Wednesday, September 22, 2021

On n'imagine pas un jour en France sans polémique, c'est entendu. Une d'entre elles, il y a quelques semaines, concernait la suppression dans certains grands musées parisiens de la datation en chiffres romains dans des contenus à destination des visiteurs. Pour faciliter leur lecture, il s'agit de remplacer les chiffres romains servant à indiquer le siècle au cours duquel a été réalisée une œuvre par les chiffres modernes, appelés aussi « chiffres arabes », assez improprement ne serait-ce que parce qu'ils sont d'origine indienne... Bref, remplacer par exemple « XVIIe siècle » par « 17e siècle ».

Il en est un en tout cas qui aurait dû s'abstenir de vouloir utiliser la numérotation romaine. Noter qu'on s'est déjà fait l'écho, brièvement, de cette anecdote dans une vieille page de notre portail consacrée aux sculptures de Saint-Etienne.

Il s'agit du sculpteur Paul Landowski (1875-1961). Il est l'auteur notamment du Christ Rédempteur de Corcovado à Rio de Janeiro (1931). Une vingtaine d'années plus tôt, il a signé pour la ville de Saint-Etienne le beau monument en hommage à Joseph-Marie Jacquard, génial inventeur du fameux métier à tisser mécanique, dit métier Jacquard. Ce monument se trouve évidemment sur la place qui porte son nom.

Landowski l'a réalisé en 1912 et c'est ce que l'artiste aurait voulu indiquer sur son œuvre, en chiffres romains. Il a ainsi gravé dans la pierre l'inscription « Anno MXMXII ».

Sauf que 1912 s'écrit en chiffres romains MCMXII (1000 + 1000 - 100 + 10 + 2).

« MXMXII » n'a aucune signification. Ce n'est pas 2002 partant du principe 1000 + 1000 – 10 + 10 + 2. Parce que dans les chiffres romains, en notation soustractive, X (10) peut précéder uniquement L (50) et C (100).

2002 s'écrit MMII (1000 + 1000 + 2).