Wednesday, May 19, 2021

Rachetée par la commune en 1951 à Pierre Neyron de Saint-Julien, cette très ancienne place forte, un temps transformée en collège, fut ensuite confiée à la Société d'Histoire de Roche-la-Molière. C'est aujourd'hui l'association patrimoniale Amip'roche qui anime l'espace mémoire. Inscrit à l’inventaire des monuments historiques, le château a été restauré ces dernières années, notamment les salons XVIIIe situés au rez-de-chaussée, et son parc rénové.

Il est cité dans la Permutatio, c'est à dire l'accord conclu en 1173 entre l'archevêque de Lyon et le comte de Forez. Il a appartenu aux Lavieu puis aux Augerolles et aux Capponi. Aux seconds s'attache un fait divers sanglant. Nous sommes le 31 mars 1584, veille de la fête de Pâques. Le seigneur de Roche, Antoine d'Augerolles, en conflit avec la famille des Saint-Priest, seigneurs de Saint-Etienne, quitte son château avec son fils Jean pour se rendre à la messe à l'église de Saint-Genest-Lerpt. Sur le chemin, ils rencontrent les Saint-Priest et leurs gens. Des coups de feu éclatent. Antoine d'Augerolles, touché, meurt les heures qui suivent et son fils rendra l'âme quelques jours après. Aymard de Saint-Priest et ses fils seront condamnés à mort mais seront graciés par le roi Henri III.

Après les Capponi, une riche famille de banquiers florentins par ailleurs propriétaire du château de Feugerolles, le château passe aux mains du Duc de Charost pour une courte période (1765-1772) puis dans celles de Jacques Neyron, fabricant de rubans stéphanois, futur maire de Saint-Etienne (1778).

Son grand bureau est l'une des nombreuses pièces à visiter. On ne manquera pas, surtout, la boulangerie avec son rare four à trois foyers du XIIIe siècle, et la cuisine du XVIe avec sa belle voûte en croisée d'ogive blasonnée avec les armes des anciennes familles. La chapelle, toujours consacrée, conserve deux tableaux classés, datant de l'époque où le château était occupé par les Capponi. Il s'agit d'une représentation de Sainte Anne et la Vierge, inspirée par un Rubens, et d'une représentation de l'Annonciation. On y trouve également une croix reliquaire ramenée comme prise de guerre par Alexandre de Capponi après la bataille de la Montagne blanche (près de Prague, dans l'actuelle République Tchèque le 8 novembre 1620). Dans cette chapelle encore, un buste de saint Sabin, bien connu dans le Pilat. Une large place est faite aussi, bien sûr, à la mine – il y eut quatorze cités minières à Roche - et à ses drames. Une galerie a été reconstituée par l'association et « la maison du mineur » donne l'aperçu d' un intérieur des années 30. A noter encore le salon kabyle qui renferme des meubles et objets remarquables offerts par un des descendants de la famille Neyron de Saint-Julien.