Thursday, April 02, 2020

Syndicats, guerre et révolution russe est l'intitulé d'un article paru dans le 118e numéro des Cahiers d'Histoire Sociale de l'IHS CGT Rhône-Alpes (mars 2017, 32 pages). Roger Gay y relate les mouvements ouvriers qui agitèrent la région lyonnaise dans les années 1917 et 1918, quand aux revendications économiques étaient associés, par les éléments anarcho-syndicalistes, des mots d'ordre en faveur de la paix. Des militants de la Loire ont eu une certaine influence sur les événements jusque dans le sud du Rhône. Ainsi le 14 février 1918, c'est un dirigeant de l'Union Départementale CGT Loire qui, à Givors, devant plus 1500 personnes fait l'apologie de la paix. Le 17, toujours à Givors, un syndicaliste de Firminy, Guillet, développe les mêmes thèmes et préconise la révolte pour faire cesser la guerre. Les militants du comité de défense syndicaliste, qui animent le comité général de l'UD CGT de la Loire, font voter « irrévocablement » la grève pour le 1er mai 1918, déclarant que « cette démonstration ne peut avoir qu'un caractère de protestation contre la guerre, pour hâter l'heure de la paix », alors que dans le même temps, à Lyon, l'UD du Rhône y renonce. Dans notre département, 30 000 salariés cessèrent le travail et de nombreuses réunions se tinrent dans une « Bourse du travail à chaque fois bondée », d'après la lettre de Flageolet, un syndicaliste de la Loire, adressée à un homologue du Rhône. Ce succès stéphanois devait pousser à l'action les dirigeants lyonnais. La grève pour la paix survient alors en particulier dans des usines de Givors. A Lyon, par contre c'est un échec : quelque 1500 grévistes sur 26 000 ouvriers potentiellement concernés...

On lira aussi dans ce numéro un article d'Alain Bujard consacré aux femmes engagées dans les rangs républicains lors de la Guerre d'Espagne. On y apprend que Lise London, née Elisabeth Ricol, était issue d'une famille espagnole installée à Saint-Etienne en 1918. Epouse d'Arthur London, elle fut en Espagne la secrétaire d'André Marty, organisateur des Brigades Internationales, puis en France pendant l'Occupation, une résistante déportée.

Contact de l'Institut d'Histoire Sociale Rhône-Alpes : 04 78 95 31 37
Il compte aussi neuf instituts départementaux. Dans la Loire, à Saint-Etienne, il porte le nom de Benoît Frachon. Il a son local à la Bourse du Travail.