Tuesday, June 18, 2024

L'église Sainte Marie à Saint-Etienne accueille désormais dans une de ses chapelles des kakémonos qui retracent dans les grandes lignes le destin des deux saints du diocèse. Le plus connu, sur lequel nous ne revenons pas, est saint Marcellin Champagnat (lire). L'autre est Jean-Louis Bonnard, mort en martyr au Vietnam.

Il est né à Saint-Christo-en-Jarez en 1824. Ses parents le placèrent comme berger, lisons-nous, mais, très pieux, il finit par entrer au petit séminaire de Saint-Jodard puis au grand séminaire de Lyon. Ordonné prêtre en 1848, il arrive au Vietnam en missionnaire. Refusant de profaner une croix, il est supplicié en 1852 sous le règne de l'empereur Tu-Duc. Béatifié par le pape Léon XIII en 1900, il fut canonisé en 1988 par le pape Jean-Paul II en même temps que les 116 autres martyrs du Vietnam (dont dix Français) dont la mémoire est célébrée le 24 novembre. Les deux miracles reconnus dus à son intercession se produisirent en 1852 et 1863.

A notre connaissance, trois autres prêtres de la Loire sont morts pour leur foi au Vietnam dans les années 1880: Etienne Rival, de Lorette, André Tamet, de Saint-Etienne, et François Manissol, de Saint-Romain d'Urfé.

Pour l'anecdote, le poème de Victor Hugo «  À un martyr », dans Les Châtiments, lui est dédié :

 « Ô saint prêtre ! grande âme ! oh! je tombe à genoux !
Jeune, il avait encor de longs jours parmi nous ;
Il n'en a pas compté le nombre ;
Il était à cet âge où le bonheur fleurit ;
Il a considéré la croix de Jésus-Christ
Toute rayonnante dans l'ombre.

Or il est loin de nous une autre humanité,
Qui ne le connaît point, et dans l'iniquité rampe enchaînée,
et souffre et tombe.

Il s'est dit qu'il est bon d'éclairer dans leur nuit,
Ces peuples égarés loin du progrès qui luit,
Dont l'âme est couverte de voiles ;
Puis il s'en est allé dans les vents, dans les flots,
Vers les noirs chevalets et les sanglants billots,
Les yeux fixés sur les étoiles. »