Wednesday, September 23, 2020
Le 7 mai 1954 le camp retranché de Diên Biên Phu tombait après deux mois de combats acharnés entre les troupes Viêt Minh et le corps expéditionnaire français et ses supplétifs. La Conférence de Genève, qui avait débuté pendant la bataille, le 26 avril, s'acheva le 21 juillet par les Accords de Genève. Ils mettaient fin à  la guerre que se livraient depuis 1946 la France et la République démocratique du Vietnam (fondée par Hô Chi Minh en 1945) et partageaient le Vietnam en deux zones, au Sud et au Nord, en attendant une réunification qui ne vint pas. Pas avant longtemps. Une autre guerre, celle dite du Vietnam, allait débuter. Depuis 2005, c'est le 8 juin qu'a lieu la Journée nationale d'hommage aux « morts pour la France » en Indochine. Cette date correspond au jour du transfert à  la nécropole nationale de Notre-Dame de Lorette de la dépouille du Soldat Inconnu d'Indochine, le 8 juin 1980. 
 
La base de données des Morts pour la France d' Indochine, consultable sur le site "Mémoire des hommes" du Ministère de la Défense, recense 150 noms de soldats natifs de notre département tombés pendant le conflit. Ce qui semble peu... L'un d'entre eux, le gendarme Charles Javel, nous est connu puisqu'une cérémonie avait eu lieu en sa mémoire il y a quelques années à Saint-Etienne. Rappelons que contrairement à  l'Algérie, les appelés n'ont pas été envoyés au Vietnam. Certains sont morts de maladie, d'autres en captivité, comme Roger Léon Désiré Decormes (2e régiment de tirailleurs marocains, originaire de Chazelles-sur-Lyon, décédé en 1953), des suites de leurs blessures (Roger Rascle, de Rive-de-Gier, Saïgon 1948), dans un accident d'avion (Jean Marcel Terrat, de Saint-Etienne, 1949), ont disparu au cours d'une attaque (Antoine Brunel, de Saint-Etienne, 1949), tués à  l'ennemi (André Journoud, de Saint-Chamond, 1950), etc. Une recherche plus fine indique que 21 seraient morts durant l'année 1954. La mention "Diên Biên Phu" apparaît quelquefois:
- Joseph Paul Victor Bacher, de Saint-Sauveur-en-Rue, (3e régiment étranger d infanterie),
- Gérard Beaumont, de Saint-Etienne, (1er régiment de chasseurs parachutistes),
- Michel Chochois, de Roanne, (1er régiment de chasseurs parachutistes)...
 
On remarquera aussi certains "cas". Ainsi celui de Gaston Joseph Ducruix, de Saint-Etienne, lieutenant colonel décédé en captivité au Nord Vietnam le 1er septembre 1954.

Une plaque commémorative en mémoire des combattants d'Indochine figure sur le monument de Fourneyron à Saint-Etienne.

Evoquer cette "sale guerre", c'est aussi se souvenir d'un certain Georges Boudarel. Celui-ci a inspiré à Erick Zonca le personnage de Cariou dans son film Soldat blanc (2014). Né à  Saint-Étienne, ce militant communiste rejoignit les rangs du Viêt Minh alors qu'il enseignait en Indochine. Dans les années 90, alors qu'il était universitaire, il fut accusé par d'anciens prisonniers, dont Jean-Jacques Beucler, ancien secrétaire d'État à  la Défense puis aux Anciens Combattants, d'avoir été commissaire politique et d'avoir torturé des soldats français détenus dans le sinistre camp 113. C'est l'affaire Boudarel qui défraya la chronique et dont on prendra connaissance en écoutant cette émission de France Culture ( écouter ).