" C'est ma ferme opinion... Après mes travaux, il n'y a plus de tombe à  découvrir dans la vallée", avait proclamé l'égyptologue Giovanni Belzoni au XIXe siècle. On imagine sans peine l'émotion qu'ont dû ressentir en 1922 Howard Carter et Lord Carnarvon lors de la découverte de la tombe de Toutankhamon. Celle du premier surtout qui s'employa pendant des années à  en extraire tous les trésors, alors que le second s'éteignit quelques mois après l'ouverture. Lord Carnarvon, qui avait misé sur Carter et son rêve fou de découvrir la tombe inviolée d'un pharaon inconnu, n'aura eu le temps de contempler que le premier sarcophage abritant la dépouille momifiée du jeune pharaon. Il n'aura pu admirer les deux autres, ni le fameux masque d'or.


On doit aux ateliers du Caire, sous la direction d'Atef Abdel Shafi, la reconstitution de la tombe à  taille réelle. Six ans de travail - c'est aussi le temps qui fut mis pour extraire tous les objets de la tombe -  auront été nécessaires pour réaliser plus de 1000 répliques. Dans la première salle sont exposés des objets d'époque, outils, accessoires, lettres, montre, argenterie..., ayant entouré Carter dans sa vie quotidienne. Une maquette à  l'échelle 1/16e montre les quatre salles composant le tombeau : antichambre, chambre funéraire, salle du trésor et annexe. Chacune fait l'objet d'une exposition.


De l'antichambre sont reproduits des coupes et vases en albâtre, des armes de sport et de combat (boomerangs, cannes..) que Toutankhamon aurait collectionnées, du mobilier, des lits funéraires surtout, à  l'image des divinités (Sekhmet la lionne, "la vache sacrée" et la "grande dévorante" à  tête d'hippopotame, corps de crocodile et pattes de félin), deux chars de parade, et le trône d'or. C'est un objet un peu plus mystérieux encore car il y est représenté le symbole d'Aton de la période amarnienne, c'est à  dire du règne d'Akhenaton, père de Toutankhamon et réformateur religieux. Deux sculptures grandeur nature du Roi, placées en vis à  vis, montent la garde à  l'entrée de la chambre funéraire. Dans celle-ci sont exposées les reconstitutions des trois sarcophages de plus de 3000 ans, qui étaient emboîtés les uns dans les autres: le sarcophage extérieur, l'intermédiaire et le plus petit, mais en or massif martelé, qui contenait la momie. Dans la salle du trésor, dont le vidage, pour elle seule, dura quatre ans, le visiteur pourra admirer notamment le coffre aux canopes, les petits sarcophages qui contenaient les viscères du pharaon et des statuettes rituelles. 413 de ces statuettes furent découvertes, qui entouraient celle du roi, représentant des ouvriers (un pour chaque jour de l'année) et les autres des surveillants, un pour chaque mois et pour chaque décade. La dernière salle enfin fut dégagée plus de cinq ans après l'ouverture de la tombe et a livré plus de la moitié de ce que recelait l'ensemble, 3000 objets entassés pêle-mêle: des coffres, des jarres, des arcs, bijoux, vêtements, paniers...

Cette exposition, qui en met plein la vue, est présentée dans le cadre de la Foire Internationale de Saint-Etienne jusqu'au 29 septembre. Il faudrait une sacrée malédiction pour qu'elle ne fasse pas le plein de visiteurs.