Thursday, September 10, 2026

Les Fusillés, 1940 - 1944 est un dictionnaire biographique des fusillés "légaux" - en quelque sorte - durant l'Occupation, c'est à  dire les fusillés par condamnation par les autorités allemandes en France. Ces hommes et femmes (lire plus loin) étaient gaullistes, communistes, syndicalistes, socialistes, ou bien tout simplement patriotes. Certains étaient des résistants actifs, d'autres furent arrêtés en raison de leurs origines, de leur refus de l'Occupation ou de leur engagement militant.

L'ouvrage recense aussi les otages exécutés par les Allemands, les personnes condamnées par les tribunaux italiens, les condamnés par les sections spéciales françaises puis guillotinés, et les condamnés par les cours martiales de Vichy.

Comme prennent soin de le préciser les auteurs, ne figurent pas dans l'ouvrage "les exécutés sommaires, ni les massacrés - ceux qui, dans le cadre essentiellement de la fin de l'Occupation et de la fuite des forces ennemies, firent l'objet de véritables tueries" (voir note*).

La Loire ne figure pas dans la liste de noms par lieux d'exécution des fusillés par condamnation ou comme otages. Les exécutions de ce type eurent lieu, pour l'essentiel et au plus près de notre département, dans le Rhône (prison Saint-Paul,  fort de Montluc, La Duchère à  Lyon, la Doua à  Villeurbanne) et à  Clermont-Ferrand.  

On ne s'est pas amusé à  passer en revue les 1930 et quelques pages de ce pavé monumental (4425 biographies !) mais nous pouvons citer en passant quelques noms de Stéphanois, notamment, qui s'y trouvent. Ainsi Antoine Fay, de Terrenoire, domicilié à  Saint-Etienne, ouvrier métallurgiste fusillé le 13 janvier 1944 sur le stand de tir du terrain militaire de la Doua pour "activité terroriste et acte de franc-tireur". Louis Granjon fut fusillé au même endroit en 43. Il habitait rue Roger-Salengro à  Saint-Etienne où il fut arrêté sous un nom d'emprunt, suite à  une dénonciation. Il faisait partie du réseau Buckmaster. Sa tombe (photo) se trouve au cimetière de Montmartre. Il reçut la Légion d'honneur à  titre posthume en 1950. A la Doua encore mourut Emile Mercier, du même réseau. Condamné à  mort pour "aide au terrorisme et haute trahison". Il repose au cimetière de Montaud...

Le dictionnaire comporte 3287 noms de fusillés, 863 noms de fusillés dans le cadre de la politique des otages des allemands, 18 noms de guillotinés suite à  une condamnation des sections spéciales de Vichy, 8 noms de suicidés avant la fusillade, 120 noms d'Alsaciens-Lorrains exécutés, 85 noms de suicidés et morts sous la torture, et 39 noms de femmes.  

Il y a en en fin de volume deux corpus: Biographies de femmes exécutées et Biographies des morts sous la torture et des suicidés. "Sans garantie d'exhaustivité", soulignent les auteurs.

Concernant les femmes, c'est (encore) plus compliqué. " Elles furent arrêtées, torturées, déportées, parfois traduites devant les tribunaux militaires allemands et condamnées à  mort, lisons-nous, mais, à  de très rares exceptions près, au tout début ou à  la toute fin de l'Occupation, leur peine était commuée et elles étaient envoyées en Allemagne." Ces 38 biographies décrivent la variété des situations: décapitation en Allemagne, exécutions plus ou moins sommaires en France... Parmi les plus connues, il y a Olga Bancic, FTP-MOI, seule femme du procès dit de L'Affiche Rouge, décapitée en Allemagne le jour de ses 32 ans; Berthie Albrecht, qui se donna la mort par pendaison à  Montluc; Suzanne Cointe et Suzanne Spaak, exécutées pour leur appartenance au célèbre réseau d'espionnage soviétique appelé Orchestre rouge. Le 39e nom de femme est placé dans le corpus principal, avec les 3286 autres noms de fusillés.  Il s'agit de Franciska Chudala-Gielnik, de nationalité polonaise, fusillée en France, dans la Somme, le 29 juin 1940.

* Pour cette raison, peut-être, n'y figure pas la résistante Elise Gervais, martyrisée à  Saint-Etienne dans les toutes dernières heures de l'Occupation.
 
Illustration en introduction: poteaux d'exécutions de la prison Saint-Paul de Lyon (Jean Nocher, Les Geôles de la Liberté, décembre 44)

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>> Les morts de la MAS

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