Wednesday, September 22, 2021

Alors que Saint-Etienne s'apprête à accueillir les Championnats de France Elite d'athlétisme, une exposition temporaire retrace la longue histoire du Coquelicot 42. Elle est présentée au Musée des Verts à Geoffroy-Guichard, ce qui n'a rien d'incongru puisque le club d'athlétisme et le club de foot ont partagé une histoire commune dans leurs jeunes années. Ainsi le Club athlétique du Coquelicot et l'Association sportive stéphanoise - le club omnisport de Casino dont la section d'athlétisme fut des années 20 à 40 un sérieux rival du Coquelicot - ont un temps fusionné, pendant l'Occupation, pour former le premier... Club athlétique de Saint-Etienne (C.A.S.E). Pierre Guichard, féru d'athlétisme, a occupé la fonction de Président d’honneur du Coquelicot et le stade Geoffroy-Guichard, dont il est à l'origine, dans sa première mouture (1931) comportait une piste de course à pied de 400 mètres de long ceinturant le terrain. Elle fut conservée jusqu'en 1957.

Cette exposition a été réalisée dans le cadre du centenaire du Coquelicot coïncidant avec le centenaire de la Grande Guerre. On a déjà évoqué ses origines et le choix de cette fleur comme emblème (liens en bas de page). Elle a été pensée et scénographiée par Thierry Rebuffel, historien passionné du « Coque » et collectionneur. « Plusieurs années de travail, nous dit-il, pour retracer l'histoire d'un des plus anciens clubs de France, au palmarès acceptable ».

Elle évoque les débuts, les années fastes*, le déclin, le renouveau, les présidents qui se sont succédé, de Louis Pagon (1919-1920) à Pierre Gardet (depuis 2014), en passant par Léon Nautin, héros de la Résistance**, et Yves Domenichini qui lui redonna une âme et un peu de son lustre d'antan; les entraîneurs emblématiques, au rang desquels Jean Glévarec dans les années 1940, créateur de la première école d'athlétisme et par ailleurs fondateur des Sports olympiques féminins, et Pierre Burellier, dans les années 60, sous l'impulsion duquel le sprint devint le point fort du club ; la formation bien sûr, de l'école de Jean Glévarec (1942) au centre de formation du docteur Chave (2010), en passant par les stages de préparation initiés dans les années 60 par Claude Dessons.

Au rang des personnalités marquantes, une large place est faite à « un grand monsieur » (Thierry Rebuffel) : Lucien Bignozet, qui a consacré sa vie au club, lequel fut sous sa direction le 2e club français (1982). D'autres panneaux évoquent le stade Henri Lux (inauguré en 1973, baptisé ainsi deux ans plus tard en hommage à l'ancien président du C.A.S.E), le palmarès, les manifestations sportives qu'il a organisées (dont plusieurs Championnats Elite), les sélections dans les équipes de France... Depuis Julien Soucours en 1952 (cross), plus de cent licenciés au « Coque » ont défendu les couleurs nationales.

Parmi les belles pièces exposées, il y a justement le short et maillot que portait Jacques Fellice aux JO de Moscou (1980). Et quelques antiques du club bien sûr, rouges ou blancs *** dont le maillot de 1920, type « marcel » avec écusson brodé côté cœur, et les lettres rouges C.A.C. Celui-ci a été refait à l'identique. Le coquelicot qu'on pourrait confondre avec une rose, les traces de boue sur un autre maillot : le visiteur songera peut-être aux Chariots de feu... Impossible de passer à côté des étonnantes chaussures à pointe dont celles, de marque Asics, portées par Christophe Lemaître. Mentionnons encore les médailles olympiques (deux en or et une en argent) de l'haltérophile stéphanois Louis Hostin, la « Muse de Massenet » offerte par Michel Thiollière à l'Algérienne Nouria Mérah-Benida, championne olympique en 2000 (son sacre est montré en vidéo), un dossard dédicacé du Cubain Javier Sotomayor...

* A titre d'exemple : 10 médailles glânées en 1981, dont trois en or, à la Coupe d'Europe interjeunes, trois titres de champion de France de relais en 1983 et 84, quatre records de France entre 1986 et 1988...
** En mission à Bordeaux, Léon Nautin fut arrêté et mit fin à ses jours en avalant une capsule de cyanure
*** Les rayures rouges et blanches n'apparaissent qu'en 1955

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