Friday, September 24, 2021

On a entendu gueuler ça dans un coin du ring au cours d'un récent gala de boxe au stadium Maisonnial. C'était au début d'un match en six rounds avant le combat qui devait sacrer Salim Larbi. " Pas la bagarre ! Pas la bagarre ! Boxe ! "

Photo: Wiseman au Cinéma Le France, Saint-Etienne, mars 2011

 

 Dans le dernier film de Frederick Wiseman, Richard Lord et et ceux qui fréquentent assidûment la salle de boxe texane ne disent pas autre chose. Au Lord's Gym, femmes et enfants, hommes, vieux ou jeunes, font l'apprentissage du noble art. " J'ai aimé le décor de ce lieu", dit simplement le documentariste, qui se présente comme un "adorateur de la danse". Boxing Gym (90 minutes restantes sur 90 heures de rushes), bien qu'il ait été tourné avant La Danse, sorti en 2009, est actuellement projeté en salle.

" Les deux films sont très liés. La danse et la boxe demandent de la discipline et de la concentration et imposent de la souffrance au corps."

Et peu de boxeurs deviennent champions, comme il y a peu de danseuses à grimper au firmament. Mais on ne sent guère d'esprit de compétition entre les boxeurs de Wiseman.

" J'essaie toujours de montrer la complexité et l'ambiguité de nos actes, dit-il. Boxing Gym est un film optimiste, sur un lieu où se côtoient différentes populations, de toutes origines, dans une ambiance d'amitié et d'entraide. Mais c'est aussi, d'une certaine manière, un film pessimiste dont le sujet est la violence." Celle que canalise un sport appris ici dans un endroit qui ressemble parfois à un refuge quand s'y fait entendre l'écho de la folie de dehors.