Saturday, June 15, 2024
Ces visages en terre cuite patinée, pour leur donner l' aspect du bronze, ouvrent leurs grands yeux en forme de galets sur le monde qui les entoure. Ce sont les victimes silencieuses du monde du travail, les mineurs silicosés, les bouffeurs d'amiante.
C'est son "pater" à  l'hôpital, et tous les anciens vaillants de son village, près de Paray-le-Monial, tous victimes de l'ancien minéral magique des industriels. "Ce n'est pas de la sculpture militante, nous avait-il expliqué au Marché des Métiers d'Art de Chavanelle, simplement la réaction épidermique d'un artiste et d'un fils... Ce n'est pas non plus porter un jugement, je ne suis pas Dieu le père. Mais simplement une sorte de devoir de mémoire puisque la sculpture est aussi un art du combat."

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Didier Laforest expose ses "galériens" au palais de justice de Saint-Etienne jusqu' au 21 mars 2008. Les Messagers de l'Art Parazite l'accompagnent.

M.A.P.

Article du 24 05 07 lors de l'expo à  la  Galerie Rue des Artistes, rue Paul Bert à  Saint-Etienne

Les messagers ont pour nom Maxime Pastourel, Guillaume Granjon et Etienne Montrobert. Ils sont originaires de la Loire, issus des arts appliqués d'Honoré d'Urfé et étudient actuellement à  Villefontaine en BTS Design de Produits. En ce moment, ils squattent la galerie de la rue des Artistes et accessoirement répondent aux question de Forez-info. A l'exception d'Etienne qui parasite la rencontre par son absence.

L'Art Parazite, depuis 2004, c'est l' envie, comme une démangeaison, de toucher les choses, de manipuler la matière en "essayant de trouver la limite entre art et design". Mais toujours dans une démarche "d'éco-conception", en créant-produisant des objets utilitaires (mobilier, accessoires...) à  partir de matériaux de récupération et par la mise en oeuvre de moyens à  faible consommation énergétique. "Alijo" la veilleuse peut témoigner. A l'origine, elle n'était qu'un carré de polystyrène de 25 cm de côté. La voici marchandise de contrebande. Et le luminaire "cactus" se pique d'être magique avec ses chutes de plastique coloré qui diffusent la lumière du néon.

C'est déjà  beaucoup de créativité mais elle se décline encore sur tous les supports et sur différentes matières ( bois, plastique, métal, toile...) par l'imagination à  la bombe le plus souvent d'un univers parallèle où évoluent des personnages décalés. Pensés à  la ressemblance de leurs créateurs, tantôt énervés, tantôt joyeux, contestataires, apeurés, doux ou chaleureux, parfois bêtes et méchants, ils envahissent leur quotidien, et le vôtre, si vous voulez. A la manière d'une Epidemi(a) qui viendrait vous rappeler à  l'ordre lorsque vous vous laissez trop menés par les messages imposés : publicité, consommation, politique... ou idées reçues. Mon esprit chagrin demande si c'est très écolo la peinture à  la bombe. Un messager (est-ce M0rbAck ?) me rappelle à  l'ordre: "Dans la pensée de l'éco-conception, l'économie de moyens va de pair avec les moyens écologiques. La peinture à  la bombe est économique. Il y a contradiction en apparence."

Entre illustration et graff, sans trop se prendre au sérieux, les M.A.P. évoluent dans un monde un peu loufoque, coloré, toujours dynamique et drôlement attractif. La porte est ouverte; entrez et laissez-vous contaminer. En ces temps de grands baratins, vous verrez, ça fait vraiment du bien.