Wednesday, September 23, 2020

Comme chacun sait, la fin du monde n'a pas eu lieu en 2012. C'est fort heureux car à  notre connaissance si des opérations de sauvetage extraterrestres étaient programmées en divers lieux (Col-de-Vence, pic de Bugarach...), aucune ne l'était dans notre département. C'est en effet un fait assez établi que les Martiens, Sélénites et autres, verts ou gris, se foutent aussi éperdument de notre sort. On en voudrait pour preuve les données consultables par tout un chacun sur le site du Groupe d'études et d'informations sur les phénomènes aérospatiauxs non identifiés (GEIPAN). Celui-ci a répertorié 213 cas d'observation en Rhône-Alpes et seulement 11 concernent la Loire. Nous sommes loin, très loin, derrière la Haute-Savoie et les autres départements.

 

Mais le GEIPAN classe très sérieusement ces observations en quatre catégories: phénomènes parfaitement identifiés (A), probablement identifiés (B), non indentifiables par manque de données (C) et non identifiés (D). Cette dernière - celle qui excite follement - en recoupe deux: D1 correspondant « à des phénomènes étranges, mais dits de consistance moyenne, par exemple associés à un témoignage unique, sans enregistrement photo ou vidéo» et D2 qui correspond « à des phénomènes très étranges et de consistance forte : plusieurs témoins indépendants et/ou des enregistrements photo ou vidéo et/ou des traces au sol ».

 

18 cas d'observation rhônalpins sont classés en catégorie D dont trois D1 (deux en Isère et un dans la Drôme). Aucune observation n'est classée D2. Une seule s'est produite dans la Loire, à  Saint-Haon-le-Châtel en mai 2004. Les deux témoins ont vu « un point lumineux comme une étoile très brillante qui suivait des trajectoires variées. Le phénomène s'est ensuite divisé en plusieurs points de différentes couleurs. Ces points se sont rapprochés des témoins qui ont pu distinguer une forme triangulaire et un bruit sourd de moteur. » Les procès verbaux d'audition de la Gendarmerie sont consultables sur le site.

 

Une seule observation de type D dans la Loire, donc. De même, ceci dit, que la Haute-Savoie qui détient le record d'observations toutes catégories. En comparaison, 5 observations classées D se sont produites en Ardèche. Les autres observations ligériennes se répartissent comme suit: 3 observations de catégorie C, 6 de catégorie B et 1 de catégorie A. Cette dernière eut lieu le 13 août 1998 vers minuit à  Saint-Chamond. Plusieurs membres d'une famille ont vu des points lumineux scintillants dans le ciel. « Cette observation de 3 points lumineux jaune rouge et vert dans le ciel, correspond à  l'étoile Antarès », lisons-nous comme explication. Extrait du procès-verbal de la Gendarmerie: « Mme G, astronome amateur nous explique que l'objet en question n'est autre qu'une étoile. Il s'agit d'ANTARES, étoile de la constellation du scorpion. Les lueurs qu'elle émet ont une explication scientifique connue. Elles sont dues au fait que la position basse ( moins de 15 degrés) de cette étoile sur l'horizon la rend sujette aux déformations chromatiques et lumineuses compte tenu de l'épaisseur de l'atmosphère que le regard doit traverser pour la voir. »

 

Bref, autant confondre une étoile et un réverbère, comme chante l'autre. Remarquez, des lanternes thailandaises ont semble-t-il traversé le ciel de Rive de Gier en 2013 (catégorie B) et l'ISS itself celui de Noirétable en 2010 (catégorie B). En 1997 en Firminy, quatre témoins à  la « curiosité active » (mais trois femmes) ont observé « une lueur blanche de forme arrondie, avec un cerceau extérieur et l'intérieur serti de petits cercles lumineux, projetant des faisceaux lumineux en direction du sol » (catégorie B). Plus intrigant, en décembre 1979 à  Roanne, un jeune homme a observé six objets brillants ayant la forme de ballon de rugby, volant en formation trois par trois (catégorie C)... Signalons une autre rencontre étrange qui ne figure pas dans les données du GEIPAN, et qui se produisit en 1982. La presse de l'époque s'en fit l'écho. Les témoins - “ excusez du peu - étaient notamment le préfet de la Loire, Roger Rocher, président de l'ASSE, et le président du Conseil général. Tout ce beau monde était à  bord d'un avion d'Air Inter effectuant la liaison entre Saint-Etienne et Paris. Au dessus de Roanne, les passagers aperçurent et décrivirent un mystérieux engin métallique de forme arrondie...

 

En remontant très loin dans le temps, il faut mentionner aussi celle-ci, laissée par un certain Morelle, armurier stéphanois. Elle est relatée dans un vieux bulletin des Amis du Vieux Saint-Etienne. « L'Année 1799, dans le courant de l'été, en effet, parut au ciel, ce que l'on appelle phénomène. Le ciel était clair et il partit d'Orient en Occident, une espèce de feu, comme une fusée volante, qui dispersa des étincelles de feu semblablement à  ladite fusée, mis plus grosses et plus flamboyantes, qui traversa la sphère continentale et fit un bruit semblable au tonnerre, un peu moins fort, mais néanmoins la terre trembla. C'était de 6 à  7 heures du soir que ce fit cela, que cette substance parut tirer sa forme naissante du ciel éthéré. »

 

Mais bien sûr vous penserez que ce n'était qu'une comète...