Saturday, February 24, 2024
La commission mémoire du Conseil départemental pour les Anciens combattants et la mémoire de la Nation vient de publier un opuscule passionnant, et gratuit, d'une cinquantaine de pages. Partant des quelques rares monuments de la guerre de 1870, il évoque ce conflit livré contre la Prusse, perdu et bien lointain dans les mémoires.
 

Les anciens disaient "ça tombe comme à  Gravelotte" quand ils parlaient de la pluie en évoquant cette terrible bataille du 16 août 1870.  A celle-ci ont participé deux Chazellois (Chazelles-sur-Lyon) et un Chevrotin (Chevrières) dont les noms sont gravés sur les monuments aux morts des deux communes. Un y fut blessé; un autre y a perdu la vie; le troisième y a disparu.  

Il n'y a dans la Loire que six monuments commémorant  le sacrifice des soldats de 1870, dans un conflit qui enleva l'Alsace et la Lorraine à  la France, et qui annonçait une autre hécatombe, bien plus effroyable encore. On les trouve à  Roanne, Saint-Etienne, Rive de Gier, Chevrières, Saint-Germain-Laval et Chazelles-sur-Lyon. Il le sont encore plus ceux qui honorent spécifiquement leur mémoire. A Chevrières, par exemple, c'est sur une face du monument de la guerre de 14-18 qu'on lit les noms des soldats tombés en 70. A Rive de Gier, il semble, malgré la mention "1896" figurant au pied du monument, que celui-ci a été érigé après 1918.

Les deux plus imposants monuments de 1870 sont à  Roanne et Saint-Etienne. Celui de la cité nord ligérienne fut réalisé par le sculpteur Euchère Girardin (natif de Saint-Vincent-de-Boisset) et l'architecte Michaud. C'est un ange qui soutient un soldat mourant. On ne s'attarde pas sur le monument stéphanois. Consulter à  ce sujet notre article sur les statues et sculptures de Saint-Etienne dans nospages "encyclo".

La lecture de cet opuscule nous apprend aussi que la mention "Mort pour la France" n'existe que depuis 1915. On disait auparavant "Mort pour la Patrie". C'est ce qu'on lit sur les monuments aux morts de 1870.

Et que la ville allemande de Wurzburg possède dans son cimetière un petit monument sur lequel est représenté un shako et, gravés sur un bouclier de bronze, les noms de six soldats français prisonniers qui y sont morts. L'un des six s'appelait Jean Escalier. Il était né à  Cottance (canton de Feurs) en 1844.