Wednesday, July 15, 2020
Les étangs foréziens sont aujourd'hui au nombre de 300 environ, pour une superficie totale avoisinant les 1500 hectares. Ils sont généralement de petite taille: entre 5 et 6 hectares en moyenne. Rares sont les grands étangs de plus de 25 hectares. Ils sont répartis en trois plaques principales autour d'Arthun, Mornand et Feurs. Ils furent créés à  partir du XIIIe siècle, pour la pisciculture. Jean-Noël Degorce, dans Les milieux humides de la Loire, relève qu'"incontestablement  les Comtes du Forez ont édifié le plus grand nombre d'étangs mais les particuliers, petits seigneurs, sont nombreux. Les autres se partagent entre les bourgeois et quelques rares paysans".

En revanche, écrit-il, "il est vain de chercher en Forez l'action déterminante des religieux". Les premiers connus des historiens sont les étangs du Comte, devenus par la suite les étangs du Roi, mentionnés en 1233 et établis au pied du mont d'Uzore. Celui de Vidrieux aurait été édifié entre 1239 et 1241. Plusieurs autres sont connus au XVe siècle : l'étang d'Ormaie à  Sainte-Foy-Saint-Sulpice (aujourd'hui le plus vaste des étangs du Forez avec 42 hectares), l'étang de Sainte-Agathe, l'étang Bailli à  Boën-sur-Lignon.

Au début du XIXe siècle, 600 à  700 étangs étaient dénombrés (selon les sources, pour une superficie citée de 3000 à  3600 hectares). Considérés comme insalubres et facteurs de paludisme, beaucoup furent asséchés suite à  un arrêté d'assainissement pris par le Conseil Général, sous Napoléon III. Dans certains bassins (Vizézy, Onzon) le tiers, voire la moitié des étangs disparut dans la deuxième moitié du XIXe siècle.

A cette époque débuta aussi la construction du Canal du Forez dans l'objectif d'irriguer les cultures maraîchères du Sud de la plaine, d'asperger les cultures et prairies des autres secteurs de la plaine et alimenter certains étangs. Sur ce dernier point, cet ouvrage, qui a profondément modifié le paysage de la plaine, dessert, au moyen de prises d'eau, 500 hectares d'étangs et contribue ainsi à  favoriser la production piscicole. De nouveaux étangs virent le jour, créés par la bourgeoisie à  partir de la fin du XIXe siècle. Des industriels stéphanois notamment viennent alors s'installer dans la plaine. C'était l'époque des belles demeures à  la campagne et le début d'une nouvelle activité  : la chasse au gibier d'eau.
Concernant la gestion piscicole, elle était équilibrée il y a 25 ans avec une production moyenne de 400 kg à  l'hectare. 600 à  650 tonnes de poisson étaient ainsi pêchées chaque année, d'octobre à  mars. Aujourd'hui, la production a été divisée par 4 et est tombée à  125-150 tonnes, d'après l'association qui souligne que la plupart des piscicultures des étangs sont déficitaires et survivent grâce à  la chasse au gibier d'eau. Cette chute est due au biotope qui a considérablement évolué au fil du temps (apparition de certaines espèces envahissantes : poissons chats, écrevisses de Louisiane, ragondins, rats musqués…), et à  la protection des oiseaux piscivores perturbant l'équilibre naturel.
__

Remerciements à  la Maison des Etangs du Forez (réserve de Biterne) dont les données communiquées empruntent à  plusieurs sources: Conseil général de la Loire, François Tomas (les étangs et la légende du lac), Conservatoire régional des espaces naturels...

Photo de Bruno Besset publié en 1987 dans l'ouvrage collectif Forez. (Christine Bonneton Editeur) et légendée "Etang près de Saint-Sulpice". Au premier plan, une bonde, un ouvrage de vidange.