienfaits ». L'histoire de ce personnage est ensuite racontée : « Seule, son petit enfant dans le bras, affrontant les dangers du désert, Olinda se lance à la recherche de son compagnon, prisonnier des troupes "unitaires". L'eau lui manquant, épuisées ses maigres provisions, ses forces l'ont abandonné. Sous le soleil implacable, on a trouvé son cadavre... Elle protégeait encore son petit qui, les lèvres sèches, se pressait contre le sein de sa mère, ultimes fraîcheurs. La ferveur populaire fit élever une chapelle à Vallecito, là où elle avait succombé. En ce lieu des milliers de croyants accourent, le cœur empli d'espoir, pour vénérer en elle la mère et la terre nourricière. Ici tout un peuple reconnaissant, dans sa propre souffrance, celle de la pélerine, humblement vient invoquer son aide miraculeuse (sic). »

C'est joliment exotique. Il s'agit de l'histoire de Deolinda Correa, appelée aussi la Difunta Correa. Ce personnage mythique qui a vécu au XIXe siècle est vénérée comme une sainte dans son pays natal, l'Argentine où elle a son grand sanctuaire (à Vallecito), et dans d'autres pays d'Amérique du Sud. «  La majeure partie de son culte est rendu au bord des routes, dans d’humbles sanctuaires », indique la page de Wikipedia qui lui est dédiée. On y trouve souvent des bouteilles d'eau. Pour en savoir plus, le lecteur pourra aussi consulter cette page : Difunta Correa, la légende de la femme abandonnée.