Friday, September 24, 2021
Essai transformé pour le Marché des Métiers d'Art de Saint-Etienne. Tout au long de la journée, badauds et amateurs se sont pressés place Chavanelle pour découvrir et admirer le savoir-faire exceptionnel de 26 artisans professionnels.

Le Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne et le Conseil général ont inauguré en 2007 une série d'expositions d'art contemporain dans des sites patrimoniaux. Leur objectif est de permettre la relecture de ces oeuvres loin du "carré blanc" aseptisé de leur lieu d'exposition habituel en même temps que la redécouverte, grâce à  elles, de l'espace chargé d'histoire qui les accueille temporairement. La première, au Couvent des Cordeliers de Saint-Nizier-sous-Charlieu, met à  l'honneur Claude Viallat et Toni Grand, deux artistes du groupe Supports-Surfaces dont les oeuvres révèlent autrement l'architecture de l'édifice. Dans l'espace de la chapelle, les vibrations des peintures trouvent un écho et la forte présence des bois des sculptures se confondent avec son architecture dénudée et sa charpente.

L'exposition "Au siècle des Lumières, trésors de voyageurs, en Orient" au "Couvent" de Chazelles-sur-Lavieu s'est achevée en octobre. Mais déjà  un mot sur la prochaine, dont l'ouverture est prévue pour avril 2008 ! Voilà  ce qui s'appelle mettre le traineau avant les chiens ! C'est que loin des sables chauds, celle-ci aura lieu dans le cadre de l'Année Internationale polaire et aura pour thème la culture inuit. Fasciné depuis l'enfance par les aventures polaires du Pourquoi pas ? Daniel Pouget s'est rendu vingt-cinq fois dans l'Arctique. Le Forézien y a donc de nombreux contacts, des artistes notamment, qui vont lui permettre de monter son expo. "Le seul souci, fait-il remarquer, c'est que dans cette immensité il y a jusqu'à  5000 km entre chacun de mes amis !"

Plus de vingt ans après Le Thé au Harem d'Archimède, où il pointait du doigt le fossé des générations entre les parents émigrés et leur progéniture, Medhi Charef a surmonté "la cassure de l'exil" et s'est enfin tourné vers les rivages de son enfance.
L'action de Cartouches Gauloises se situe au printemps 1962, peu de temps avant que l'Algérie ne devienne indépendante. Il raconte la guerre dans un petit patelin de l'Oranais et s'inspire pour une bonne part des  souvenirs du réalisateur. C'est à  travers les yeux d'Ali (Mehdi Charef enfant) qu'on assiste à  l'agonie de l'Algérie française et au départ précipité des pieds-noirs vers la Métropole inconnue. Suivis de près d'ailleurs par la famille Charef puisqu'elle débarque à  son tour dès 1963. Le banlieusard aura mis longtemps à  se réconcilier avec l'enfant du bled. "Je n'avais pas envie d'y retourner , explique t-il, j'avais occulté l'Algérie et mon enfance; et je n'ai pas cru mon père quand il disait qu'on y retournerait. Ce n'était plus mon pays et la guerre d'Algérie qu'ils racontaient n'était pas la mienne. "