Tuesday, January 19, 2021
L'île est souvent perçue comme le lieu isolé du monde où tous les rêves seraient permis. Ainsi Libertalia sous la plume du capitaine Charles Johnson, c'est à  dire Defoe, peut-être.
Sa devise était "Pour Dieu et la Liberté". C'était une colonie fondée par des hommes possédés par des idées radicales, des pirates partis créer au loin une société nouvelle. Libertalia, sur ou au large de l'île de Madagascar, n'aurait pas existé. Ce serait une invention littéraire, une fiction politique comme l'Atlantide de Platon. La grande exposition que propose le Musée d'Art Moderne aborde l'île comme métaphore de la recherche de l'artiste. " L'artiste, prisonnier de sa liberté, victime de sa radicalité,  explique Lorand Hegyi, cherche le lieu de son utopie, où la réaliser. La sécurité, l'isolation, le danger et l'aventure constituent des parts de l'art. " Le visiteur est invité à  accoster de rivage en rivage, dans le sillage de 35 artistes: Costas Tsoclis, Jan Fabre, Louise Bourgeois, Tony Cragg... Quelques photos:


Albatros, Jannis Kounellis, 2001. Réalisé avec des morceaux de bateau en bois sur des plaques de fer. L'albatros est symbole de liberté. Ou la vocation de l'artiste à  quitter la sécurité pour tenter l'aventure. Mais le voyage est difficile.  Ces morceaux de bateau semblent évoquer  les débris d'un naufrage... C'est aussi l'emblème de la condition humaine.


La route de l'exil, et des bidons d'eau vides, qui flottent, paradoxe, sur une flaque d'eau (Barthélémy Toguo)



Michelangelo Pistoletto, "Labirinto e Grande Pozzo"

Au Musée d'Art Moderne du 17 décembre 2010 au 17 avril 2011