Sunday, October 24, 2021

Une publicité des années 1920 vantait l'"écriture claire, nette et d'une lisibilité parfaite" de la machine à  écrire "Typo". Elle était commercialisée et utilisée par la Manufacture Française d' Armes et Cycles de Saint-Etienne (Manufrance en 1947) qui employa jusqu'à  300 dactylographes. Pour elles, une méthode de doigté avait même été éditée. Pour plus d'efficacité, s'entend.

 

C'est un exemple parmi d'autres qui explique, outre la qualité de ses productions, l'extraordinaire longévité de l'entreprise, novatrice à  plus d'un titre. Les visiteurs pourront s'essayer au clavier "Azerty", en suivant les recommandations.

Des centaines d'autres pièces de toutes sortes sont présentées au Musée d'Art et d'Industrie. Vous ne le saviez pas ? C'est difficile à  croire.

L'exposition débute par une projection en forme de réclame pour le "Palais industriel" du Cours Fauriel, à  la pointe de la modernité, construit en 1893. Là  seront fabriquées "avec une précision mathématique" chaque année les machines à  coudre Omnia, 60 000 armes diverses (Simplex et autres Robust) et chargées quatre millions de cartouches. 2000 ouvriers et employés y travaillent en 1909.

 

 

Le parcours se déroule de manière chronologique. Il débute en 1885 avec la création de la première Société Blachon, Mimard et Compagnie, pour s'achever, comme chacun le sait, un siècle plus tard. La société Hirondelle en 1887 qui va donner des ailes au cycle français, avec la "Superbe" pour commencer (1889); la naissance du Robust en 1913; l'organisation scientifique du travail, calquée sur le taylorisme; l'influence d'Henri Fayol (formé à  l'Ecole des Mines de Saint-Etienne); le Tarif-Album (ou catalogue de vente par correspondance),... toute l'aventure de Manufrance est décortiquée. Une machine à  coudre Omnia a même été disséquée.

 

 

On découvre aussi le mobilier de la salle du Conseil d'administration, tables et chaises achetées par Etienne Mimard aux Etats-Unis. Les machines-outils utilisées par les dresseurs de canons sont impressionnantes, comme les éloges laissés par les visiteurs avant-guerre sur le livre d'or. La Manufacture, autre singularité, ouvrait facilement ses portes. Ils étaient bien sûr réutilisés comme argument publicitaire.

 

 

Ainsi ce négociant originaire de Lourdes avait touché du doigt le paradis: " C'est une merveille de progrès", écrit-il. Cet autre a eu le vertige - ou la "lourde" comme on dit chez nous: " Tout visiteur devient forcément client s'il ne l'était déjà ." Quant à  celui-là , il peut mourir en paix: " Je me retire émerveillé."

Cette exposition aussi - à  voir - a bien failli nous en mettre plein la vue. Mais on revient toujours de tout...

 

« Manufrance, Bien faire et le faire savoir. 1885-1985 »

Jusqu'au 27 février 2012