Wednesday, April 01, 2020

Un bref aperçu de ce qu'on peut lire dans le dernier Cahier de l'Institut stéphanois (avril 2017).

Pour une « En3s » Ambroise Croizat

L'Ecole nationale supérieure de Sécurité sociale, à Saint-Etienne, possède un amphithéâtre auquel a été donné le nom de Pierre Laroque (1907-1997). Ce haut-fonctionnaire, directeur général des assurances sociales du ministère du Travail, amorça la révision de la législation des assurances sociales qui aboutit à la mise en place de la Sécurité sociale en 1945. Dans l'éditorial de ce numéro, Daniel Jaboulay regrette qu'Ambroise Croizat (1901-1951), député communiste et membre de la CGT, l'un des fondateurs de la Sécu, ne soit pas honoré. Il suggère de donner son nom à l'école...

Les morts de la MAS

Daniel Jaboulay relate l'histoire du monument aux morts de la Manufacture d'armes de Saint-Etienne, financé par les manuchards, et les parcours – quand ce fut possible – des résistants morts au combat, fusillés, morts en déportation dont les noms y sont inscrits. Ce texte figure aussi dans nos pages (lire).

Le pas de la Manu ?

Le même auteur dézingue une expression qui fut en vogue à Saint-Etienne et que les anciens, peut-être, continuent à employer. Avoir « le pas de la Manu » signifiait marcher lentement, comme « d'un train de sénateur ». Expression malicieuse, note-t-il, qui stigmatisait en fait les travailleurs de la MAS, qui « auraient été mieux payés en travaillant peu et en disposant de la garantie de l'emploi... ».

Daniel Jaboulay écrit que « la MAS a été une entreprise où pendant longtemps on gagnait assez mal sa vie », où ont travaillé aussi des ouvriers spécialisés « avec des salaires relativement bas et sans espoir d'un avenir professionnel meilleur », et où la sécurité de l'emploi fut, par la nature même de ses fabrications, « toute relative et fluctuante ».

L'auteur rappelle encore que, compte tenu du particularisme de la MAS, devenue en 1894 un établissement d'Etat dirigé par le ministère de la Guerre, « l'application du droit syndical, contestée par l'autorité militaire pendant de nombreuses années, y fut une rude bataille ». Lire à ce sujet, ce texte, dans nos pages.

Transports urbains stéphanois

Aimé Relave, retraité CGT des traminots de Saint-Etienne, a prononcé un discours en novembre 2016 lorsque fut inaugurée, place Bellevue, une stèle commémorative à l'emplacement de ce qui fut le dépôt et le siège des transports urbains de l'agglomération stéphanoise entre 1881 et 1993. Le texte de son intervention est publiée dans ce numéro. Il revient notamment sur les années 1968 et 1982. La première, « à l'heure où toutes les grandes cités faisaient le choix [ d'abandonner le tramway] » fut entamée une « transformation à la fois technique, écologique, et urbanistique », quand aux anciens tramways ont succédé les rames PCC. La seconde fut marquée par le prolongement de la ligne de Bellevue à Solaure, inauguré par Charles Fiterman, ministre des transports, un Stéphanois communiste, « ancien électricien au dépôt »...

Georges Séguy

Décédé l'année dernière, il fut longtemps le secrétaire général de la CGT, succédant à Benoît Frachon, et l'un des fondateurs de l'IHS de l'organisation. En 1989, il était venu à Saint-Etienne présenter son livre « 1er Mai, les 100 printemps ». Jacky Henry évoque cet « écrivain de la mémoire ouvrière » et le contexte local particulier dans lequel il intervint, « les années de plomb du bassin stéphanois » (Alban Graziotin), étant marquées par des fermetures d'entreprises – en particulier celle de l'emblématique Manufrance. L'auteur, à la lecture du livre de Séguy, évoque le 1er mai 1890 dans la Loire. Un an plus plus tôt à Paris, le congrès constitutif de la IIe Internationale socialiste avait décidé l'organisation d'une grande manifestation internationale, tous les 1er mai, en mémoire des événement de Chicago (1er mai 1886), et pour revendiquer la journée de 8 heures. Le 1er mai 1890, de nombreux tisseurs roannais et mineurs de Saint-Etienne se mirent en grève alors que de très importantes forces de police étaient déployées. A Saint-Etienne et Firminy, Louise Michel, la veille, participa à des réunions ouvrières...

> Lire aussi (IHS Rhône-Alpes)