Wednesday, September 23, 2020

L'article qui suit, ici restauré, avait été publié initialement à l'occasion de la parution d'un guide de Saint-Etienne Métropole des monuments historiques sur le territoire formant alors la communauté d'agglomération. Ce guide daterait de fin 2012 ou courant 2013. Il comporte la mention du classement de l'église Saint-Pierre de Firminy en mai 2012, ou bien encore celle de l'inscription du château de Feugerolles (Le Chambon-Feugerolles) en octobre 2012, ainsi qu'une allusion aux Journées du Patrimoine 2013. Pour une raison qui nous échappe, le site du musée de la mine, à Saint-Etienne, y est répertorié avec la seule mention de son inscription, en date du 22 avril 2010. Il a pourtant été classé courant 2011...

Pour mémoire, il existe pour les monuments deux niveaux de protection : l'inscription (« à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques ») et le classement. Le premier, par arrêté du préfet de région, concerne les immeubles présentant un intérêt remarquable à l'échelle régionale ; le second, par arrêté ministériel ou décret en conseil d’État, protège les monuments présentant un intérêt à l'échelle nationale.

Les données qui suivent sont donc celles de cet ancien guide qui ne s'intéresse qu'aux immeubles ; un objet mobilier pouvant aussi être inscrit ou classé. Saint-Etienne Métropole, désormais Métropole administrativement, couvre un territoire de 53 communes, en ayant intégré depuis, par exemple, la commune de Saint-Galmier qui compte un certain nombre de monuments historiques.

79 et plus, donc.

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Heureuse idée que de publier un guide gratuit faisant l'inventaire des richesses du patrimoine industriel, civil ou religieux de l'agglomération. Ce tour d'horizon passionnant, en 40 pages rédigées par la DRAC Rhône-Alpes, Saint-Etienne Ville d'Art et d'Histoire, etc., nous apprend qu'elle compte 79 monuments historiques répartis sur 22 communes.

Unité d'habitation Le Corbusier

Treize d'entre eux (en ajoutant le musée de la mine) sont classés dont quatre sont situés à Firminy. Il s'agit bien sûr des réalisations de Le Corbusier (Maison de la Culture et Unité d'habitation), José Oubrerie (église Saint-Pierre, d'après l'avant-projet de Le Corbusier) et d'André Wogenscky qui reprit le chantier du stade après le décès de Le Corbusier. La Maison de la Culture et le stade furent classés en même temps, le 8 octobre 1984 ; ces deux réalisations étant indissociables du grand projet de l'architecte et urbaniste suisse. L'étonnante église Saint-Pierre, dont les travaux subirent une longue interruption entre 1971 et 2005, ne fut classée qu'en 2012.

La "cave du curé" (IIe siècle)

Les autres monuments classés sont : la partie souterraine, dite « cave du curé », de l'aqueduc romain du Gier à Chagnon, les restes de l'aqueduc à Génilac (classés ensemble en avril 1962), l'impressionnante cheminée de l'usine Marrel (108 mètres) à Chateauneuf, la Maison des Chanoines à Saint-Chamond, l'intérieur de l'église Saint-Pierre, dans la même ville, la Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez (ensemble remarquable à propos duquel il serait fastidieux de reproduire la longue liste d'inscriptions et classements de 1947 à 1995), et enfin l'aérium Rocheclaine de la Valla en Gier (un très beau puits Renaissance de la seconde moitié du XVIe siècle).

Immeuble dit "La Martre de France" de Joanny Morin, avenue de la Libération. Un certain nombre d'immeuble stéphanois inscrits, dont celui-ci, sont labellisés "Patrimoine du XXe siècle". En revanche, tous ceux qui sont ainsi labellisés ne sont pas inscrits au titre des MH.

Saint-Etienne, à elle seule, en possède 36, et un seul classé, nonobstant toujours le Parc-Musée de la Mine. Il s'agit de la célèbre Maison François Ier (1998). Tout à côté, la maison dite « Le mouton à cinq pattes » est inscrite quant à elle depuis 1982. Sont inscrits sept lieux de culte (La Charité, Sainte-Marie, le Temple...), des immeubles et hôtels variés, la Condition des Soies, l'ancienne Chambre de commerce, la Bourse du Travail, la centrale énergie Manufrance, la Manu, le kiosque de la place Jean-Jaurès et... un tombeau, le fameux tombeau Smith, en fonte et en forme de pyramide, dans le cimetière du Crêt de Roc.

Ancienne Chambre de commerce, rue de la Résistance (tribunal de commerce et maison des avocats aujourd'hui) construite en 1821 par Jean-Michel Dalgabio

Montée d'escaliers de la Condition des Soies, rue E. Reclus

Les plus anciennes inscriptions, en 1927, sont celles du clocher de l'église de Cornillon et des vestiges de l'église Saint-Pierre à Firminy. Trois ans plus tard, ce fut au tour du château de Rochetaillée.

Deux croix de pierre figurent parmi ces monuments : la croix du Marthouret à Saint-Héand et la croix de Doizieux. Inscrites respectivement en 1946 et 1949, elles subirent toutes deux le même sort. Celle de Doizieux fut démolie par un camion en 1952, celle de Saint-Héand en 2002 !

Les monuments du patrimoine minier sont peu nombreux. Il s'agit notamment du puits des Combes à La Ricamarie, le puits Combélibert à Rive de Gier, le puits du Pré du Gourd Marin, à Rive de Gier toujours, et le puits Couriot à Saint-Etienne.

Château Dorian à Fraisses (1867, Auguste Leroux pour le directeur des aciéries Holtzer, Pierre Frédéric Dorian)

On compte encore trois ponts dont celui sur la Durèze à Chagnon (XVIe siècle) et à Saint-Priest-en-Jarez le seul pont conservé de la première ligne de chemin de fer, l'usine Gillet à Saint-Chamond; une dizaine de châteaux dont celui, moyenâgeux, du Vivert à L'Etrat, inscrit dès 1946 et qui a la particularité, lisons-nous, d'avoir sur ses tours des meurtrières munies de pierres tournantes qui les masquaient aux assaillants... Sans oublier le canal de Givors à Tartaras, un certain nombre d'églises, etc.

Château de Cornillon (1080, inscrit en 2007)

Photos: archives FI