Wednesday, September 23, 2020

Claude Viallat a inspiré l'architecte Rudy Ricciotti dans la conception de la Maison de l'emploi de Saint-Etienne. Ce sont les nombreuses « empreintes d'éponge » qui constellent sa façade.

Le Musée d'art moderne et contemporain possède une très importante collection d'oeuvres de l'artiste, grâce à son amitié avec l'ancien directeur des musées de Saint-Etienne, Bernard Ceysson qui, en 1974, organisa une grande exposition sur le mouvement Supports-Surfaces.

La Maison de l'Emploi a été inaugurée en avril 2010 après quelques péripéties (lire).

L'architecte – grand prix international d'architecture en 2006, finaliste du concours international d'architectes pour la Cité du design et qui a depuis réalisé le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée à Marseille – nous avait expliqué ce choix trois ans plus tôt lors de la pose de la première pierre : «  Il y aura une rue intérieure et des coursives, et les façades seront percées par des ouvertures aléatoires inspirées du travail du peintre (...). Ces percements, qui seront mis en lumière la nuit, lui rendent hommage. Il ne voulait pas croire à  la disparition de la peinture, ne pouvait se résoudre à  croire que la peinture n'était plus crédible... Sa peinture, fondamentalement politique, refusait cette fatalité. J'ai essayé d'imaginer une relation, de me demander si on pouvait refuser la fatalité par un passage en force dans la matière, comme dans un inexorable destin qui aurait pu être malheureux... ».

 

Dans un entretien accordé à L'Essor en 2010, Ricciotti expliquait encore : « Viallat rappelle qu'avec d'autres peintres de sa génération, il leur était interdit de peindre. Après 1968 la peinture était culpabilisée car tout semblait avoir été fait. Ces artistes ont persisté pour repousser les limites de la peinture, pour continuer à garder espoir, continuer à croire que créer était encore possible et que la narration faisait encore sens. En architecture, la situation est équivalente, les miliciens de l'architecture coupent toutes les têtes qui s'expriment. Le sourire est suspect, la recherche des nouveaux langages aussi, le signe et l'écriture également ; la sexualité architecturale proscrite ? Voilà, il y avait cette idée désespérée de continuer à espérer toujours malgré l'intolérance. »

Photos (archives Forez Info): Maison de l'emploi by night, Viallat, « sans titre » acrylique et teinture sur toile de bâche, 1936 (exposé au MAMC en 2017), la Maison de l'emploi, vue intérieure lors du chantier, R.Ricciotti en 2007