Monday, March 01, 2021
C'est en vain qu'on a cherché quelques anciennes coutumes foréziennes se rattachant à  la période de Pâques. Tout au plus, pouvons-nous citer, outre la tradition, qui perdure, de peindre des oeufs, celle, abandonnée, de promener un boeuf gras dans les rues de Montbrison. Avec Mai, on est plus chanceux. On y rencontre la "Maïa".
Reine de mai, vêtue de blanc, la fillette s'en allait avec ses compagnes quêter en chantant :
" Maê de Maê, quio de belette,
Bailla-me un io pa fère une omelette !" Et si, la chanson finie, la porte d'un fermier restait close, le choeur reprenait en français:

" A la porte d'un vilain,
On n'y gagne jamais rien !"

On doit cette anecdote à  l'ouvrage collectif Forez, dans la collection "Encyclopédies régionales" des Editions Christine Bonneton. Cette "piocelle" forézienne (le mois de mai est celui de Marie dans la tradition catholique mais aussi de Jeanne d'Arc), empruntait son nom à  l'ancienne déesse antique, la "petite mère".

En mai sont fêtés aussi Saint Jacques le Mineur, Saint Isidore et Saint Honoré. Isidore, patron des laboureurs, était tout particulièrement honoré dans notre région qui compta encore, au début du XXe siècle, jusqu'à  14 sociétés dédiées, d'après l'étude de Vicat et Fortier-Beaulieu (1937). La fête de Vougy en son honneur était réputée. Elle existe toujours, début juin.

La Saint-Honoré, fêtant le patron des boulangers, le 16 mai, était l'occasion de vendre des brioches de porte en porte.

Enfin, le premier jour du mois, les Farlots de Chazelles-sur-Lyon confectionnaient - cette tradition existe-t-elle toujours ? - un chapeau qui était accroché au bras de la statue de Saint Jacques, venant remplacer celui de l'année précédente. Une procession a été organisée jusque vers 1868.

A Cottance, les jeunes de la MJC perpétuent d'année en année une tradition. Elle veut que durant la nuit du 30 avril au 1er mai, ils s'en aillent à  pied, de maison en maison chanter "le joli mois de mai" sous les fenêtres et récolter des oeufs et autres victuailles.

Il est arrivé par le passé, en des circonstances exceptionnelles, que le mois de mai soit fêté bien avant l'heure. Lisons Jean Canard dans Forez et Lyonnais : météorologie : notes du XVIe au XIXe siècle (1959). Il cite un prêtre de Saint-Just-en-Chevalet qui écrit en... janvier 1619 !

" Il est à  noter qu'il fesait tellement chaut en se temps qu'on pot jouet aux longues boules vers le Montellare et ceux qui jouet estoit tous en chemises. Et les filles du bourg Saint-Thibaud alloit le soir audit Montellare en chantant la chanson du moys de may, tellement estoit beau et chaut."

Photos:

détail d'une bannière de Saint-Isidore, Chazelles-sur-Lavieu,

Des jeunes de Cottance, photo d'archives