Monday, October 23, 2017

... le livre d'artiste. Par exemple, celui d'Emma Nussbaum, avec ses 29 grandes pages de papier japon, marquées à  l'encre de Chine, suspendues à  leurs baguettes de bambou. Il est exposé dans la Bibliothèque universitaire du site Tréfilerie. Avec lui, d'autres ouvrages réalisés par les étudiants-stagiaires du Master 2 Professionnel Edition d'art et livre d'artiste, sur le thème « Regards Croisés : France-Japon ».

C'est la deuxième exposition des étudiants de cette jeune formation créée par Jacquie Barral, qui n'en est qu'à  sa 4e promotion et qui se déroule sur un an, d'octobre à  août avec un semestre en entreprise. D'une année sur l'autre, dix à  douze étudiants seulement, retenus sur dossier, la suivent. Et parmi eux quelques rares garçons. Il y a par exemple neuf filles, sur dix stagiaires, dans la promotion qui expose actuellement, celle de 2010/2011. " En début d'année, ils doivent réaliser un livre d'artiste dont ils donneront un exemplaire à  la bibliothèque", nous dit Olivier Valois, chargé des acquisitions en arts. L'année dernière, l'exposition portait sur un poème en 12 strophes de Michel Butor que la douzaine d'étudiants devait illustrer. Le poète et romancier a soutenu la création du Master et il sera présent lors de la très prochaine Fête du livre, lors d'un dialogue au Musée d'Art Moderne avec Jackie Barral et d'autres artistes. Ce sera le 12 octobre (15 h) et la rencontre tournera bien sûr autour du livre d'artiste.

Dans la promotion de cette année, plusieurs étudiant(e)s ont voyagé ou s'intéressent au pays de leur camarade Massami Tokida. Agathe Baez a réalisé des "kimonos de saison" avec du lin, des rubans de soie, du papier velin d'arches... La petite oeuvre de Laurence Duplan, avec un drôle de pli en diagonale, compte seize pages noires et blanches et joue sur le sens de la lecture: à  la française depuis la première de couverture, à  la nippone en débutant par la 4e de couverture. Massami Tokida a pour sa part créé un livre parfumé inspiré par Le Dit du Genji de Murasaki, mais qui emprunte aux fragrances françaises.

L'exposition ne se laisse pas facilement saisir mais mérite le coup d'oeil. Entrez, si vous le pouvez, dans l'atrium, cet îlot où tout n'est... qu'ordre et beauté, luxe, calme...