Thursday, November 26, 2020

Les objets mobiliers historiques de la métropole, ou tout du moins de Saint-Etienne, mériteraient l'édition d'un guide, à l'instar de ce qui avait été réalisé sur les bâtiments de ce qui était alors la communauté d'agglomération (lire). Les deux tableaux classés de l'église de Terrenoire y figureraient. On doit au service Saint-Etienne Ville d'Art et d'Histoire d'en savoir plus à leur sujet. Ces explications sont consultables sur place.

 

Le premier tableau est intitulé « La Présentation au Temple ». Il s'agit d'une peinture à l 'huile sur toile réalisée par Laurent de la Hyre (1606-1656) en 1634. Elle montre Syméon qui, reconnaissant en lui le Sauveur, s'agenouille devant l'Enfant que Marie fait passer de ses bras aux siens. Derrière eux, Anne annonce à un autre personnage que cet enfant est le messie attendu. Il ne s'agit pas de la mère de la Vierge mais de la prophétesse mentionnée dans l'Evangile de Luc. Le grand prêtre est quant à lui reconnaissable à sa tiare. Ce tableau a été classé en urgence en 1987, dans de drôles de circonstances. Alors qu'il était tombé dans l'oubli et avait disparu des murs de l'église, et qu'il était menacé de vente, c'est un restaurateur auquel il avait été confié qui redécouvrit la signature et alerta le service des Monuments Historiques. Comment est-il parvenu à Terrenoire ? « Tout paraît indiquer, lisons-nous, qu'il provient des saisies révolutionnaires. Le cardinal Fesch (oncle de Napoléon, archevêque de Lyon de 1802 à 1839, ndFI), à l'origine d'une grande collection de tableaux, dut l'acquérir dans les dépots d'oeuvres d'art. Au milieu du XIXe siècle, le tableau est donné, probablement en même temps qu'un important Restout, à l'église de Terrenoire ».

Le Restout en question (Jean Restout, 1692-1768) date de la première moitié du XVIIIe siècle. Classé également en 1987, restauré en 2009, il représente le repos de la Sainte Famille pendant la fuite en Egypte. Il est possible qu'il ait été exécuté en partie par Restout, et en partie par un de ses élèves. Restout avait peint un tableau sur ce thème pour les Missions Etrangères en 1739 mais ce ne serait pas celui de Terrenoire. «  Les dimensions indiquées dans le livret du Salon de 1739 ainsi que la description faite dans le catalogue de vente du cardinal Fesch nous prouvent qu'il ne s'agit pas de ce tableau »...