Monday, August 10, 2020

" Il existe à  Palogneux, sur la montagne de Chavanne, un monument géologique assez curieux, qui permet d'étudier la constitution du sol: c'est un groupe de colonnes basaltiques qui ont environ 1 mètre 50 centimètres à  2 mètres de hauteur hors de terre; elles sont pentagones et ont environ 30 centimètres; leur couleur est d'un gris noirâtre et leur situation perpendiculaire. "

Cette curiosité décrite au XIXe siècle par Théodore Ogier, est située sur une hauteur, à  834 mètres d'altitude à  l'entrée du petit village de Palogneux, dans le canton de Saint-Georges en Couzan. C'est une étape obligée sur la route du basalte.

Le chemin est balisé. 10 petites minutes de marche permettent d'accéder au Puy de Chavanne, reconnu majeur par l'inventaire géologique départemental en 2000. Une borne explicative - le texte est d'Hervé Jacquemin - nous apprend que le site est l'un des cent édifices qui composent la province volcanique du Forez d'âge tertiaire (-24 à  -10 millions d'années).

La roche est un basalte alcalin. Il y a quinze millions d'années, des "fractures de rétractation" se sont formées perpendiculairement au plan de contact entre la lave volcanique, à  plus de 1000°C et le milieu extérieur, froid. Le débit en prismes verticaux de cinq à  six côtés est le résultat du refroidissement de la roche.


Les colonnes forment, dans un paysage de lande un peu insolite, comme les restes d'une muraille, cernée par les fougères. Quelques rares bouillons blancs tendent leur épi. C'est le domaine des lézards, troublé seulement par le cri de la buse. Le visiteur, chanceux, pourrait  y découvrir une plante rare et protégée: l'anémone pulsatille.

Un plot blanc y a poussé aussi. C'est une borne géodésique de l'Institut Géographique National. On aperçoit au loin, au Sud, les Monts du Forez, Pierre sur Haute, le col du Béal, à  l'Est la plaine et au Nord les bois noirs, la vallée de l'Anzon et le Roannais.


Dans les environs

Dans le minuscule village, la petite église, malheureusement fermée lors de notre venue, conserverait une statue de Saint-Abdon que venaient prier les jeunes filles en mal d'amour. " O Saint Abdon, amena-me le don", imploraient-elles en patois: "Amène moi le donc [un fiancé]". L'église est dédiée à  Saint-Pierre. Le gardien du paradis est représenté avec ses clés sur le fut d'une belle croix, à  côté de l'église. A noter aussi, près d'une maison, un grand "arbre de mai" avec son écriteau. Cette tradition est tenace dans le Haut Forez.


A cinq kilomètres, au lieu-dit Culvé, sur une croix magnifique du XVIIe siècle sont sculptés deux anges qui portent un blason aux armes effacées et un saint évêque - il porte la crosse. Un détour s'impose aussi dans le bourg de Leigneux, étonnant. On y découvre un beau monument aux morts de Joanny Durand, avec trois personnages: un paysan avec son petit-fils et la grand mère. L'artiste, originaire de Boën, a donné à  sa région plusieurs monuments aux compositions originales. A Boën, un farouche guerrier gaulois accompagne le "poilu". A Sail-sous-Couzan, un chevalier et Jeanne d'Arc veillent le soldat mort. A visiter aussi l'ancien prieuré, fondé par Sainte Albane au XIe siècle, et ses "hôtels" du XVIIIe.

A voir encore, dans l'église, au coeur de l'ancien prieuré, une belle statue de Saint-Roch.