Friday, September 24, 2021

Et sous nos pieds coule une rivière: le Gier. Nous sommes à  Saint-Chamond à  deux pas de la place Dorian, boulevard François Delay. Pour tout savoir du Gier, qui s'est bruyamment rappelé à  notre souvenir en 2003 et 2008, à  Rive-de-Gier surtout, une exposition gratuite était proposée en simultanée à  Rive-de-Gier et Saint-Chamond. La Ville de Saint-Chamond a aussi proposé, sur un parcours de 1,2 km, une découverte de ce Gier secret et mystérieux, caché au regard des habitants.

 

Ce sont surtout leurs narines qu'il fallait ménager. Au XIXe et XXe siècles, le Gier était devenu une rivière-dépotoir, chargée d'odeurs pestilentielles par les tanneries et colorée par les déversements continus des teintureries. A l'Hôtel-Dieu, on lit par exemple tout le dégoût qu'inspirait dans les années 20 son état: " un lieu où les nausées abondent." Et concernant le canal qui reliait Rive-de-Gier à  Givors:

 

" Je suis dégoûtant tant j'ai de la vase,

J'ai un grand choix dans mes saletés,

Légumes et cadavres d'une grande rareté,etc., etc."

 

Dès 1889, un "Comité pour la défense des quartiers du Gier et du Janon" réclama la couverture. Elle s'échelonna entre 1891 et les années 70. C'est d'abord le Janon qui fut couvert à  partir du pont de l'Abattoir, sur le tracé du Bvd Waldeck-Rousseau jusqu'au confluent avec le Gier, marqué en surface par le rond-point Paul et Marie Cave. Ces premiers travaux s'achevèrent en 1897 avec la couverture d'une petite partie du Gier entre le pont Saint-Pierre et celui de la rue Barra qui fait l'angle avec le boulevard. Toute la partie en amont, jusqu'aux Aciéries, au niveau de la route de Saint-Etienne, l'a été en deux temps: dans les années 30 d'abord, marquées par la crise, puis dans les années 40. La différence de hauteur du plafond bétonné (plus bas dans les années 30), au niveau de la place Dorian (ancien pont Saint-Antoine), marque le point de rencontre entre ces deux couvertures.

 

 

 

Au niveau de l'ancien pont Saint-Etienne, le béton laisse la place à la voûte en pierres qui coiffe le lit du Gier, très élargi et parsemé de blocs de pierre. Au loin perce la lumière du jour. C'est la portion à l'air libre de la rivière coincée entre deux parties couvertes, les plus anciennes car réalisées entre 1891 et 1892.

En aval de la confluence du Gier et du Janon, la rivière a été couverte (quai de la rive) à  partir de 1953 pour permettre le passage de la voie rapide.