Cette réplique de voiturette Stimula 8HP de 1907 a été construite en 2024-2025 par une centaine d'élèves et étudiants en chaudronnerie et usinage du lycée Claude-Lebois de Saint-Chamond, « à partir des photographies et de mesures prises sur des modèles encore existants », précisent les Archives départementales de la Loire qui l'ont exposée lors des Journées européennes du patrimoine. On a déjà écrit, à l'occasion de la sortie d'un ouvrage de Serge Richoud, que la Loire avait été un centre de production de voitures non négligeable.

Le véhicule qui nous intéresse ici, et dont il ne reste que quelques rares exemplaires, fut fabriqué à Saint-Chamond par la Société de La Chapelle Frères et Compagnie. Serge Richoud à nouveau nous éclaire à ce sujet. L'atelier de mécanique de Guy et Carl de La Chapelle (rejoins par Alphonse Saclier, « un mécanicien de génie ») était né en Saône-et-Loire. Il fabriquait notamment un vélo à moteur déjà baptisé « Stimula », des quadricycles et tricars. Ils s'installèrent en 1907 à Saint-Chamond dans une usine mise à disposition par des anciens maîtres de forge de leur famille et se recentrèrent sur la fabrication de voiturettes. La première Stimula sortit en 1905. D'autres modèles suivirent dont un qui termina 5e au classement général de Tour de France automobile en 1912, sur 29 voitures engagées. En 1913 trois modèles étaient proposés. L'entreprise ferma ses portes au lendemain de la Grande Guerre.

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Un livre sur les constructeurs automobiles ligériens (juin 2012)
Saint-Etienne, ancienne capitale du cycle, a aussi – on l'a oublié – fabriqué des automobiles entre 1899 et 1946. Serge Richoud, grâce au travail de documentation de son père, autre passionné, livre dans un petit ouvrage de quelque trente pages l'apport de la Loire dans ce domaine.
Les constructeurs stéphanois répertoriés par l'auteur, au nombre de treize, s'appelaient les Ateliers du Furan, Ateliers du Rond-Point, Dumont, Jussy, Laurent et Compagnie, Etablissements Chavanet, Gros et Pichard, à l'origine de la célèbre marque « Automoto », etc.
Un des plus curieux véhicules sortis des usines stéphanoises était un hybride appelé la Monotrace, une sorte de moto à quatre roues, ou d'auto à deux roues, avec deux places en tandem dans un habitacle avec ou sans capote. La Monotrace fut montée à partir de 1924 aux Ateliers du Rond-Point, route de Rochetaillée. Jean Dolsa lui avait consacré un article dans un bulletin des Amis du Vieux Saint-Etienne en 1994. « Cette machine tenait à la fois du bateau et de la baignoire par son aspect extérieur », écrit celui-ci. Elle avait une grande roue directrice à l'avant et une autre, motrice, à l'arrière, et à peu près au milieu de la longueur, deux petites roues latérales pour tenir l'équilibre à l'arrêt, relevables manuellement. Selon Jean Dolsa, environ 300 monotraces furent vendues et la fabrication s'arrêta vers 1928-1929. Un exemplaire, précise-t-il, était conservé dans l'ancien Musée d'Automobiles de Sury-le-Comtal...

Hors Saint-Etienne, il y eut dans la Loire, toujours d'après Serge Richoud, des constructeurs localisés à Charlieu, Firminy, Feurs, Fraisses, Unieux, Saint-Martin-d'Estréaux, Saint-Chamond et Rive-de-Gier. Mentionnons les voitures « Stimula » qui obtinrent certains succès sportifs, de La Chapelle Frères et Compagnie, à Saint-Chamond, entre 1905 et 1913-1914, et les « Rate Volage » (Saint-Martin-d'Estréaux) dont il n'y eut que sept ou huit exemplaires et dont le dernier fut détruit en 1942 par les Allemands.
A la lecture de ce livre, on croisera aussi le chemin de deux célébrités : René Fonck et André Citroën. Le premier, aviateur, l' « as des as » de la Grande Guerre, a tenté comme d'autres de se reconvertir dans l'automobile. Sans grand succès. Des voitures « Fonck » furent fabriquées à Unieux. Quant à André Citroën, s'il travailla à l'Arsenal de Roanne, « la première Citroën de type A n'a pas été fabriquée à Mably », souligne l'auteur...

La première illustration (monotrace) provient de la couverture du Bulletin du Vieux Saint-Etienne cité dans le texte
