Wednesday, December 08, 2021

Article initialement publié fin 2012.

Saint-Etienne, ancienne capitale du cycle, a aussi – on l'a oublié – fabriqué des automobiles entre 1899 et 1946. Serge Richoud, grâce au travail de documentation de son père, autre passionné, livre dans un petit ouvrage de quelque trente pages l'apport de la Loire dans ce domaine.

Les constructeurs stéphanois répertoriés par l'auteur, au nombre de treize, s'appelaient les Ateliers du Furan, Ateliers du Rond-Point, Dumont, Jussy, Laurent et Compagnie, Etablissements Chavanet, Gros et Pichard, à l'origine de la célèbre marque « Automoto », etc.

Un des plus curieux véhicules sortis des usines stéphanoises était un hybride appelé la Monotrace, une sorte de moto à quatre roues, ou d'auto à deux roues, avec deux places en tandem dans un habitacle avec ou sans capote. La Monotrace fut montée à partir de 1924 aux Ateliers du Rond-Point, route de Rochetaillée. Jean Dolsa lui avait consacré un article dans un bulletin des Amis du Vieux Saint-Etienne en 1994. « Cette machine tenait à la fois du bateau et de la baignoire par son aspect extérieur », écrit celui-ci. Elle avait une grande roue directrice à l'avant et une autre, motrice, à l'arrière, et à peu près au milieu de la longueur, deux petites roues latérales pour tenir l'équilibre à l'arrêt, relevables manuellement. Selon Jean Dolsa, environ 300 monotraces furent vendues et la fabrication s'arrêta vers 1928-1929. Un exemplaire, précise-t-il, était conservé dans l'ancien Musée d'Automobiles de Sury-le-Comtal...

Hors Saint-Etienne, il y eut dans la Loire, toujours d'après Serge Richoud, des constructeurs localisés à Charlieu, Firminy, Feurs, Fraisses, Unieux, Saint-Martin-d'Estréaux, Saint-Chamond et Rive-de-Gier. Mentionnons les voitures « Stimula » qui obtinrent certains succès sportifs, de La Chapelle Frères et Compagnie, à Saint-Chamond, entre 1905 et 1913-1914, et les « Rate Volage » (Saint-Martin-d'Estréaux) dont il n'y eut que sept ou huit exemplaires et dont le dernier fut détruit en 1942 par les Allemands.

A la lecture de ce livre, on croisera aussi le chemin de deux célébrités : René Fonck et André Citroën. Le premier, aviateur, l' « as des as » de la Grande Guerre, a tenté comme d'autres de se reconvertir dans l'automobile. Sans grand succès. Des voitures « Fonck » furent fabriquées à Unieux. Quant à André Citroën, s'il travailla à l'Arsenal de Roanne, « la première Citroën de type A n'a pas été fabriquée à Mably », souligne l'auteur...

La première illustration (monotrace) provient de la couverture du Bulletin du Vieux Saint-Etienne cité dans le texte