Saturday, December 05, 2020

Le mois de novembre verra son lot habituel de commémorations célébrant la fin de la Grande Guerre, la victoire et la Paix. Il sera rendu hommage aux soldats français qui ont combattu, souffert et tué. L'artiste Jean-Jacques Lebel - Lebel comme le célèbre fusil qui les armait ! - rend hommage aux poilus bricoleurs anonymes.

 

Cette installation monumentale est présentée dans une version inédite au Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne. Elle réunit notamment des dizaines de douilles d'obus ouvragées, ciselées. Ce sont les soldats qui dans leurs tranchées, pendant l'accalmie, bricolaient ses souvenirs, à  des fins décoratives et/ou utilitaires (boites, pots de fleurs...). Cet art insolite, populaire, n'est pas sans rappeler ce que l'on appelle la perruque ou pinaille, une pratique plus ou moins clandestine qui consistait en la production, par l'ouvrier, d'objets utilitaires à  partir de matériaux ramenés de l'usine. La perruque avait fait l'objet d'une exposition lors d'une précédente Biennale Design. Dans un entretien réalisé à  l'occasion de l' exposition "1917" au Centre Pompidou-Metz, Jean-Jacques Lebel explique qu'il avait un jour acheté aux puces de Saint-Ouen un objet qui l'avait fasciné. Il a compris plus tard qu'il s'agissait d'un morceau d'obus travaillé, avec trois trous destinés à  recevoir des photos. Comme quoi, dit-il, "on peut aimer un objet sans savoir à  quoi il sert". A regarder tous ces objets, on remarque qu'il ne s'agit pas que de réalisations françaises. Sur certains ont été représentés des aigles, des devises comme "Gott mit uns".  D'autres portent la mention "Verdun" ou le croissant de l'Islam. Les oeuvres de Lebel, des collages des années 1960 en particulier, sont présentées parallèlement à  l'exposition consacrée à  Fluxus.