Sunday, November 19, 2017
Les Stéphanois étaient invités à  la visiter lors des Journées Nationales de l'Archéologie, le week-end dernier. Construite à  flanc de colline, au débouché de la rue de la Ville, près de la Grand'Eglise, c'est l'un des deux Monuments Historiques de Saint-Etienne (classés). Elle fut inscrite en 1949 et classée en 1998 quelques années après son rachat par la Ville. Elle se compose de deux corps de bâtiment reliés au XVIe siècle. La maison à  pans de bois, à  gauche, date du XVe siècle, hormis le dernier étage, plus récent. La maison en pierre (grès houiller) date du XVIe. C'est Claude Chamoncel qui les a réunies. Claude Chamoncel était issu d'un milieu relativement modeste. Sa famille possédait quelques terres à  Saint-Victor. Forgeron, il a fait fortune et aurait racheté la maison à  pans de bois, puis fit construire celle en pierre. 


Le chantier de cette première tranche de travaux aura duré une dizaine d'années. Il reste à  l'aménager mais que de chemin parcouru ! On remarquera sur la façade, avec les médaillons représentant des roses et des visages, et le blason, qui a été martelé*, un nouvel élément décoratif. C'est une figure appelée "grotesque" qui emprunte, nous apprend notre guide, les traits du chef de chantier, Manu Perrera. Une autre petite surprise nous attend à  l'intérieur. C'est un petit escargot, assez discret, sculpté par un tailleur de pierre de l'entreprise Comte (de Champdieu). Sa photo introduit cet article**.

La porte possède maintenant des piédroits décorés de moulures prismatiques. On retrouve abondamment ces moulures prismatiques sur les fenêtres à  meneaux des deux logis, avant et arrière, séparés par une cour intérieure. L'ensemble est superbe. Des photos parlant souvent mieux, jugez par vous même.






Aux étages, les verres des fenêtres ont été réalisés à  l'ancienne par la Verrerie de Saint-Just. C'est l'entreprise Beaufils, de Saint-Etienne, qui a oeuvré sur la partie bois.

Les corps de logis sont reliés par une galerie. On remarquera dans un mur  des trous de boulin, pour les échafaudages intérieurs, et, dans la salle de la grande cheminée (celle des fameux plafonds à  la fougère)  des niches, sans doute pour y conserver le sel. Il y a également une cave à  laquelle nous n'avons pas eu accès. 






* Il pourrait avoir été celui de l'épouse de Claude Chamoncel, issue d'une famille réputée

** Au pied d'une porte, dans la cour donnant accès aux étages